IBM a annoncé avoir investi dans la société Pathway Genomics pour fournir des conseils personnalisés aux utilisateurs en fonction de leur ADN et des autres données collectées et croisées en temps réel grâce aux appareils connectés (montres, bracelets, ...), ou même aux réseaux sociaux. Une surveillance accrue, de plus en plus attentatoire à la liberté, au bénéfice d'une meilleure santé.

Vers quel monde médical nous dirigeons-nous ? Lorsque nous avons publié en février 2014 notre enquête sur la médecine personnalisée et le rôle immense qu'y joueront les géants de l'informatique, nous savions que les firmes espéraient croiser les données médicales collectées en temps réel grâce aux objets connectés avec le profil génétique de chaque individu. Mais nous ne pensions pas que les choses iraient aussi vite, malgré les séquenceurs ADN à bas coût qui arrivent.

IBM, qui avait déjà prévenu qu'une analyse ADN serait fournie aux médecins dès avant 2020, a ainsi annoncé avoir investi dans la start-up américaine Pathway Genomics, spécialisée dans les tests génétiques en tous genres. La firme propose de nombreux dépistages et analyses de l'ADN pour analyser les risques de cancers, les risques cardiaux, etc., mais aussi pour aider les patients et leurs médecins à choisir les molécules les plus adaptées pour les traitements curatifs ou préventifs.

De plus, Pathway Genomics propose une application iOS et Android qui "permet aux clients de consulter facilement et d'en savoir plus sur leurs résultats de tests en laboratoire, à partir de leur téléphone mobile ou tablette". L'application se connecte au compte privé de l'utilisateur, dans lequel figure ses résultats d'analyse génétique, et propose des conseils adaptés.

Or IBM a déjà prévenu qu'il voulait aller plus loin avec une nouvelle application baptisée "Pathway Panorama". Big Blue veut utiliser son intelligence artificielle IBM Watson pour agréger l'ensemble des tests génétiques collectés par Pathway Genomics, pour croiser les informations avec toute une série d'autres données collectées en temps réel sur les utilisateurs (notamment grâce aux montres connectées comme l'Apple Watch ou aux bracelets Fitbit et consorts), et pour exploiter le tout dans une interface simplissime pour l'utilisateur.

"Combien de cafés ai-je le droit de boire lundi ?"

"Pour la première fois, les consommateurs pourront poser des questions à l'application Pathway Panorama pour obtenir des informations et des options fournies par l'intelligence cognitive de Watson, basées sur leurs propres gênes liés au bien-être, aux données portables (wearable data, ndlr), et d'autres informations liées au bien-être, telles que le bien être émotionnel, physique et social".

"Panorama surveillera aussi de façon routinière la santé et les informations de bien-être d'un utilisateur, et fera signe à l'utilisateur avec de nouvelles recommandations pertinentes", se félicite IBM.

Selon le communiqué de presse, l'utilisateur pourra par exemple demander "combien d'exercice je devrais faire aujourd'hui", ou "combien de cafés puis-je boire lundi", et "l'application cognitive répondra fournira des options basées sur les millions de données liées à santé, fournies par Pathway Genomics, ingérées par Watson, et sur les biomarqueurs de l'individu, ses signes vitaux (wearables), son ADN, ses dossiers médicaux électroniques, et d'autres informations".

A terme, c'est la liberté de l'individu qui est menacée, puisque comme Apple, IBM projette sans aucun doute de signer des contrats avec des assurances santé, qui n'accepteront d'assurer l'individu ou de lui accorder des réductions que s'il respecte scrupuleusement les recommandations faites par Pathway Panorama. Ce n'est déjà plus de la science-fiction avec le premier test réalisé par AXA l'été dernier.

Pour le moment, les objets connectés à porter sur soi mesurent essentiellement le flux sanguin. Mais comme l'avait montré la plateforme SAMI et le Samiband de Samsung, l'objectif est de développer toute une série de capteurs toujours plus précis, pour suivre la présence de certaines molécules dans le sang, et ainsi par exemple s'assurer qu'un utilisateur suit bien le traitement médical qui lui est prescrit, qu'il ne fume pas, qu'il ne boit pas davantage de café que ce qui lui est permis, ou qu'il ne boit trop d'alcool le soir en rentrant du travail.

Tout ça pour améliorer "le bien-être", bien entendu.

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