L'industrie musicale pourrait détruire ce qu'elle a mis tant d'années à construire. La stratégie d'exclusivité accordée à Tidal par Beyoncé pour son nouvel album Lemonade provoque un regain d'enthousiasme pour le Peer-to-Peer (P2P), qui permet de télécharger Lemonade gratuitement.

Les internautes commencent à prendre le pli du streaming légal, mais que se passe-t-il lorsque leurs habitudes sont brusquées par les stratégies marketing des grands acteurs de l’industrie musicale ? Sans surprise, ils se tournent vers les bonnes vieilles habitudes du Peer-to-Peer (P2P), BitTorrent en tête.

Avec les distributions exclusives des nouvelles productions de Kanye West, Rihanna, ou Beyoncé, le service Tidal de Jay-Z prive les internautes qui ont souscrit à d’autres services payants de streaming comme Spotify ; Apple Music ou Deezer d’écouter le dernier album de leur artiste chéri. Curiosité de l’époque, les millenials redécouvrent donc le P2P, encouragés par une industrie musicale qui a tant fait pour les en éloigner.

Que faire, dans cette situation de privation de l’album dont tout le monde parle ? Objectivement, pas grand chose de légal (rien, même, sans s’abonner à Tidal pour au moins 9,99 euros par mois). Le bon vieux peer-to-peer reprend donc une dose d’attractivité dans une situation de pénurie organisée, pour les millenials pressés d’avoir un avis sur le dernier must-have culturel.

Les sites bien connus des pirates — et désormais des nouveaux pirates — se retrouvent donc assaillis par le partage géant du dernier Beyoncé. En quelques instant, l’album était littéralement disponible partout, de The Pirate Bay à T411, en passant par Contorrents, Cpasbien ou Sun3331. Il suffit de cliquer, et c’est téléchargé. Sans débourser un centime et avec le seul véritable risque, en France, de recevoir un mail.

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La réponse de Tidal a bien sûr été rapide et les demandes de retraits de liens adressées à Google et à des sites affiliés s’accumulent, comme on peut le voir sur la Lumen DataBase. Toutes les requêtes sont formulées directement par Tidal qui préférerait sûrement qu’on s’abonne à son service…

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Malgré tout, à l’instar de The Life Of Pablo, ce Lemonade de Beyoncé offre (encore) une publicité incroyable pour Tidal qui lentement mais sûrement s’impose, sinon dans nos habitudes de consommateurs, au moins dans nos têtes de prospects. Encore quelques coups marketing du même genre et il pourrait devenir plus intéressant d’aller sur Tidal que sur un concurrent, lesquels répondront par le même type d’exclusivités.

Mais plus les plateformes se battront pour fractionner les catalogues, plus c’est le client qui payera le prix, et le piratage qui encaissera la mise.

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