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Après-demain, les radiochats

Pour conserver la mémoire des sites d’enfouissement radioactifs par-delà les millénaires, des chercheurs ont eu l’idée de modifier les gènes d’un chat... et notre culture.

L’exode

Il sera une fois un homme appuyé contre le mur de sa maison. Il profitera de la fraîcheur de l’aube en attendant le lever du soleil, l’heure pour lui d’aller travailler. Malgré le beau temps, il détectera une vilaine brise annonciatrice de grosse houle. Ce jour-là, il laissera son petit bateau et rejoindra les autres aux champs.

Avec la pêche, les terres arables seront ce qu’il y aura de plus précieux pour la communauté qui se sera implantée là. Un territoire fertile jalousement défendu.

L’homme se mettra en route. Comme tous les autres, il passera par le temple pour rendre hommage aux divinités à tête de chat, gardiennes du bien-être de la communauté. Il sera arrivé par le passé qu’elles forcent les hommes à fuir. Alors les offrandes seront généreuses. L’homme récitera une supplique à voix basse avant de prendre le chemin des champs.

Ce jour-là cependant, les gardiennes joueront un vilain tour à la communauté.

Le soir venu, les hommes et les femmes rentreront des champs, le visage et le dos brûlés par le soleil. Et cependant qu’ils goûteront la fraîcheur du soir, les voix des enfants se feront plus aigües que d’habitude, les cris de joie se mueront en appels de détresse. Les adultes se précipiteront vers la fontaine d’eau potable. Un enfant se sera-t-il blessé en tombant dedans ?

À leur arrivée, les enfants se jetteront dans leurs bras en pleurant, leurs petits doigts tremblants pointés vers la pénombre. Autour de la fontaine, pas d’enfant blessé mais de petites créatures qui déambuleront en scintillant d’un vert macabre. Les adultes s’approcheront. Les petits êtres luminescents seront les chats. Ceux qui se tiendront sur le rebord de la fontaine brilleront plus intensément que les autres.

Tard cette nuit-là, les visages seront graves. Une fois de plus, les divinités auront délivré un message d’urgence à la communauté par l’intermédiaire de leurs petits messagers : la terre et l’eau porteront en elles les germes de la mort, le temps sera venu pour les hommes et les femmes d’entamer un nouvel exode.

La piste du message idéal

Si la situation décrite relève de la fiction, le message d’alerte qui leur est adressé a été conçu 10 000 ans plus tôt, dans nos très réelles années 80. Les États-Unis ont procédé à l’enfouissement de matériel radioactif militaire dans un centre du Nouveau-Mexique et se demandent alors comment faire comprendre aux humains du futur que cette zone est dangereuse. Ils demandent donc à un groupe de recherche de réfléchir à un message compréhensible dans 10 000 ans.

Et les chercheurs planchent. Une telle période est difficilement concevable à l’échelle des cultures. Il y a 10 000 ans, Jéricho, l’une des plus anciennes cités du monde, assistait à la domestication de la chèvre et du mouton. Cette période signe aussi les premières traces de sédentarisation en Chine.

Alors, retournons la situation : si nos ancêtres avaient enfoui des déchets radioactifs et que cette technologie ait été abandonnée au fil des millénaires, quel message compréhensible nous auraient-ils laissé pour nous prévenir du danger ?

Si nos ancêtres avaient enfoui des déchets radioactifs, quel message compréhensible nous auraient-ils laissé pour nous prévenir du danger ?

Sachant que les déchets contenant du plutonium sont radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années, comment les habitants de Jéricho, puis nous-mêmes et ainsi de suite, nous passons-nous un message d’alerte concernant un danger dont toute la connaissance sera érodée puis effacée par les assauts du temps  

Oublions tout de suite les supports informatiques. À peine la discipline est-elle apparue que les techniques de conservation, d’accès et de relecture de données anciennes (c’est-à-dire au-delà de 3 ans) sont déjà un casse-tête. Plusieurs projets évoquent aujourd’hui la gravure sur disques de saphir dont la durée de vie serait supérieure à 1 million d’années. Mais outre la conservation des données, il faudra bien que quelqu’un sache les lire et les interpréter…

Quant aux langues, l’histoire nous montre qu’elles ne résistent pas à l’épreuve du temps. Il aura fallu l’heureuse découverte de la pierre de rosette pour que Thomas Young, puis Champollion décryptent les hiéroglyphes, l’écriture d’une des plus grandes civilisations de l’histoire de l’humanité, celle des pharaons bâtisseurs de pyramides, entre temps tombée dans l’oubli. Sans parler du Linéaire A, âgée de seulement 3 500 ans et toujours indéchiffrable à ce jour. Alors dans 10 000 ans, l’Anglais, le Français ou le Klingon

Les chercheurs de l’époque se sont alors concentrés sur des messages basés sur des dessins. Dans son article de 2014, Matthew Kielty, rapporte une série de tentatives basées sur des logos ou des strips. Un membre du groupe de recherche a ainsi proposé un symbole devant, selon lui, résoudre le problème une bonne fois pour toutes : le crâne barré de deux os.

Élémentaire mon cher Watson ! Pas vraiment. Ce symbole n’est synonyme de mort et de danger que depuis que les pirates s’en sont emparés pour écumer les mers et leurs trésors. Avant, il apparaît au pied de la Croix sur des représentations datant du Moyen-Âge. Incarnant Adam, il est symbole de renaissance. Aujourd’hui, le Jolly Roger a intégré la pop culture et croiser un collègue affublé du terrible crâne sur son tee-shirt ou son bandana inspire la même crainte qu’un porte-clés Hello Kitty.

Même déconvenue en ce qui concerne les histoires racontées sous forme de cases de BD muettes. Selon que vous lisez le strip dans un sens ou dans l’autre, le petit bonhomme qui meurt au contact d’un bidon frappé du sigle trilobé « radioactif » revit miraculeusement. Funeste contresens.

Le Jolly Roger a intégré la pop culture et n’est plus symbole de mort

Une autre piste proposée aussi bien aux États-Unis qu’en France concerne la transformation des paysages. Outre-Atlantique, un chercheur a proposé de hérisser les terrains d’immenses épines d’acier pour effrayer les badauds. Mais rien ne dit que ces curiosités ne deviendront pas des parcs d’attractions.

Un rapport de l’Andra de 1994, sobrement intitulé « Mémoire pour les générations futures » préfère la piste de l’archéologie des paysages, la solution finalement retenue pour le centre WIPP du Nouveau-Mexique. L’idée est de disperser dans le sous-sol des artefacts destinés à avertir du danger. En l’occurrence, plusieurs milliers de tablettes d’argile arborant des visages effrayés et un texte.

« La solution radiochats »

Mais la piste la plus originale revient à deux sémiologues, Françoise Bastide et Paolo Fabbri. Membres d’un autre groupe de recherche, la Human Interference Task Force, ils proposent en 1984 dans le Zeitschrift für Semiotik de transformer des animaux en compteurs Geiger à pattes et à poils : en modifiant génétiquement les animaux, on pourrait les faire réagir aux radiations, les faire briller et même changer de couleur.

Soit, mais le problème de la compréhension du message reste le même. Si les habitants de Jéricho avaient modifié des animaux de la sorte il y a 10 000 ans, il nous semblerait aujourd’hui on ne peut plus normal de croiser des lapins bleus ou des pigeons clignotants sans nous douter une seule seconde de la signification de ces manifestations.

Françoise Bastide a alors une idée : « Prenons un animal qui possède une valeur symbolique forte dans notre culture, comme chez les Égyptiens, et qui peut perdurer », rapporte Paolo Fabbri dans le documentaire de Benjamin Huguet. Ils choisiront donc le chat.

Si les langues et les symboles meurent ou évoluent, le folklore et la tradition orale sont plus résistants. L’idée dingue de Françoise Bastide consiste à développer une culture forte autour de ces radiochats pour qu’ils imprègnent la culture populaire par-delà les âges. Chansons, illustrations, contes populaires… le processus d’imprégnation de la culture populaire vise à fédérer les hommes autour d’un message simple : «  si le chat change de couleur, déguerpis car il y a danger ».

Ce projet, jugé trop fantaisiste, ne sera pas retenu et sombrera dans l’oubli.

L’histoire aurait pu en rester là, mais la vie aime les rebondissements.

Trente ans plus tard, par un beau jour de mai 2014, Matthew Kielty, journaliste radio à 99 % invisible à New York, tombe sur cette histoire et la publie. Et le projet endormi connu sous le nom de « Katzen, Augen und Sirenen » connait un succès inattendu sous le nom de « The raycat solution ».

Très vite, des gens réfléchissent à la manière de mettre en place les éléments culturels suggérés par le projet : des histoires sont inventées, une chanson est composée, des logos sont créés et des tee-shirts imprimés.

 

Bricobio, un laboratoire canadien de biologie participative, s’empare du problème de modification génétique des chats. « Pour les faire briller, nous étudions les gènes qu’on trouve chez les bactéries ainsi que chez les méduses. Puis, petit à petit, nous espérons parvenir à des tests sur des mammifères », s’enthousiasme Kevin Chen, son fondateur, au micro de Benjamin Huguet.

Depuis ces deux dernières années, la culture populaire réalise exactement ce que prévoyait le projet des deux sémiologues. Mais deux ans et quelques milliers de personnes ne représentent rien à l’échelle des millénaires que le projet est censé affronter. Il devra passer outre les secousses géopolitiques, les croyances qui se naissent et s’étiolent, les langues qui se perdent, les liens entre communautés humaines qui se tissent et se déchirent, et les connaissances dont certaines s’étoffent tandis que d’autres s’évaporent.

si le chat change de couleur, déguerpis car il y a danger

Si Paolo Fabbri est le premier étonné de la résurrection de son projet, il reste lucide quant à ses chances de succès et espère plutôt qu’il titillera l’imagination d’une personne qui trouvera une véritable bonne solution.

Pour les opposants au nucléaire, la véritable bonne solution aurait été d’éviter la production de ces déchets. À Bure, dans la Meuse, le programme Cigéo prévoit l’enfouissement des déchets radioactifs à durée de vie longue au cœur d’une couche géologique dite « stable » située à 500 mètres de profondeur.

Beaucoup moins stable que la géologie, il y a la géopolitique. Il y a quelque 2 500 ans, Babylone s’épanouissait sous le règne de Nabuchodonosor II et irradiait le monde de ses richesses culturelles, scientifiques et artistiques. À cette époque, la radioactivité n’avait pas été découverte. Dans le cas contraire, nombre de chefs de guerre actuels apprécieraient certainement de tomber sur cet illustre héritage. Dans 2 500 ans, à quoi ressemblera le paysage politique et religieux de l’Europe ?

Reste à découvrir la meilleure méthode pour avertir nos lointains descendants que sous cette terre, sous cette ville ou cette forêt, se trouvent les reliques d’un passé industriel qu’ils n’ont surtout pas intérêt à déterrer. Et les matous fluorescents y seront peut-être pour quelque chose.

En tous cas la question reste ouverte.

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Commentaires

Les radiochats et l’épineuse question de la mémoire des sites nucléaires

  • Voir la discussion complète
  • C'est pourquoi il faut aussi penser à préserver les plans des lecteurs, leur logiciel, le codage (et là, on voit qu'on se trouve devant un problème récursif parce qu'il faut être en mesure de lire les meta-données pour lire les données).

    A 10000 ans, franchement, il vaut mieux oublier toute supposition sur l'état de la technologie. La société pourra avoir régressé à l'état primitif autant qu'elle sera devenue hyper-technologique.

    • Je suis parfaitement d'accord, la spéculation sur 10 000 ans n'est pas possible, il est plausible que l'humanité ne comprenne plus du tout la technologie de l'an 2000. Je réagissais juste au post plus haut qui prétendait qu'il existe de la tech de 25 ans déjà inutilisable/illisible. Je ne pense pas. Et les disquettes et autres cartons perforés ne sont pas illisible, il existe encore des lecteurs de disquettes et les cartons perforés se lisent encore très bien avec du matos bricolé pour.

      • Dans le domaine de la mémoire résiduelle autour du nucléaire, c'est pas les spécialistes qui doivent avoir l'information, mais tout le monde. Même si 99,99% de la population est avertie, il suffira d'un seul obstiné pour empoisonner tout le secteur.

        Un gamin lambda de 15 ans aujourd'hui n'a probablement jamais vu de disquette et ni la moindre idée de son utilisation alors qu'il y a 15 ans ca se vendait en supermarché. Qu'il y aie un spécialiste quelque part qui sache à quoi ca sert ne l’empêchera pas de la mettre à la benne sans se poser l'ombre d'une question.

    • Dans certaines usines anciennes il y a encore des équipements qui datent d'avant l'arrivée de l’électronique. On sait les entretenir, mais il reste plus grand monde qui serait capable d'en concevoir de nouveaux. Le savoir disparait très vite quand il n'est plus utile.

  • Je t'embauche immédiatement.

      • cool, un emploi fictif...
  • J'aime bien l'idée des cases de BD muettes, on pourrait ajouter un élément qui a naturellement un sens (temporel) tel qu'un objet qui tombe ou un animal qui avance pour empêcher la lecture inverse. Un oiseau qui vole à reculons ça choc ! De plus les représentation animal sont aussi vieille que la culture : Nazca, Lascaux…

  • Ce genre de précaution a du sens dans le cas d'une énorme catastrophe au niveau mondiale qui remet la civilisation au niveau zéro.
    Mais c'est vrai que dans ce cas, la position de quelque site nucléaires, surtout si les déchets sont vitrifiés et enfuit plusieurs centaines de mètres sous terre, c'est plus que secondaire.

    De plus, si une civilisation a la capacité technique d'aller chercher de tels déchets, ils ont normalement connaissances des risques radiologiques.

    Mais c'est un exercice intellectuel intéressant. S&V avait fait un dossier là-dessus il y a quelques années, avec des proposition un peu plus sérieuses que les chats phosphorescents.

  • Il faut recourir à des sociétés spécialisées. C'est cher, et elles ne sont pas sur place. J'ai perdu des bandes 9 pistes faute d'avoir le moyen de m'offrir leurs services. Il y a eu une période de l'informatique où les lecteurs se sont envolés rapidement, sans que les stocks de bandes aient pu être convertis dans leur intégralité.

    On migre l'essentiel. Le problème est qu'on découvre 10 ans après qu'on a oublié de migrer un dataset intéressant (pour des raisons historiques en général).

    Qui veut héberger un mastodonte qui bouffe du triphasé et demande des soins de diva, juste au cas où ? Seules quelques sociétés commerciales et institutions dont c'est la mission.

    Plus prosaïquement : on a un Cipher dans l'entrepôt, on le dépoussière, on a de la chance si l'alimentation ne flambe pas à la mise en route. Mais zut, on ne sait plus dans quel carton se trouvent les câbles, et il faut encore remettre en route la bécane sur laquelle il s'adapte. Et qui se souvient encore des branchement et où est son logiciel ? Son logiciel est précisément sur la bande que tu veux lire. Bien vu, Callaghan.

    Toujours prosaïquement : tu as réussi, l'antiquité fonctionne, elle lit tes données. Comment les faire passer dans le présent ? La machine ne parle pas TCP/IP, elle n'a pas d'interface Ethernet. Chance ! Elle a du RS-232 et on trouve des adaptateurs RS-232/USB. Mais il va falloir écrire du soft.

    Ca, c'est la vie réelle de l'archéologue de la data. Plus la gap est grand et plus tu as de boulot, au point de sortir le fer à souder, re-fabriquer câbles, adaptateurs, etc. Parce qu'il n'y a plus de standard "pont" (le RS-232 dans mon exemple) qui existe dans les deux mondes. Je n'ose imaginer avec seulement 1 siècle d'écart.

  • L'exemple que j'ai donné est réel. On ne sait vraiment plus quel carton parmi les milliers qui dorment à Bry-sur-Marne, contient les pièces nécessaires. Parce qu'on a perdu la cote, ou que le dossier a été mal classé, ou oublié. Ou peut-être il a été mal aiguillé le jour du déménagement. C'est anecdotique (il ne s'agit pas d'une mission statutaire). Mais ça donne une idée de tous les détails à prendre soin pour la préservation.

    Etonnamment, les derniers bastions du passé sont des associations de greybeards (vieilles barbes) qui entretiennent jalousement ici un AS/400, là un PDP-10 ou autre vestige, et sont capables de les interfacer au monde moderne via des émulateurs qui ont un pied dans les deux mondes. Ce sont des anciens de sociétés qui ont fait l'histoire de l'informatique. On peut espérer une transmission sur une génération. Pas beaucoup plus.

  • Moi j'en ai plein.

    Tu ne peux les relire qu'en restaurant ou reconstruisant les lecteurs respectifs. Aujourd'hui, c'est encore possible. On trouve des pièces, on a eBay, les musées, les surplus... Imagine dans 10000 ans sans la doc. Et faut te dépêcher, parce que les supports se dégradent.

      • totalement hors sujet... c'est des vieux supports physiques, on s'en fout totalement. Si le backup est fait ne serait-ce que une fois par an, le contenu de tout ça est sur une clé USB depuis longtemps, accompagné des specs du format de fichier.
      • On a bien réussi à restaurer les tous premiers enregistrements audio d'Edison 134 ans après.
        Je pense qu'un support magnétique pourrait être lut par des scientifiques / ingénieurs de recherche un peu débrouillard sans problèmes insurmontables même après disparition du matériel nécessaire.

        http://www.futura-sciences.com/tech/actualites/informatique-enregistrement-audio-1878-restaure-microscope-3d-42439/

      • Pendant 10 000 ans ? après un milliers de guerre, de coupes budgétaires de coups de folies religieux et je ne sais quoi d'autre ?

        • donc on se place donc dans un contexte où le b-a-ba de l'informatique n'est plus fait ? ça veut dire catastrophe mondiale majeure et l'important sera de faire du feu, pas de lire un jpeg...
        • pas la moindre chance de revenir en arrière. Et l'energie de stockage par byte, s'effondre aussi... on va arriver rapidement au stockage SSD partout, à consommation nulle hors accès mémoire.
      • On l'a fait pour beaucoup d'ouvrage papier, tableau etc.
        Il est plus facile de préserver des œuvres numérisées que matérielles.

        Mais évidemment, si on ne fait aucun effet de préservation, les bandes magnétiques encore utilisées aujourd'hui ne résisteront pas très longtemps.

    • On sait lire tout ça. J'ai même travaillé pour des entreprises qui utilisaient encore certaines de ces technologies il y a moins de 5 ans.

      On a encore les plans des lecteurs, etc.

      Ça ne change pas l'argument "et dans 10 000 ans sans la doc", c'est juste que non, les trucs vieux de 25 ans, on peut les lire sans problème, tous.

    • bien sur, pas un problème du tout.... un backup c'est hebdomadaire disons, un support/lecteur disparait en 10/15 ans.
    • ? aucun problème, mpeg2 ou H264 est completement documenté.... evidemment tu sauvegardes cette doc en même temps que les video. Dans 1000 ans tu sais lire du h264.
    • on constate déja que VLC sait lire des codecs video windows tout moisi des première versions de .AVI début 1990. Aucun problème et ça fait déja un quart de siècle.
    • et par quel phénomène, ascii et jpeg vont disparaitre de wikipedia par exemple ? les supports progressent en exponentielle, on peut stocker TOUT et la puissance de recherche dans les bases de données progressent autant.
    • on connaissait le concept mais il n'a pas été fait. Aucun problème si pas de négligence. Des gens perdent tous les jours toutes leur photos.
    • T'as encore un lecteur de disquette ? Un projecteur de diapo ? Un projecteur super 8 ? un lecteur de cassette Betamax ? J'ai même plus de lecteur de cd sur mon pc. La notion même de pc, qu'est ce que ca sera dans 50 ans ? Tous les jours de langues vivantes disparaissent. Combien de temps la connaissance sera jugées assez essentielle pour être transmise à la génération suivante ? Qui sait encore faire son pain, conserver du levain, cuisiner au feu de bois, reconnaitre ce qu'il peut consommer et ce qui l’empoisonnera sur le bord des chemins ? Et pourtant il y a 100 ans quasi tout le monde savait le faire. A chaque fois qu'on développe de nouveaux trucs, c'est au prix de savoirs qui s’éteignent.

        • ah ? et qui va effacer ce savoir d'internet ?
        • ce qui était vrai il y a 50 ans ne l'est plus.
      • Ce n'est pas parce que personnellement, je n'ai pas ce matériel que plus personne ne sait lire ces formats, je ne prends pas mon cas pour une généralité.

        Je comprends bien que les choses évoluent, et se projeter à 10 000 ans est très complexe, à la limite de l'impossible.

        Ces compétences sont devenues plus spécialisées, et seuls ceux qui s'y intéressent spécifiquement savent encore ces choses-là. Il reste que la connaissance ne s'est pas éteinte non plus.

  • Ca c'est faux. Conserver les données exige de les recopier perpétuellement. Les supports changent, les lecteurs disparaissent, les formats évoluent. Il faut perpétuellement régénérer les données et au delà d'un certain volume, ça devient impossible. L'INA en sait quelque chose, qui est censé conserver les programmes audio-visuel ad vitam aeternam.

    Mais pas que. Tous les chercheurs s'attaquant à la conservation de longue durée s'accordent sur la nécessité des les accompagner de méta-données pour les relire. Ce qui n'est pas fait, sauf pour certains projets spécifiques.

    Dans 10000 ans, l'ASCII ne voudra plus rien dire. Le JPEG ne voudra plus rien dire. Les empreintes magnétiques, optiques, ne voudront plus rien dire. Des bandes 9 pistes on été perdues, des disquettes ont été perdues, pourtant on connaissait le concept de backup. Il suffit que l'évolution technologique te prenne de court (ah zut, y'a plus de lecteurs, pourtant y'en avait hier).

    Le papyrus dépasse largement le numérique sous cet aspect.

  • La radioluminescence est un phénomène physique, donc universel. Mais comme il existe différent types de luminescences (dont la bioluminescence dans le cas des méduse -> chats), le message peut ne pas passer.

    Mieux que les animaux, les expression faciale et corporelles humaines. Certaines sont universelles et innées.
    D'où les visages effrayés sur les tablettes du WIPP au Nouveau-Mexique. Des corps se tordants de douleurs et se tenant le ventre, des vomissements... ce sont des signes que n'importe quel humain comprend.

    Il n'y a pas que les supports optiques et magnétiques.
    On peut aussi stocker sous forme d'ADN. Correctement stocké, ça se conserve plusieurs dizaines de milliers d'années et tant qu'il y aura du vivant, ça se lira toujours de la même façon.
    On peut aussi imaginer implanter les séquences contenant l’information chez des organismes communs peut sujet aux mutations.

      • n'empêche qu'aucun archéologue ne s'est dit que ces visages effrayés indiquaient les restes d'une centrale nucléaire Maya... donc ça marche pas :sunglasses:
  • Pas forcément, l'échelle de temps 10 000 ans est à la fois courte (on l'a déjà fait une fois) et hyper longue (on ne sait quasiment pas ce qu'il y avait il y a 10 000 ans, hormis archéologie et traces historiques). Ce n'est pas absurde, je trouve, d'imaginer que la civilisation qui n'utilisera plus de nucléaire dans 200 ans aura oublié ses dangers dans 2000 ans.

      • on ne le sait pas car le progrès technique était balbutiant... s'il y avait eu des normes ISO, des fichiers open source et des centres de stockage il y a 10 000 ans, on saurait tout !
      • un fois inventé le concept du backup, plus rien ne peut disparaitre.
      • à la limite ce qu'il faudrait dire c'est pour le cas d'une catastrophe majeure et d'un retour à l'âge de pierre de l'humanité, comment les prévenir....
      • On sait deja plus lire les formats informatique de plus de 25 ans, alrs 10 000 ans....

        • totalement faux... les vieux jeu d'arcade Atari tournent sur PC windows 10. VLC sait lire de vieille video obsolète de fin 80's même. La video DV apparue en 1992 est parfaitement documentée et lisible, c'est un format standard sur tous les ordis....
        • sauf retour à l'âge de pierre, rien n'effacera ça d'internet qui grossi exponentiellement sans jamais rien effacer. Ce qui n'était pas le cas dans les 60" 70'... la doc était papier.
    • et si le lancement rate et retombe sur Terre ? le plus sage est de ne rien faire du tout.
    • On sait faire cela de manière relativement fiable aujourd'hui, et encore plus demain. Et il ne s'agit pas de mettre des bonshommes dedans, juste de la merde radioactive.

      Trop tard.

    • c'est automatique, le cloud le fait tout seul. Mon site perso free du 20ème siècle est toujours là quasi 20 ans plus tard, sans que je fasse rien du tout. Il a dû voir passer une dizaine de disque dur dans un data center jenesaisoù. Le volume des web perso est tellement minuscule par rapport à aujourd'hui que c'est peanuts, ça vaut même pas le coup de le supprimer pour free.

    • idem à titre perso, toutes mes data du 20siècle c'est même pas une semaine de data de 2017, ça ne demande aucun effort de backuper mes data du 20ème siècle, c'est le poids d'une dizaines de photo aujourd'hui ! ça coute RIEN. RIEN ne peut provoquer cette rupture de service.

    • cet ordre de grandeur qui m'est perso, on le retrouve en même proportion au niveau mondial, toutes les data du 20ème siécle, c'est rien vis à vis rien que l'upload mensuel de Youtube...

    • j'entends bien l'argument de la rupture venant de certains, mais c'est imaginaire, fondé sur rien.... hormis astéroide/guerre nuke totale.

    • si le sujet est l'archivage longue durée, c'est simple ça n'existe pas.

    • Mais bien sur....

      L'exemple des pages free est à mourir de rire, sachant le nombre de personnes qui ont eu leurs pages persos fermées / supprimées sans préavis.... (à une époque, y'avait l'argument du "aucun lien pointe sur ce contenu hébergé sur le site, c'est pas pour faire du stockage, faut obligatoirement une page HTML avec un lien vers tous les contenus hébergés, hop on ferme)

      C'est de la roulette russe", tu espères que ça marchera encore, alors que t'as aucune garantie

      T'es à la merci des volontés commerciales de la société, qui peut fermer sans aucune vrai notification.

      Parmi les exemples courants: hotmail / MSN / outlook: MS c'est pas de la "petite" boite (qui aurait disparu du jour au lendemain en liquidation), mais quand ils ont changés leur politique de mails. Je connaissais des gens qui avait leurs mails d'inscription / service avec mot de passe "gardé" dans leurs mails hotmail. Un jour, bah changement de politique, migration des services, hop, tout est partie à la trappe.

      Dernier exemple en date, OVH: j'ai un "vieux" contrat chez eux d'hébergement perso, sur un offre ponctuelle à 0 € renouvelable (demo 1G), très limitée, mais suffisant pour certains usages particuliers. J'ai réçu un mail y'a quelques jours, comme quoi, hop, ils coupent tout pour le 1 mai.

      T'as 2 semaines pour tout récupérer / migrer, en espérant qu'entre temps, t'as toujours le même mails depuis plus de 10 ans

      Faire "confiance" à ce genre de service pour de l'archivage, c'est de l’incompétence crasse.

      Mais vu que pour toi "l'archivage longue durée, c'est simple ça n'existe pas", ça prouve bien qu'on est en plein dedans....

      Rien qu'au niveau entreprise / administratif, l'archivage sur plusieurs décennies est courant pour des raisons légales. En milieu médical ou social, on va couramment sur du 20 à 70 ans de conservation des données suivant les cas

      Avec les projets de fiches de paies dématérialisés, il faudra de l'archivage généralisé pour les particuliers de leur travail à leur retraite / mort, soit plus de 60 ans d'archivages administratif.
      Et la, on est sur des "problèmes courants", d'usage, dont l'archivage n'est pas du tout le corps de métier.

      Quand on commence à se trouver vers des activités d'archivages (par exemple pour avoir une trace de l'histoire, des œuvres d'art, ....), on est sur une vision archivage à long terme: idéalement indéfiniment. Si tu peux encore lire des écris qui ont plusieurs siècles, c'est que derrière, y'a des gars avec un poil plus de compétences et une vision à long terme que "suffit de le mettre sur ma page perso free, ils s'occupe de tout".

      Déja des films pellicules des arrières ou grand parents, en pratique, le particulier peut plus le lire. Faut passer par des sociétés spécialisés, ça coute "cher". Et suivant les supports, bah même des professionnels comme l'INA "pleure" de ne pas pouvoir les récupérer, faute de temps, matériel / personnel, argent... ( si pour toi, ça coute rien et que rien ne peut provoquer une telle rupture, c'est que visiblement, pour toi, le passé c'est les 5 dernières années....).

  • Ou une perte d’intérêt pour la chose parce qu'il y aura mieux.

    Ceci dit si l’intérêt primordial est de faire du feu, ca rendra pas les sites nucléaire plus surs par osmose.

  • on ne tiendra plus beaucoup de temps avant de nous auto détruire ... dans 10 000 ans les premiers lichen commencerons a reverdir la terre,dessous un kilomètre d'atmosphère toxique !
    10 002 ans et 4 jours un rat ressortira des profondeurs ...et c'est repartis pour un tour !!

  • Je ne sais pas si les auto-citations sont bienvenues ou pas, mais comme je vois que la discussion part sur la préservation des supports, je me dis que ça peut vous intéresser.

    Voici un papier que j'ai écrit fin 2016 sur l'enjeu de la préservation des données scientifiques à l'heure du Big Data (ça concerne des échelles de temps beaucoup plus modestes) : https://lejournal.cnrs.fr/articles/preserver-les-donnees-de-la-recherche-a-lere-du-big-data

    Vous pouvez regarder les travaux du Cines qui est un acteur majeur en France en matière de préservation des données (stockage pérenne et garantie de compréhension dans le temps). Ils travaillent depuis quelques temps avec la BNF qui est confrontée à ces problèmes avec la préservation des données numérisées.

    Il y a une conférence du Cines assez intéressante : https://webcast.in2p3.fr/videos-quels_sont_les_criteres_a_prendre_en_compte_pour_la_conservation_des_donnees_cines

    Quant aux méthodes de transmission de la mémoire des sites nucléaires, comme écrit à la fin de l'article : la question reste ouverte et chacun peut s'emparer du sujet. On a bien toutes sortes de "trucbidulehaking", pourquoi pas ouvrir des groupes de "Nuclear Waste Memory Hacking" ? :wink:

  • On ne sait plus ? Tu as un exemple précis, parce que là je ne vois pas :slight_smile:

  • VLC est vraiment pas top sur des "vielles" vidéos des années 90.
    Certaines se figent, y'a des artefacts / lignes vertes par dessus, que j'avais pas à l'époque.

    D'ailleurs même des structures comme l'INA sont dans la merde: ils en sont à faire de la recup et des vides greniers, en espérant trouver les pièces et que le matos qu'ils ont tombent pas en panne, n'ayant plus personne sachant comment les changer (déja savoir les utiliser correctement, c'est très rare). Alors l'interfacer à autre chose, bon courage :smiley:

    De plus de part les couts / moyens que ça représente, des tas de données sont "perdues", faute de pouvoir les traiter à temps.

    Pour une information sur du long terme, il faut un moyen de communication qui ne nécessite aucun appareil particulier pour la lecture. Donc papier et compagnie, ou encore de la pierre, mais assurément pas de support informatique. Tu peux documenter un CD comme tu veux, si la personne n'est techniquement pas capable de fabriquer un lecteur CD, bah ça sert à rien.

    Et y'a un effet cascade : pour faire telle technologie, il a fallu celle la avant, qu'il faut aussi fournir et détailler, etc...

    Le support informatique, c'est pour du backup, de la sauvegarde à court terme, pas pour de l'archivage.

    Sur du très long terme, même la langue utilisée peut poser probleme. Un texte en latin ou grec ancien, combien de personnes peuvent le lire ? et combien y'a de "traductions" et interprétations différentes ? Les images sont bien plus compréhensibles de façon "générale" avec un écart important de civilisation, même si c'est pas aussi précis.

      • ben justement je me tue à expliquer que tout simplement il suffit de ne PAS archiver... mais faire du backup.
  • C'est absurde parce que l'association de la brillance verdâtre au danger radioactif est justement culturel. Et comme dit dans l'article pour les pics en acier, si y'a un endroit où les chats ont les yeux qui brillent, ça deviendra une attraction également.
    En fin de compte ça aurait pu être un super article sur comment avertir les populations futures d'un danger radioactif, et au final c'est un espèce de "pop-media" qui parle de chats...

    • Cette brillance verdâtre est associé à la radioactivité parce qu'elle est provoquée par l'uranium. C'est pas que culturel. Si vous trouvez un objet (assez vieux) qui luit de cette couleur à la lumière ultra-violette, c'est qu'il contient de l'uranium.

  • Il y a 50 ans Internet n'existait pas, rien ne dit que dans 50 ans il existera encore. Ca coute épouvantablement cher en énergie qu'on aura pas forcément toujours à notre disposition.

  • D'ici bien avant 10.000 ans, on aura trouvé comment traiter, utiliser et désempoisonner ces déchets.
    Donc ça sert à rien, tout ça.

  • Du bidouillage quoi pour ce genre d'usage.

    Faire des sauvegardes, ça implique une certaine continuité et qualité de service. C'est une vision à court terme des données.

    Budget qui se réduit, sujet moins "important", prestataires qui le faisait qui change / ferme, etc... et voila, y'a plus personne qui s'en occupe, c'est plus fait correctement et régulièrement, et le jour où y'en a besoin, tu découvres la sauvegarde, elle est pas valide / corrompue.

    C'est une vision totalement différente du "on veut que ça, dans x années, ça soit encore utilisable" (sans devoir repasser dessus tous les jours / semaines / mois / ans)

  • La solution sera probablement d'envoyer tout ce fatras radioactif dans le soleil (qui n'aura aucun mal à le recycler, lui). Oui, ça coute cher, mais étalé sur quelques générations, n'est-ce pas suffisant ?

    • je ne comprends vraiment pas ce genre de question... on est dans l'ère de la sauvegarde perpetuelle avec des fichiers ouverts et redondance multiple... la position des emplacements de site nucléaire n'a aucune chance de disparaitre.
    • ou alors l'humanité a aussi disparue et donc on s'en fout pas mal.
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En cours (11 min) : Les radiochats et l’épineuse question de la mémoire des sites nucléaires