Hadopi : couper les flux financiers du piratage peut-il vraiment fonctionner ? (MàJ)
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 13 Décembre 2011 à 10h20 -
posté dans Société 2.0
![]() L'Hadopi veut s'attaquer aux flux financiers pour lutter contre les plateformes de streaming et de téléchargement direct. Mais cette méthode risque d'être inefficace, et même dangereuse pour la souveraienté de l'Etat. Explications. Mise à jour : Lundi, à l'occasion d'une conférence de la Coalition française pour la diversité culturelle, le ministre Frédéric Mitterrand a confirmé l'angle d'attaque demandé à l'Hadopi. "Sur le modèle de ce qui se fait aux États-Unis, [la Hadopi] va parallèlement s’efforcer de responsabiliser les intermédiaires qui commercent avec ces sites", a-t-il déclaré, selon les propos cités par PCInpact. "Les premiers résultats doivent être prêts d’ici février 2012. Il nous faut débattre en toute franchise de ces questions avec tous les intermédiaires concernés : je pense aux intermédiaires financiers, les sociétés de carte de paiement ou de micro paiement et aux réseaux publicitaires. La Hadopi m’a indiqué qu’elle organisait dans les prochaines semaines une table ronde réunissant ces acteurs. L’objectif est que chacun soit mis publiquement en face de ses responsabilités". Article du 25 novembre 2011 -
C'est donc la nouvelle stratégie pour lutter contre le piratage. Résolument opposée au filtrage des flux réseau, l'Hadopi va s'attaquer aux flux financiers. C'est ce qu'elle laisse très fortement entendre dans son communiqué du jour, où elle dévoile son plan d'action contre les plateformes de streaming et de téléchargement direct, accusées de s'être "spécialisées dans l’exploitation massive de contenus illicites dont ils tirent des profits à leur seul bénéfice". L'Hadopi veut en effet d'abord évaluer les "mesures juridiques et techniques existantes et leurs limites", puis se rapprocher des "intermédiaires qui contribuent à leur fonctionnement, dont notamment les établissements bancaires, intermédiaires de paiement ou de micro-paiement, et régies publicitaires". Une fois l'action technique au niveau des infrastructures écartée au vu des nombreuses "limites", ce qui sera le rôle du Lab Réseau & Technique de l'Hadopi, cette dernière pourra donc avancer toute la légitimité de s'attaquer aux intermédiaires financiers. La méthode devrait être simple : ceux qui n'acceptent pas d'emblée de couper les vivres aux plateformes de streaming ou de téléchargement direct seront convoquées au tribunal sur les fondements de l'article L336-2 du Code de la Propriété Intellectuelle, qui dispose que le juge des référés peut ordonner "toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser une telle atteinte à un droit d'auteur ou un droit voisin, à l'encontre de toute personne susceptible de contribuer à y remédier". D'une souplesse inouie, cette disposition législative sera peut-être simplement modifiée à terme, pour permettre à l'Hadopi elle-même de saisir le tribunal, ce qui est pour le moment une exclusivité des ayants droit. Mais s'attaquer aux flux financiers est-il réellement efficace ? Depuis la lutte judiciaire déclenchée contre Napster il y a plus de dix ans, il est constant que les internautes et les éditeurs de solutions de partage d'oeuvres ont toujours su s'adapter à l'environnement. Ce sont les demandes d'usages qui ont créé les plateformes de streaming et de téléchargement illégales, qui aujourd'hui génèrent des revenus. Si demain les plateformes de streaming et de téléchargement n'ont plus de ressources pour vivre, elles mourront. Mais les demandes d'usages resteront et seront satisfaites, soit par une offre légale réellement attractive, ce qui reste la clé maîtresse de la lutte contre le piratage, soit par de nouveaux services inventés par "les pirates" pour combler le vide. Lorsque l'industrie du disque s'est attaquée à Kazaa, qui était une société commerciale, les internautes ont créé et amélioré ensemble eMule et BitTorrent, qui étaient des solutions P2P open-source sans tête contre qui porter plainte. Ils créeront demain des plateformes de streaming et de téléchargement direct open-source, basées sur des protocoles mieux sécurisés, décentralisés, qui n'auront pas besoin d'apports d'argent pour vivre. Ces plateformes auront même des avantages nouveaux, comme la possibilité d'héberger des blogs ou des réseaux sociaux non maîtrisés par des sociétés commerciales, ce que l'on commence à apercevoir avec la Freedom Box, qui connaîtra des clones. Et si d'aventure les flux financiers restent nécessaires, c'est le pire cauchemar des Etats qui risque de se développer : les monnaies virtuelles. En 2011, BitCoin a connu une ascension fulgurante avec une promesse simple, d'élaboration d'une monnaie de troc qui n'est gérée par aucun intermédiaire, exclusivement en P2P. Cet argent ne peut faire l'objet d'aucune imposition, met en danger la souveraineté de l'Etat, et ne peut pas être régulé. Les flux financiers ne peuvent pas être bloqués. Le risque n'est pas si théorique qu'il peut paraître. Si elle peut facilement se développer dans l'univers numérique ("je te vends une application Android en BitCoin, j'achète un accès VPN en Bitcoins), la monnaie virtuelle connaît en effet déjà des applications dans les transactions matérielles. Des sites de produits bio, d'aliments pour chiens, de t-shirts, de parfums, ou de thé acceptent déjà les BitCoins, qu'ils utilisent pour acheter eux-mêmes autre chose. Le troc reste le troc, qu'il soit réalisé par l'intermédiaire d'euros, de dollars, de yuans ou de bitcoins. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Hadopi : couper les flux financiers du piratage peut-il vraiment fonctionner ? (MàJ)»
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Maxxx
le 25/11/2011 à 19:22
Sans aller aussi loin, au pire il y aura juste des intermédiaires dans des pays étrangers, qui réaliseront les achat sur les sites dont les flux sont bloqués en France non ?
Le problème actuel c'est que le troc est indexé sur son équivalent monétaire officiel (euro par exemple). Mais on vit une époque très intéressante, où le troc aurait le pouvoir de valoriser le travail et non la spéculation boursière. Et va donc payer des impôts à l'Etat sous forme de carottes de ton jardin, tiens !
ps: s'il vous venait l'envie de m'envoyer des bitcoins, voilà mon adresse "blogueur" 1GiDSNnCQpaXXYcruG5Eg7voHupdJLE8YE Par Flattr, voir ci-dessous. Ont ils pensé a la possibilité que tout cela ne serve a rien...
Juste parce qu'ils vont dégager dans 6 mois, et que la donne sera differente (ou pas)... Ca a eu de l'effet sur wikileaks. http://wikileaks.org/
Mais ca c'est hors de portée de la petite hadopi, Et aussi ce n'est pas dans l'intérêt des banques : J'imagine que les megaupload et autres brassent pas mal d'argent. je vois que Numérama préfére defendre le streaming illégal, le vrai visage des soit disant pirate éclate au grand jour, le vol à qui mieux mieux au dépend de ceux qui bossent, belle mentalité!!! mais vous n'avez pas honte !!!!!!!!!!!!!!!!
Sovereign, le 25/11/2011 - 19:53 Vidéoclub ?! TA GUEULE !!!!!!!!!!!!!!Exactement ce que je me suis dit lol - Justement , Videoclub ; j'ai récupéré quelque chose qui va te regonfler le moral ... mais tu un des derniers mohicans d'une époque révolue .
http://www.lavenir.n...ticleid=9134322 Revenons au débat : s'attaquer aux flux financiers du streaming ; c'est encore jouer les fiers à bras ; Hadopi ! Don Quichotte a des émules en ce moment ... Mais j'aimerai qu'ils m'expliquent comment ils vont obliger les régies publicitaires étrangères à arrêter de sponsoriser des sites étrangers.
Cela ne va donc concerner que les régies françaises et du coup ça entraîne un défaut de compétitivité non? VIDEOCLUB, le 25/11/2011 - 19:44 je vois que Numérama préfére defendre le streaming illégal, le vrai visage des soit disant pirate éclate au grand jour, le vol à qui mieux mieux au dépend de ceux qui bossent, belle mentalité!!! mais vous n'avez pas honte !!!!!!!!!!!!!!!!Défendre ? Mais sans rire, tu poses ton cerveau à chaque fois avant de poster, vidéogogue ? Ah ben non, pour la peine, sur ce coup là, pas honte du tout de se foutre de taggle, mon pôv' vidéogag... VIDEOCLUB, le 25/11/2011 - 19:44 je vois que Numérama préfére defendre le streaming illégal, le vrai visage des soit disant pirate éclate au grand jour, le vol à qui mieux mieux au dépend de ceux qui bossent, belle mentalité!!! mais vous n'avez pas honte !!!!!!!!!!!!!!!!Toute facon en quoi ca te concerne ? Tu bosses pas, tu tiens un video-club. "Ce sont les demandes d'usages qui ont créé les plateformes de streaming et de téléchargement légal" Légal? Ce n'est pas plutôt "direct"?
VIDEOCLUB, le 25/11/2011 - 19:44 je vois que Numérama préfére defendre le streaming illégal, le vrai visage des soit disant pirate éclate au grand jour, le vol à qui mieux mieux au dépend de ceux qui bossent, belle mentalité!!! mais vous n'avez pas honte !!!!!!!!!!!!!!!!Il est clair que les site de streaming se font du blé sur le dos des artistes, mais les producteurs aussi, et les ISP, etc... toute la chaine, y compris le vendeur de pop-corn au cinoch, se fait du blé sur le dos des artistes...
alors dans le fond, on se demande qui taxer hein... pour ce qui est du bitcoin, c'est en effet un exemple de ce qui devrais se développer. mais dans le fond, ça se fera, hadopi ou pas, dans un avenir plus ou moins proche, avec comme motivation non pas de contourner la loi mais bien de survie générale. Le système financier actuel étant un total fiasco, il est urgent de changer de paradigme et d'adopter des comportements un minimum réfléchis. p.ex. une monnaie p2p qui s'inspire des "droits" du logiciel libre, permettant aux gens de - produire dans la monnaie - échanger dans la monnaie - connaitre les rêgles du jeu ces trois droits ne sont pas respectés dans le système actuel. cette réflection théorique et pratique a le grand mérite de reposer bien des questions et d'apporter un bon début de solution (et pas qu'un gadget technologique comme le bitcoin, qui est un système bien drôle pour les geek, mais complètement foireux économiquement parlant...) www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html Arkados, le 25/11/2011 - 19:25 Mais on vit une époque très intéressante, où le troc aurait le pouvoir de valoriser le travail et non la spéculation boursière.En date du 7 février 2011, vous pouviez acheter des Bitcoins à 1 Bitcoin = 0.88 $US6,7 soit 0.61 €8. Par contre, il ne faut pas seulement regarder le taux de conversion, mais aussi tous les biens qu'il est possible d'obtenir9,10.
Avec de telles fluctuations, les traders doivent s'en donner à coeur joie En date du 9 août 2011, la valeur du Bitcoin est de 5,36 €. En date du 11 août 2011, la valeur est de 7,05€. En date du 2 octobre 2011, la valeur est de 3,84€. Mais le concept est intéressant, très intéressant. Il est cependant dommage que la plupart des sites donnés en exemple ne fonctionnent pas ou ont cessé l'usage des Bitcoins (qui a d'ailleurs subit une attaque informatique). Cette initiative mériterait de connaitre le succès, quelqu'un l'a-t-il déjà utilisé et pourrait en parler ? l'article de WIkipedia est très intéressant: http://fr.wikipedia....es_et_critiques au fait, dans mon quartier, il y a 2 video-clubs ... !!! et ils tiennent bon... !!
leur secret ? un DVD ça coute 3€ ... à l'achat... sur un DVDR, version rip.! ils ont toute les nouveautés, y compris celles qui sont encore à l'affiche... (voire parfois avant) leur secret ? les screeners et autres joyeuseté qu'on trouve sur Internet !!! pourquoi ça marche ? parce que, comme les sites "de streaming" (les portails en fait), ils fournissent un service de sélection et de présentation au public, qui trouve plus facile d'aller au videoclub que de passer 3 jours à télécharger une même version en P2P, ou qui ne sait pas se servir d'un pc... Olm-N, le 25/11/2011 - 22:07 Il est clair que les site de streaming se font du blé sur le dos des artistes, mais les producteurs aussi, et les ISP, etc... toute la chaine, y compris le vendeur de pop-corn au cinoch, se fait du blé sur le dos des artistes... alors dans le fond, on se demande qui taxer hein... Quant aux musiciens, certains ne touchent strictement rien sur les ventes numériques (les petits nouveaux). Les fausses vérités du gvt, ils peuvent se les garder. "Et si d'aventure les flux financiers restent nécessaires, c'est le pire cauchemar des Etats qui risque de se développer : les monnaies virtuelles."
Cela n'a aucune importance, car comme beaucoup d'états ne battent plus eux-mêmes leur monnaie, celle-ci est déjà virtuelle. C'est comme cela que les banque peut prêter 6 fois plus d'argent qu'elle n'en possèdent (et donc toucher autant de fois les intérêts).
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