En attendant la tenue d'un possible procès en octobre 2017, Waymo (Google) et Uber continuent d'être entendus par le juge William Alsup. Ce dernier a demandé à Waymo de prouver sous un mois le prétendu vol de technologie autour de la voiture autonome commis par Uber et le préjudice subi.

Si la décision de la justice américaine n’est pas attendue avant un possible procès attendu pour octobre 2017, dans le litige qui oppose Waymo (Google) et Uber autour de la voiture autonome, l’avantage semble pour l’instant tourner au profit de l’entreprise de VTC.

Après avoir dû abandonner, début juillet, plusieurs requêtes à l’encontre d’Uber, Waymo se voit désormais sommé par le juge William Alsup de prouver pour de bon que l’entreprise lui a dérobé son savoir-faire sur la voiture autonome. La filiale de Google doit donc lui fournir, sous un mois, une description détaillée détaillant concrètement son préjudice, comme le rapporte Ars Technica.

Selon Waymo, Uber aurait racheté la startup de camions autonomes Otto et recruté son fondateur, Anthony Levandowski, un ancien de Waymo et « père » de la voiture autonome, dans le seul but de récupérer les 14 000 fichiers qu’il a subtilisé à l’entreprise avant de démissionner. Uber nie avoir récupéré ces fichiers et affirme qu’ils ont été dérobés par Levandowski pour s’assurer que Google lui verse la prime qui lui était due. Le service de VTC a depuis licencié Anthony Levandowski, qui refusait de coopérer avec la justice.

« Vous allez vous attirer de graves ennuis »

William Alsup n’a pas mâché ses mots lors de sa rencontre de 3 heures avec les avocats de Waymo : « Si vous ne pouvez pas prouver qu’Uber a bien dérobé ces secrets industriels, vous allez vous attirer de graves ennuis. Vous […] enchaînez les théories les unes après les autres mais aucune ne se vérifie. »

Travis Kalanick, l’ancien patron d’Uber qui a récemment quitté son poste à la demande des actionnaires — en position de force après les multiples scandales qui ont touché l’entreprise –, pourrait témoigner en faveur d’Uber lors de sa déposition, prévue ce 27 juillet. Celui qui est à l’origine du recrutement d’Anthony Levandowski chez Uber pourrait en effet accréditer l’argument du vol de fichiers visant à s’assurer le versement de la prime de Waymo.

En attendant l’issue de ce conflit ouvert, le principal bénéficiaire de l’affaire reste Lyft, le service de VTC concurrent d’Uber. L’entreprise, qui vient d’ouvrir une branche dédiée à la voiture autonome, peut en effet compter sur les différends entre Waymo et Uber pour rattraper son retard dans le domaine.

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