Une étude révèle la découverte de guépards momifiés datant de plus de 2 000 ans dans des grottes en Arabie saoudite. Cette trouvaille pourrait contribuer au développement de programmes de réensauvagement prévus dans ce pays.

En Égypte antique, la momification était pratiquée lors de rituels funéraires aussi bien pour les humains que pour les animaux. Toutefois, dans certaines conditions extrêmes, la momification peut se faire naturellement.

C’est le cas d’environ 7 guépards retrouvés dans plusieurs grottes d’Arabie saoudite. Dans une étude publiée le 15 janvier 2026 au sein de la revue Nature, Communications Earth & Environment, des scientifiques d’une équipe internationale ont étudié ces restes momifiés pour en tirer des informations utiles au repeuplement de la zone.

7 guépards momifiés naturellement

Les guépards sont présents depuis des milliers d’années dans la région. Cependant, à l’échelle mondiale, ils n’occupent plus, aujourd’hui, que 9 % de leur aire de répartition historique totale. Reconstituer leur histoire et leurs anciens habitats reste compliqué, par manque d’informations.

Cette découverte fortuite de 7 spécimens momifiés naturellement, ainsi que de 54 squelettes de guépards et de leurs proies présumées, offre « une opportunité précieuse d’élucider l’histoire évolutive des guépards dans leur ancienne aire de répartition », explique l’étude.

Les différentes analyses ont permis de dater les restes pour déterminer le contexte temporel, d’identifier les sous-espèces présentes et, enfin, de déterminer les âges des individus en question. Les différents guépards retrouvés dataient d’environ 4 000 avant notre ère, et pour certains de 130 ans avant notre ère.

Les guépards momifiés découverts présentent des traits remarquables, notamment des yeux opaques, une peau complètement déshydratée et des membres ratatinés qui évoquent des enveloppes vides et desséchées, selon un article du média ArkeoNews.

Momie sur le site de découverte à l'intérieur de la grotte. // Source : Communication, Earth and Environment
Momie découverte à l’intérieur de la grotte. // Source : Communication, Earth and Environment

Parmi les individus retrouvés, il y avait une population composée :

  • d’adultes (soit plus de 2 ans) ;
  • de « sous-adultes » (d’un an et demi à 2 ans) ;
  • de juvéniles (moins d’un an et demi).

Aujourd’hui, il y a 5 sous-espèces de guépards reconnues, explique l’étude :

  • Acinonyx jubatus hecki (Afrique du Nord-Ouest),
  • A. j. soemmeringii (Afrique du Nord-Est), 
  • A. j. jubatus (Afrique du Sud), qui regroupe plus de la moitié des guépards sauvages,
  • A. j. venaticus (Asie, maintenant limitée à l’Iran) : historiquement, il s’agissait de l’espèce en Arabie saoudite, mais aujourd’hui, elle est en grand danger d’extinction et il reste uniquement quelques spécimens en Iran,
  • Acinonyx jubatus raineyi (Afrique de l’Est).

Concernant les guépards retrouvés, les scientifiques détaillent que les données récupérées indiquent « la présence de guépards regroupés avec deux sous-espèces, le guépard asiatique (A. j. venaticus) et le guépard d’Afrique du Nord-Ouest (A. j. hecki), tous deux désormais absents de la péninsule Arabique ».

Ces données pourraient être utilisées pour prendre des décisions éclairées concernant les espèces à réintroduire, dans le but de tenter de repeupler ces zones. Selon les conclusions de l’étude : « Ces résultats démontrent comment les anciens enregistrements ADN peuvent reconstituer la base perdue de la distribution des espèces, la diversité génétique et les associations écologiques qui forment l’information essentielle pour développer des programmes de réensauvagement et de restauration fondés sur des preuves. »

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