Dans un rapport remis à l'Assemblée nationale, le député Thierry Benoit propose de créer une taxe sur les abonnements Internet afin d'obtenir de nouvelles ressources pour financer le déploiement du très haut débit en France. Selon ses estimations, ce prélèvement dégagerait 700 millions d'euros par an.

Tout comme son prédécesseur, François Hollande affiche des objectifs ambitieux en matière d'aménagement numérique du territoire. Alors que le gouvernement de Nicolas Sarkozy fixait comme cap de raccorder 70 % des foyers au très haut débit d'ici 2020 et 100 % en 2025, celui de Jean-Marc Ayrault veut pour sa part apporter le haut débit pour tous d'ici cinq ans.

Le Parti socialiste n'écarte pas pour autant la perspective d'apporter le très haut débit à tous les Français. Dans un document de travail consacré au programme numérique du PS, il a été proposé un plan de déploiement de la fibre optique sur l'ensemble du territoire, afin que chacun puisse en profiter d'ici dix ans. Mais encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions. Car la fibre optique coûte cher. Très cher.

C'est pour cette raison que le député Thierry Benoit, membre de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), propose dans son rapportsignalé sur Twitter par Benoît Tabaka – visant à assurer l’aménagement numérique du territoire de "rétablir la taxe sur les abonnements", ce qui "pourrait permettre de dégager les 700 millions d'euros annuels nécessaires".

"L'État n'a mobilisé qu'un milliard d'euros pour subventionner le déploiement de la fibre par les collectivités territoriales. Le coût total du déploiement de la fibre optique est estimé à au moins 21 milliards d'euros, dont 10 pourraient être apportés par les opérateurs et le reste pour moitié par les collectivités territoriales. Au moins six milliards d’euros seront donc nécessaires de la part de l'État", poursuit le rapporteur.

"Des ressources pérennes doivent être trouvées, et ce d’autant plus rapidement qu’on estime qu’à la fin de l’année prochaine, le milliard d’euro disponible pourrait être épuisé", prévient-il. Autrement dit, la partie du Grand Emprunt consacrée à la disparition de la fracture numérique et au déploiement soutenu du très haut débit, deux milliards d'euros, ne suffira pas.

L'idée d'une taxe sur les abonnements Internet pour financer le développement du très haut débit en France n'est pas nouvelle. En 2010, le parlementaire Hervé Maurey suggérait l'installation d'une contribution spécifique visant à dégager une nouvelle source de financement pour la fibre optique. L'Arcep s'était montrée sensible à cette politique, jugeant les pistes du sénateur comme étant "les moins mauvaises".

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