Vous vous pensez incollable sur Bach depuis vos leçons de solfège ? Une intelligence artificielle est désormais capable de vous tromper.

Par ce beau soir d’automne, l’auditorium de la Gaîté Lyrique est plein de mathématiciens, de développeurs et de musiciens. Ils sont tous réunis pour une conférence exceptionnelle des développeurs de FlowMachines, une intelligence artificielle (IA) capable de composer de la musique.

Si le groupe reste connu pour avoir travaillé sur de la pop, il a également développé une imitation de Jean-Sébastien Bach plus vraie que nature. Ce soir-là, les développeurs ne sont pas peu fiers de voir que la salle n’est pas en mesure de distinguer Bach de leur robot.

Et c’est très certainement leur plus impressionnante réussite. Grâce à l’apprentissage, par deep learning, du répertoire du très prolifique compositeur baroque, la FlowMachines est désormais experte de la technique Bach. Cette dernière, si elle n’a jamais été théorisée complètement par les musicologues, est une somme de motifs et de schémas musicaux qui irrigue et encadre toute l’œuvre du compositeur.

Bach robotisé ?
Bach robotisé ?

Véritable canevas de l’harmonie à la Bach, cette méthode implacable employée par le compositeur a pu être comprise par la machine. Ce qui est moins surprenant qu’on ne pourrait le croire puisque Bach était incroyablement méticuleux en matière de composition.

Ici, le code n’est pas binaire mais il n’en est pas moins régulier, structuré et finalement mathématique. Dans cette quête de la perfection de l’écriture musicale, Bach ne cherche pas autre chose que l’harmonie la plus absolue, une sorte de nombre d’or musical.

To be Bach or not to be Bach

Et pour en saisir les subtilités et les matrices, il fallait au moins une intelligence artificielle et du deep learning. Voici le DeepBach. Ce dernier s’est concentré sur les chorals du compositeur, qui en a créé pas moins de 389 au cours de sa vie. Les données laissées par Bach laissent donc à la machine tout le loisir d’entrer dans les méandres de son cerveau génial.

De cet apprentissage, DeepBach retire une capacité singulière à faire du Bach sans Bach. Et le résultat est plus que probant : essayez, vous serez certainement trompé par la machine. Enfin, pour ceux qui accuseraient DeepBach de copier le compositeur, l’équipe de FlowMachines insiste sur un concept déterminant : l’IA ne copie pas, elle transfère  simplement l’harmonie de Bach à toutes les mélodies possibles.

Et pour terminer sa conférence sur DeepBach, Benoit Carré montre qu’il parvient à instaurer un rythme à la Bach à de la bossa nova de Jobim… tout un programme.

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