Uber et Waymo (Google) continuent de défendre leur version respective au sujet du vol de technologie dont le service de VTC est accusé, en attendant le procès prévu en octobre 2017. Uber plaide sa méconnaissance totale des 14 000 fichiers dérobés, au cœur du litige.

Pour défendre sa cause après de la justice américaine, Uber a visiblement choisi de plaider l’ignorance.

Dans sa dernière déposition, le service de VTC, qui est accusé de vol de technologie autour de la voiture autonome par Waymo (Google), prétend ainsi avoir découvert en février, au lancement de la procédure, l’existence des 14 000 fichiers dérobés à Google par l’ingénieur, Anthony Levandowski, le « père » de la voiture autonome, au cœur de l’affaire.

La stratégie permet à Uber de se dédouaner pleinement des accusations de Waymo, qui affirme au contraire que l’entreprise a comploté avec Anthony Levandowski pour qu’il dérobe ces informations à Waymo avant de quitter l’entreprise en janvier 2016 pour créer sa startup dédiée aux camions autonomes, Otto.

Celle-ci a finalement rachetée par Uber en août de la même année. Waymo affirme en substance que ce rachat d’une « coquille vide » était prévu de longue date et visait simplement, pour Uber, à s’offrir le savoir-faire de Waymo en la matière.

55 heures d’inspection par Waymo

Uber affirme notamment au juge William Alsup avoir parcouru ses serveurs à la recherche des fichiers de Waymo, en vain. L’entreprise témoigne par ailleurs de sa bonne volonté en expliquant avoir autorisé Waymo à cumuler 55 heures d’inspection dans ses ordinateurs, bureaux et mails.

Le 11 mai, le juge Alsup estimait que la filiale de Google dédiée aux voitures autonomes avait offert une démonstration « convaincante » de la complicité entre Anthony Levandowski, estimant qu’Uber « savait ou aurait dû savoir » où il avait obtenu ces informations une fois celles-ci transmises à son nouvel employeur.

Ces étapes préalables s’avèrent cruciales pour les deux parties en attente du procès, qui doit se tenir en octobre 2017. Une conversation de mars 2016 entre Anthony Levandowski et Travis Kalanick, dans laquelle l’ingénieur expliquait détenir des informations de Google à celui qui était encore patron d’Uber, sera notamment au cœur du débat. L’entreprise de VTC affirme pour sa part qu’Anthony Levandowski a découvert ces informations à son domicile avant de les supprimer dans la foulée.

Depuis le début de l’affaire, Anthony Levandowski et Travis Kalanick ont tous les deux été mis à la porte d’Uber — le premier pour son refus de collaborer avec la justice, le second pour sa gestion contestée de l’entreprise, empêtrée dans différentes polémiques.

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