Une Ă©tude rĂ©vèle que l’eau des thermes de PompĂ©i contenait des impuretĂ©s, remettant en question la rĂ©putation d’hygiène des Romains. Initialement alimentĂ©s par des puits riches en minĂ©raux volcaniques, les thermes ont vu leurs conditions s’amĂ©liorer avec l’adoption d’un aqueduc fournissant une eau plus renouvelĂ©e et calcaire.

Les thermes… ces lieux semblaient respirent le luxe et la propretĂ©, surtout pour ceux qui en profitaient, c’est-Ă -dire les Romains. Cependant, les dĂ©pĂ´ts gĂ©ochimiques dans l’eau nous racontent une autre histoire.

C’est ce que rĂ©vèle une Ă©tude publiĂ©e dans la revue PNAS le 12 janvier 2026, menĂ©e par des chercheurs de l’UniversitĂ© Johannes Gutenberg de Mayence. Les scientifiques ont reconstituĂ© le système d’approvisionnement en eau de PompĂ©i et, surprise, les rĂ©sultats montrent que les Romains prĂ©sentaient une hygiène moins bonne que celle qui leur est attribuĂ©e habituellement. Ils ont aussi pu tracer le changement de l’approvisionnement en eau, provenant d’abord des puits, puis passant ensuite par un aqueduc.

Piscines des plus anciens bains publics de Pompéi, datant de 130 av. J.-C. // Source : Cees Passchier
Piscines des plus anciens bains publics de Pompéi, datant de 130 av. J.-C. // Source : Cees Passchier

« Ă€ l’origine, les thermes Ă©taient alimentĂ©s par des puits profonds Ă©quipĂ©s de pompes, et les conditions d’hygiène y Ă©taient loin d’ĂŞtre idĂ©ales », explique GĂĽl SĂĽrmelihindi, l’une des autrices principales, dans un communiquĂ© de presse. « Au fil du temps, les pompes ont Ă©tĂ© perfectionnĂ©es grâce aux progrès technologiques, avant d’ĂŞtre remplacĂ©es au 1ᵉʳ siècle après J.-C. par un aqueduc, qui permettait un approvisionnement en eau plus important et un renouvellement plus frĂ©quent de l’eau pour les bains. »

« L’eau n’Ă©tait pas renouvelĂ©e rĂ©gulièrement »

L’aqueduc, les châteaux d’eau, les puits, les piscines des bains publics : toutes ces structures ont gardĂ©, incrustĂ©s en elles, des dĂ©pĂ´ts de diffĂ©rentes formes de l’Ă©lĂ©ment chimique carbonate. Et ces formes de carbonates sont considĂ©rablement diffĂ©rentes entre les constructions alimentĂ©es par les puits et celles alimentĂ©es par l’aqueduc. Cela indique une origine diffĂ©rente de leur eau de source :

  • Les puits tiraient leur eau d’une nappe phrĂ©atique contenant beaucoup de minĂ©raux issus de dĂ©pĂ´ts volcaniques ;
  • L’aqueduc tirait, lui, son eau d’une source karstique, c’est-Ă -dire provenant d’une rĂ©gion riche en calcaire.

« Dans les thermes rĂ©publicains, les plus anciens bains publics de la ville, datant de l’Ă©poque prĂ©romaine, vers 130 av. J.-C., nous avons pu prouver, grâce Ă  l’analyse isotopique, que l’eau provenait de puits et n’Ă©tait pas renouvelĂ©e rĂ©gulièrement », probablement autour d’une fois par jour, raconte la première autrice de l’Ă©tude. « Par consĂ©quent, les conditions d’hygiène ne rĂ©pondaient pas aux normes Ă©levĂ©es gĂ©nĂ©ralement attribuĂ©es aux Romains. »

Échantillons de carbonate provenant des thermes républicains de Pompéi // Source : Cees Passchier
Échantillons de carbonate provenant des thermes républicains de Pompéi. // Source : Cees Passchier

Par ailleurs, lorsque les chaudières et les canalisations ont Ă©tĂ© remplacĂ©es, cela aurait provoquĂ© une augmentation des mĂ©taux lourds (plomb, zinc, cuivre) dans l’eau. L’eau Ă©tait aussi plus chaude, une fois la tuyauterie et les thermes rĂ©novĂ©s, comme l’indique l’augmentation d’une forme particulière de l’oxygène.

Enfin, dans l’eau des puits, les chercheurs ont mis en Ă©vidence des variations cycliques dans les rapports des diffĂ©rentes formes de carbonates. Cela pourrait ĂŞtre dĂ» Ă  une activitĂ© volcanique variable au cours du temps, ce qui apporterait des indications sur l’activitĂ© du VĂ©suve bien avant 79 après J.-C., date de son entrĂ©e en Ă©ruption.

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