Qu’évoque la chasse à la baleine ? L’image qui vous vient spontanément en tête est peut-être celle de Moby Dick ou, pour remonter plus loin dans le temps, celle des Inuits du Pacifique Nord ou de l’Arctique. Cependant, une nouvelle étude vient de mettre au jour des preuves que l’origine de la chasse à la baleine est plus ancienne qu’on le croyait.
Elle se déroulait déjà 1 000 ans plus tôt qu’estimé, et en Amérique du Sud. Parue dans Nature Communications le 9 janvier 2026, cette recherche était dirigée par une équipe de chercheurs internationaux et menée par l’Université autonome de Barcelone.
« L’étude montre que des groupes de la région de la baie de Babitonga (Santa Catarina) qui ont construit des sambaquis — des monticules de coquillages monumentaux construits par des sociétés de l’Holocène le long de la côte du Brésil — ont développé des technologies spécialisées pour chasser les grandes baleines bien avant que des recherches archéologiques antérieures ne le suggéraient », souligne le communiqué de l’étude.
La zooarchéologie, ou l’étude des os
En combinant plusieurs types d’analyses « des os et des objets issus des cétacés », les chercheurs ont identifié les restes de différents cétacés qui présentent, pour beaucoup, des marques de découpe liées à l’abattage. De plus, parmi les objets analysés se trouvaient de grands harpons fabriqués en os de baleine, qui comptaient parmi les plus grands retrouvés en Amérique du Sud.

Comme l’explique le communiqué, l’hypothèse d’une chasse active à la baleine, plutôt que d’une simple utilisation opportuniste d’animaux échoués, se base sur :
- la présence de grands harpons en os de baleine ;
- l’abondance d’os de baleine ;
- le fait qu’ils soient présents dans des contextes funéraires ;
- la présence d’espèces côtières de baleines.
« Les données révèlent que ces communautés avaient les connaissances, les outils et les stratégies spécialisées pour chasser les grandes baleines des milliers d’années plus tôt que nous ne l’avions supposé auparavant », explique Krista McGrath, l’une des autrices principales de l’étude.
Par ailleurs, l’abondance des os de baleines (surtout à bosse) est la preuve que, historiquement, leur population et leur zone de reproduction s’étendaient beaucoup plus au sud du Brésil qu’aujourd’hui.
Enfin, d’après l’un des autres auteurs principaux de l’étude, André Colonese : « Cette recherche ouvre une nouvelle perspective sur l’organisation sociale des peuples sambaqui. Cela représente un changement de paradigme – nous pouvons maintenant considérer ces groupes non seulement comme des cueilleurs de crustacés et des pêcheurs, mais aussi comme des baleiniers. »
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