La société Blue Origin a réitéré son « bond spatial » à une altitude au-delà des 100 km pour conforter son choix de concevoir une fusée réutilisable.

C’est le vol de la confirmation. Après un premier « bond spatial » qui a permis à Blue Origin de dévoiler son savoir-faire dans la création et l’emploi d’une fusée réutilisable, une nouvelle mission a eu lieu ces jours-ci pour valider les orientations techniques de l’entreprise fondée par Jeff Bezos, le patron d’Amazon.

Le vol, qui a eu lieu en fin de semaine dernière, a permis au lanceur New Shepard de se propulser suffisamment haut pour dépasser la ligne de Kármán, qui est une frontière établie par convention par la Fédération aéronautique internationale pour définir l’altitude (100 km) à partir de laquelle nous entrons dans l’espace.

Lors de la mission, New Shepard s’est élevé à 101,7 km avant de redescendre. Une capsule de test a été éjectée à cette occasion Les deux engins sont ensuite redescendus sur Terre, le premier en utilisant ses boosters pour décélérer et se poser sur ses pieds, le second en déployant des parachutes.

La réutilisation des fusées pour faire des économies.

Pour Blue Origin, le principe d’un lanceur réutilisable doit permettre d’éviter de construire une nouvelle fusée à chaque fois. En prévision d’un nombre croissant de personnes allant dans l’espace pour du tourisme ou pour y travailler, Blue Origin estime qu’on ne peut pas tout simplement bazarder le matériel vu son coût.

Ainsi, une fois l’appareil récupéré, Blue Origin n’a eu qu’à remplacer les parachutes de la capsule, changer les allumeurs pyrotechniques, procéder à des vérifications au niveau de l’avionique et des fonctions du lanceur et améliorer les paramètres du système de bord. Bien sûr, tout cela a un coût, mais celui-ci reste moindre que la création de A à Z d’un nouveau New Shepard.

Cet avis est partagé par Airbus, qui estime que les moteurs principaux et l’avionique représentent « entre 70 et 80 % de la valeur totale du véhicule de lancement ». Reste que les avis divergent sur la méthode pour rapatrier le tout : doit-on utiliser les moteurs, ce qui nécessite du carburant en plus, et alourdit l’ensemble, ou suivre une autre piste, en s’inspirant des planeurs et des avions ?

Rivalité avec SpaceX

Blue Origin n’est pas la seule entreprise à explorer la piste des lanceurs réutilisables.

C’est aussi le cas de SpaceX. Fondée par Elon Musk, la société a pour le moment une bonne longueur d’avance, puisque sa fusée, la Falcon 9, est capable de ravitailler la station spatiale internationale et de mettre des satellites en orbite, alors que la New Shepard doit se contenter pour l’instant de faire des sauts spatiaux.

SpaceX a même signé un partenariat avec la Nasa pour organiser à partir de la fin 2017 des missions de transport d’astronautes vers la station spatiale internationale, preuve que le travail accompli par le groupe est d’une qualité suffisante pour convaincre l’agence spatiale américaine de lui confier l’envoi d’hommes dans l’espace.

Et si elle n’a pas pu réussir à devenir la première entreprise à faire revenir sans encombre une fusée réutilisable, Blue Origin ayant été plus rapide, SpaceX a depuis largement rattrapé son retard en parvenant à mettre sur orbite une grappe de satellites avant de revenir sur la terre ferme. Et la firme est même sur le point de réussir un posé sur une barge océanique. C’est dire l’avance qu’a SpaceX dans ce domaine.

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