Le candidat qui gagnera l'élection américaine ne sera pas nécessairement celui qui aura les meilleurs arguments, mais celui qui aura le plus de fonds pour faire connaître les siens. Pour aider Hillary Clinton à vaincre Donald Trump, Dustin Moskovitz annonce verser 20 millions de dollars pour sa campagne. Un record dans la Silicon Valley.

Dustin Moskovitz, qui avait co-fondé Facebook avec Mark Zuckerberg avant de quitter l’entreprise en 2008 pour créer Asana, a annoncé vendredi son intention avec son épouse de faire don de 20 millions de dollars à la campagne de Hillary Clinton, pour faire échec à l’élection du candidat républicain Donald Trump.

Il devient le premier donateur privé issu de l’industrie technologique, et de loin. Avant lui le « record » était détenu par Larry Ellison, le co-fondateur d’Oracle, qui avait donné 5 millions de dollars pour Marco Rubio, avant que celui-ci se retire de la primaire des Républicains en mars dernier.

Serons-nous dirigés par la peur, vers le tribalisme, en amplifiant les choses qui nous divisent ?

Dans un billet qui annonce ses intentions, Moskovitz explique qu’il considère que l’élection présidentielle de 2016 aux États-Unis ressemble davantage à un « référendum sur qui nous voulons être, en tant qu’individus, en tant que nation, en tant que société », qu’à une opposition classique entre Démocrates et Républicains. « Serons-nous dirigés par la peur, vers le tribalisme, en amplifiant les choses qui nous divisent ? (…) Ou, sinon, continuerons-nous dans la direction d’une plus grande tolérance, diversité et interdépendance au nom d’une prospérité mutuelle ? », résume-t-il, en multipliant un manichéisme assumé entre le Bien que représenterait Hillary Clinton, et le Mal que représenterait Donald Trump.

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«  Si Donald Trump l’emporte, le pays régressera et deviendra plus isolé de la communauté internationale (…). Ses propositions sont si peu crédibles que la nation est obligée de se demander avec inquiétude si l’intérêt qu’il porte à la présidence n’irait même pas au delà du fait de gagner un concours et de promouvoir son image personnelle ».

Résolu à faire triompher Hillary Clinton à qui il trouve toutes les vertus (« optimisme, pragmatisme, rassemblement, bénéfice mutuel »), le jeune entrepreneur et milliardaire de 32 ans détaille en partie les différents fonds et micro-partis auprès desquels lui et sa femme Cari Tuna vont répartir les 20 millions de dollars de dons.

Pas une mauvaise image pour Facebook, mais pour la démocratie

Pour Facebook, et même si certains seront tentés d’y voir une confirmation de l’orientation anti-Républicains parfois reprochée au réseau social, le partie-pris politique affiché par Moskovitz ne devrait rien changer. L’homme a quitté depuis près de dix ans le groupe, et n’en possède que 2,34 % des parts. Son influence est faible.

En revanche, l’annonce montre à nouveau le poids démesuré de l’argent dans les « élections démocratiques », qui exigent de trouver des fonds auprès de ceux qui en ont, au détriment de plus petits candidats qui n’ont pas la même notoriété, ou qui auraient un programme politique défavorable aux donateurs. Même Moskovitz lui-même confie qu’il n’est pas très à l’aise avec son choix d’investir autant d’argent pour favoriser Hillary Clinton.

« Nous avons des réserves sur le fait que quiconque utilise de grandes sommes d’argent pour influencer des élections. Ceci étant dit, nous croyons qu’il faut faire autant de bien que nous le pouvons, ce qui dans ce cas-ci implique d’utiliser tous les outils qui nous sont disponibles ».

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