Une partie massive de la barrière de Larsen vient de se détacher du reste du continent Antarctique, formant l'un des plus gros iceberg jamais observés. Un phénomène qui inquiète les spécialistes.

Les scientifiques l’observaient depuis le début de l’année 2017 mais c’est maintenant chose faite : un gigantesque iceberg vient de se détacher de la partie C de la barrière de Larsen, au nord-ouest de l’Antarctique. Une information confirmée par les données satellites de la Nasa et qui inquiète la communauté scientifique.

D’une superficie de près de 5 800 kilomètres carré — soit l’équivalent du département de la Corrèze, de la Sarthe ou des Vosges — et d’un poids dépassant les 1 000 milliards de tonnes, ce morceau du continent austral — baptisé A68 pour le moment — est l’un des plus gros icebergs jamais observés.

Le plus gros iceberg jamais observé

Il se détache depuis le mois de janvier dernier, avec une fissure qui se creusait lentement sur près de 200 kilomètres de long. Le 6 juillet dernier, il ne restait plus que 4,5 kilomètres de glace attachés au nord-ouest de l’Antarctique, même si l’iceberg flottait déjà à ce moment là. Le niveau de la mer n’est donc pas, pour le moment, touché par ce détachement.

L’avenir de cette partie de l’Antarctique inquiète et semble partager la communauté scientifique. Adrian Luckman détaille les possibles futurs dans un article du blog du project MIDAS qui surveille les effets du réchauffement climatique dans l’ouest de l’Antarctique. « Au cours des mois et années qui suivent, explique-t-il, la plateforme de glace pourrait soit progressivement se reconstruire, soit souffrir de nouveau de détachements pouvant conduire à un effondrement.  »

Une destruction qui pourrait être lourde en conséquences, puisque le rôle de cette barrière est de retenir des glaciers massifs qui, s’ils sont exposés aux océans, pourraient, eux, jouer sur le niveau des mers en les faisant augmenter de près de 3 mètres (10 pieds).

Il se pourrait également que le massif iceberg se brise en nombreux fragments, certains restant non loin du continent, quand d’autres pourraient dériver. Cela fragilise en tout cas le reste de la barrière de Larsen, dont les scientifiques vont surveiller les moindres mouvements et évolutions dans les prochains mois et années.

Crédit : Nasa

Aucun rapprochement entre le réchauffement climatique et cet évènement n’a été fait, puisqu’il est pour l’instant jugé comme « évènement naturel » par Martin O’Leary, autre membre du Project MIDAS, malgré les inquiétantes pluies de juin dernier non loin de cette zone.

Déjà en 2002, la partie B de cette même barrière de Larsen a été quasiment entièrement désintégrée en l’espace d’un mois. En 1995, c’est la partie A qui avait disparu. Il se pourrait donc bien qu’une troisième partie de la barrière s’écroule.

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