Nicolas Sarkozy a finalement rendu ses arbitrages sur le grand emprunt. Si l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation récupèrent une part importante des 35 milliards d'euros, le développement de la société n'est pas en reste avec une enveloppe de 4,5 milliards d'euros. Deux chantiers seront prioritaires : le développement du très haut débit et la numérisation du patrimoine.

À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce matin à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a dévoilé ses projets pour le grand emprunt national de 35 milliards d’euros. Suivant les recommandations de la commission Juppé-Rocard, le président de la République a annoncé qu’une enveloppe de 4,5 milliards d’euros sera consacrée au développement de l’économie numérique. Deux chantiers seront traités en priorité : la disparition de la fracture numérique et le déploiement du très haut débit d’une part, et la numérisation du patrimoine culturel d’autre part.

« Notre premier effort doit être d’assurer la couverture du territoire en haut débit. L’initiative privée ne peut y suffire, l’exigence d’aménagement du territoire impose l’intervention d’un schéma de déploiement du très haut débit arrêté par l’Etat » a jugé Nicolas Sarkozy. Mais si la stratégie pour parvenir à un déploiement rapide de la fibre optique n’a pas encore été détaillé, le chef de l’Etat souhaite « faire pour le haut débit ce que notre pays a fait avec un peu de retard dans les années 1970 pour le téléphone« .

Parmi les autres pistes envisagées pour supprimer la fracture numérique, soulignons l’existence d’un label « haut débit pour tous » lancé par la secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’Economie Numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. Si les offres proposées à travers ce fameux label sont un peu faibles à l’heure où la France se tourne vers le très haut débit (proposer un débit de 512 kbit/s minimum à chaque Français d’ici 2012 afin de tenir les engagements du Plan France Numérique 2012), cette solution aura néanmoins le mérite d’en finir avec les zones blanches abandonnées par la technologie DSL.

L’autre grand chantier sera la numérisation du patrimoine culturel national. À l’heure où Google a déjà numérisé des millions d’ouvrages, le président de la République veut contre-attaquer en allouant 750 millions d’euros pour la préservation des œuvres. « Il n’est pas question de laisser notre patrimoine partir » a averti Nicolas Sarkozy, refusant implicitement l’ingérence d’une société privée américaine dans le patrimoine français. « C’est aussi un problème d’identité, un problème d’identité nationale » a-t-il continué, rebondissant sur le débat lancé par Eric Besson.

« Nous allons monter un grand partenariat public-privé, tout en gardant la maîtrise de notre patrimoine » a poursuivi le chef de l’Etat. Cependant, s’il est clair que Nicolas Sarkozy ne veut pas laisser le champ libre à Google, le détail du plan n’est pas encore fixé. Tout juste sait-on que Christine Albanel, l’ex-ministre de la Culture, a été chargée par le premier ministre de conduire une mission d’information sur la numérisation des livres et le développement avec les éditeurs français d’une offre légale attractive sur Internet.

(crédit photo BY-ND)

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