Une étude de l’Université d’Uppsala révèle que des tombes datant de 5 500 ans en Suède contiennent des individus apparentés au deuxième ou troisième degré, reflétant des relations familiales élargies. Pour les chercheurs, ces tombes démontrent donc l’importance des relations au-delà du cercle familial immédiat chez les chasseurs-cueilleurs scandinaves.

Dans sa chanson « Pour ne pas vivre seule », Dalida chante sa mélancolie et son regret qu’il n’y ait jamais eu de cercueil à deux places. Pourtant, la Préhistoire montre le contraire. En effet, dans des tombes datant d’environ 5 500 ans, à Ajvide sur l’île de Gotland en Suède, des individus ont été retrouvés enterrés ensemble. C’est ce qu’a révélé une nouvelle étude de l’Université d’Uppsala publiée le 18 février 2026 dans la revue Proceedings of the Royal Society B Biological Sciences.

Le site d’Ajvide est un des sites de l’Âge de pierre parmi les plus importants en Scandinavie. Il abritait une population de chasseurs-cueilleurs. Avec 85 tombes connues, les chercheurs ont découvert que 8 d’entre elles contiennent les restes de plusieurs individus. L’ADN des restes de quatre de ces sépultures a été analysé pour étudier les liens de parenté entre eux.

« Étonnamment, l’analyse a révélé que nombre des personnes enterrées ensemble étaient apparentées au deuxième ou au troisième degré, et non au premier degré – autrement dit, parent et enfant ou frères et sœurs – comme on le suppose souvent », explique Helena Malmström, archéogénéticienne ayant dirigé l’étude, dans un communiqué de presse. « Cela suggère que ces personnes connaissaient bien leurs lignées familiales et que les relations au-delà du cercle familial immédiat jouaient un rôle important. »

Avoir le sens de la famille

Les quatre tombes contenaient les restes d’au moins un enfant.

  • Dans la première tombe reposait le corps d’une jeune femme de 20 ans, couchée sur le dos. Elle était entourée d’enfants, une fratrie, à ses côtés : une petite fille et un petit garçon de 4 ans, ainsi qu’un autre enfant de 1 an et demi. Elle n’était pourtant pas leur mère, mais plutôt leur tante paternelle ou leur demi-sœur.
  • Dans la seconde tombe, il y avait le corps d’une jeune fille et de son père, adulte. Celui-ci a probablement été déplacé d’un autre endroit initialement.
  • La troisième tombe contenait les corps d’une petite fille et d’un petit garçon qui devaient être parents au 3ᵉ degré. Soit, probablement, des cousins germains.
  • Enfin, la dernière tombe analysée a révélé les dépouilles d’une jeune femme et d’une petite fille apparentées, elles aussi, au 3ᵉ degré. Il s’agissait donc probablement d’une grande-tante et sa nièce ou de deux cousines.
Les deux enfants qui étaient frères et sœurs à part entière et la femme qui était leur tante ou leur demi-sœur. // Source : Göran Burenhult
Les deux enfants qui étaient frères et sœurs à part entière et la femme qui était leur tante ou leur demi-sœur. // Source : Göran Burenhult

Cette étude est la première qui examine les liens de parenté entre les chasseurs-cueilleurs scandinaves du Néolithique. Pourquoi ? « Comme il est rare que ce type de tombes de chasseurs-cueilleurs soit préservé, les études sur la parenté dans les cultures archéologiques de chasseurs-cueilleurs sont rares et généralement d’envergure limitée », décortique Tiina Mattila, autrice principale de l’étude.

Paul Wallin, professeur d’archéologie expert du site funéraire d’Ajvide souligne : « Ces analyses permettent de mieux comprendre l’organisation sociale à l’Âge de pierre. »

Avec les dépouilles d’encore plus de 70 individus sur le site, les scientifiques espèrent réussir à appréhender, grâce à d’autres études interdisciplinaires, la structure sociale, les rites funéraires, mais également la vie de ces anciens chasseurs-cueilleurs.

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