Selon les statistiques compilées auprès de ses clients par la société Sandvine, le P2P a reculé en six mois de plus de 10 points par rapport aux autres usages dans le trafic global des fournisseurs d'accès à internet en Europe.

 

 
La société Sandvine, qui vend des solutions de gestion du trafic aux opérateurs de réseaux, a publié son rapport (.pdf) sur les "phénomènes Internet mondiaux", pour le deuxième semestre 2012. Il fait suite à un premier rapport publié au mois de mai dernier, pour la première moitié de l'année, qui avait montré que les échanges de fichiers en P2P restaient à un niveau élevé en Europe.
 
Cette fois, la comparaison des deux études montre que la proportion de trafic liée à BitTorrent et à eMule (eDonkey) s'est effondrée en six mois. En mai, lors des pics de consommation, BitTorrent représentait 31,69 % du trafic montant, 17,20 % du trafic descendant, et 20,32 % de l'ensemble agrégé. En cette fin d'année, les parts pour BitTorrent sont respectivement de 31,8 % (+ 0,1 point) en upload, 12,1 % (- 5,1 point) en download, et 14,9 % (- 5,42 point) en agrégé. On peut noter qu'alors qu'il s'agit de l'acte qui est réprimé par la justice, et qui fait l'objet en France des avertissements de l'Hadopi, la mise en partage s'est stabilisée, alors que le téléchargement a davantage baissé.
 
En 6 mois, le P2P a perdu plus de 10 points de trafic
 
Sur eMule, la tendance baissière est beaucoup plus forte. En mai, le protocole eDonkey comptait pour 18,23 % du trafic montant dans les heures de pointe, 6,96 % du trafic descendant, et 9,39 % du trafic global. Six mois plus tard, eMule ne compte plus que pour 11,2 % de l'upload (- 7 points), 2,78 % du download (- 4,1 points) et 3,98 % (- 5,4 points) du global
 
Ensemble, BitTorrent et eMule représentent aujourd'hui 18,9 % du trafic, contre 29,7 % il y a six mois. C'est une baisse proportionnelle de plus de 10 points pour le P2P en Europe, en quelques mois seulement. 
 
Mais il faut bien noter qu'il s'agit d'une valeur relative, et non absolue. Aux Etats-Unis, BitTorrent a lui aussi légèrement perdu du terrain en proportion aux autres usages d'Internet, mais en valeur absolue le trafic a augmenté de 40 % en 6 mois. S'il a perdu en proportion, c'est parce que les autres applications, en particulier le streaming, continuent de croître à grande vitesse. Or pour l'Europe, Sandvine ne communique pas sur la croissance en valeur absolue du trafic P2P, mais le même phénomène est sans doute constaté : une baisse en proportion, mais une augmentation en volume.
 
Sandvine note par ailleurs que les services de "divertissement en temps réel" (YouTube, Spotify, Deezer, Dailymotion, PPStream,…) représentent entre 33,5 % et plus de 50 % du trafic selon les pays en Europe, et que la fluctuation "est due pour une part à la disponibilité de services de vidéos à la demande légitimes dans les différents pays".
 
"Selon nos observations, les pays avec les chiffres de divertissement en temps réel les plus bas ont typiquement un trafic de partage de fichiers supérieur, ce qui nous amène à croire que les abonnés utilisent probablement des applications comme BitTorrent pour se procurer des contenus audio et vidéo qui ne sont pas disponibles autrement dans leur région", analyse Sandvine.

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