Si elles ont échoué à parvenir jusqu'au grand public, les lunettes Google Glass semblent trouver petit à petit leur place dans les usines. Quelques sociétés sont en train de les adopter, quand d'autres commencent à les tester.

Si les Google Glass n’ont jamais pu atteindre le stade de la commercialisation pour le grand public, la firme de Mountain View ayant mis un terme très tôt à leur promotion sur les réseaux sociaux alors que le projet bourgeonnait à peine, les lunettes à réalité augmentée ne sont pas mortes pour autant. En effet, l’objet très futuriste est en train de trouver peu à peu sa place dans le monde de l’entreprise.

Un reportage de NPR montre en effet que la société américaine AGCO, basée non loin d’Atlanta, s’en sert dans certaines de ses usines dans le cadre de la fabrication de tracteurs et d’autres machines utiles dans une exploitation agricole. Les Google Glass permettent aux employés qui en sont équipés de savoir quoi faire si jamais ils ont un trou de mémoire ou risquent d’oublier une étape dans la construction.

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CC Claudiu Sergiu Danaila

« Je n’ai pas à quitter mon poste pour aller voir sur l’ordinateur à chaque  fois que j’ai besoin de vérifier quelque-chose », explique Heather Erickson, une employée. Il lui suffit de scanner le numéro de série de la pièce sur laquelle elle travaille pour afficher en réalité augmentée, c’est-à-dire en superposant une image virtuelle sur le réel, des photos, des vidéos ou des guides explicatifs.

Elle peut aussi se servir des commandes vocales en activant à la voix le dispositif, avec l’instruction « OK Glass ». Elle peut alors laisser des instructions pour celui ou celle qui prendra le relais. Chez AGCO, une centaine d’employés se sert des lunettes Google Glass. Cela a représenté un investissement d’environ 200 000 dollars, dans la mesure où elles coûtent près de 2 000 dollars à l’unité.

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CC United Soybean Board

Et AGCO n’est pas un cas isolé. Des tests ont également lieu dans des compagnies beaucoup plus réputées, comme le constructeur aéronautique Boeing ou le géant General Electric. Au printemps dernier, on évoquait aussi des expérimentations chez Tesla sur ses chaînes d’assemblage pour accompagner la fabrication de ses voitures électriques et autonomes.

Sur la page Glass at Work, un nom qui en dit long sur l’orientation que prend Google avec ses lunettes à réalité augmentée, plusieurs partenaires certifiés sont mis en avant, dans des domaines aussi divers que la médecine, le management, le développement logiciel ou encore le mobile. Ces neuf sociétés sont autorisées à fournir des solutions d’entreprise pour Glass, est-il expliqué.

Ces nouvelles Google Glass, dont une première photo était apparue au tout début de 2016, semblent aujourd’hui avoir trouvé leur place : dans le monde professionnel, ces lunettes ont une utilité ponctuelle et ciblée, que ce soit pour un chirurgien sur sa table d’opération ou pour un architecte supervisant un chantier. Dans le même genre d’idée, mais avec le casque HoloLens cette fois, ce type de dispositif peut servir aussi dans l’espace.

Perplexité du grand public

Conçues autrefois pour conquérir l’ensemble des particuliers, les lunettes de Google ont vu leur développement être stoppé net. En cause, un manque d’entrain évident pour le produit après la hype du début et plusieurs interrogations sur la vie privée, parce que les Google Glass sont capables de filmer en permanence ce que voit le porteur.

Malgré les efforts réalisés par la firme de Mountain View pour faire croire que porter des lunettes connectées tout le temps était quelque chose de cool et de normal, les usagers n’ont pas vu l’utilité de la chose et ont redouté ce que deviendrait une société où tout le monde filmerait tout et tout le monde sans discontinuer. Sans parler du look particulier causé par l’écran et la caméra ainsi que les problèmes de gestion de la consommation.

D’où l’échec avant même leur commercialisation.

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