Piratage : l'examen de la loi américaine débute sous un déluge de critiques

Julien L. - publié le Mercredi 16 Novembre 2011 à 12h19 - posté dans Société 2.0

Le comité judiciaire de la Chambre des représentants examine à partir de ce mercredi le texte de loi anti-piratage SOPA (Stopping Online Piracy Act), également connu sous le nom de Protect IP Act ou E-Parasite Act. Soutenu par l'industrie du divertissement aux États-Unis, le texte a été la cible d'un feu nourri de critiques en provenance d'internautes, d'organisations représentant les intérêts de la société civile, de grandes entreprises américaines, de personnalités politiques et de professeurs de droit.

Dans le cadre de la lutte contre le piratage sur Internet et la contrefaçon de biens manufacturés, les parlementaires américains examinent actuellement un texte conçu pour offrir de nouveaux moyens d'action aux autorités et aux ayants droit. La proposition de loi doit également permettre d'agir plus efficacement à l'échelle internationale, notamment contre des sites web étrangers.

PIPA, E-Parasite, SOPA

Baptisée à l'origine Protect IP Act (PIPA), la loi a été validée une première fois par le comité judiciaire du Sénat des États-Unis. Six mois plus tard, c'est au tour des membres de la Chambre des représentants d'examiner le texte. Entre temps, celui-ci s'est durci et arbore un nouveau nom : E-Parasite Act, pour "Enforcing and Protecting American Rights Against Sites Intent on Theft and Exploitation Act".

Également connu sous le nom de SOPA (Stopping Online Piracy Act), le texte propose d'aller particulièrement loin dans la lutte contre le piratage sur le net. Comme nous l'avions expliqué alors, les dispositions limitant la responsabilité des hébergeurs, le contournement du blocage et le streaming de contenus culturels sont quelques-uns des points dans la ligne de mire de la loi SOPA.

Pour Mike Masnick, auteur du site Techdirt, le texte va tout simplement instaurer une grande muraille numérique autour des États-Unis, à l'image de ce qui existe déjà en Chine. "Cette loi est une abomination et une insulte à la Constitution. Quiconque signe ou parraine ce texte supporte effectivement la censure de masse du net aux États-Unis, ainsi que la pénalisation de très nombreux Américains" avait-il déclaré.

Déluge de critiques

Cela va également accroître "la pression sur un secteur qui est contribue à la création d'emplois. Tout cela parce que quelques sociétés de l'industrie culturelle refusent de s'adapter", avait-il ajouté. Il n'est visiblement pas le seul à s'emporter contre ce texte de loi. Alors que s'ouvre le débat parlementaire, un déluge de critiques vient de s'abattre sur les auteurs de cette proposition.

L'opposition la plus ancienne et la plus visible est survenue à la fin du mois d'octobre. Une pétition déposée sur le site de la Maison Blanche prie l'administration Obama de stopper la proposition de loi SOPA. Pour que la pétition soit examinée par le gouvernement américain, elle doit atteindre 25 000 signatures avant le 30 novembre. Il y  en a à l'heure actuelle 18 486. Il reste deux semaines pour ajouter 6514 signatures.

Si la mobilisation des citoyens américains a commencé très tôt, c'est mardi que les critiques les plus audibles ont été formulées. En effet, des lettres en provenance de la Silicon Valley, du Congrès, des universités et des associations américaines et étrangères ont été envoyées aux membres du comité judiciaire de la Chambre des représentants, afin de les dissuader d'aller plus en avant.

La fin ne justifie pas les moyens

Google, Facebook, Yahoo, eBay, AOL, Twitter, LinkedIn, Mozilla et Zynga Game ont ainsi co-signé un courrier (.pdf) dans lequel ils disent soutenir l'objectif final du texte, à savoir "fournir des outils supplémentaires pour lutter contre les sites Internet étrangers voyous voués à la contrefaçon ou à la violation de la propriété intellectuelle", mais s'opposent sur la méthode choisie pour y parvenir.

Selon eux, la loi est rédigée de telle façon qu'elle exposerait les sociétés américaines travaillant dans la sphère numérique et des nouvelles technologies de l'information et de la communication à de nouveaux risques et de nouvelles incertitudes. Pour s'en prémunir, les entreprises craignent de devoir agir plus souvent a priori afin de ne pas s'exposer aux représailles des ayants droit ou des autorités.

"Nous craigons que ces mesures représentent un risque sérieux pour l'innovation et la création d'emplois dans notre secteur et pour la cybersécurité du pays" ont-ils ajouté. Car en effet, toute mesure de filtrage, qui se traduit par de nouvelles réglages et de nouvelles couches, affectera dans une certaine mesure la résilience d'Internet et diminuera la sécurité du réseau des réseaux.

Parlementaires, associations et juristes mobilisés

Du côté des parlementaires, dix élus républicains ont également co-écrit une lettre (.pdf) à l'intention du président et du vice-président du comité judiciaire de la Chambre des représentants afin de leur faire part de leurs inquiétudes vis-à-vis du texte. Ils craignent en particulier des effets négatifs sur l'emploi et l'innovation aux Etats-Unis, alors que la croissance s'essouffle.

Des associations du monde entier se sont également mobilisées, à travers une missive (.pdf). Citons en particulier Access, Consumers International, l'European Digital Rights (EDRi), la Free Software Foundation, la Quadrature du Net, l'Open Rights Group, l'Open Spectrum Alliance ou encore Reporters Sans Frontières. Au total, pas moins de 41 organisations ont demandé aux élus américains d'abandonner ce texte.

Le coup de grâce est ensuite venu des professeurs de droit eux-mêmes, qui ont signé à leur tour une lettre commune (.pdf). Ces derniers soulignent en particulier que la loi "a de graves déficiences constitutionnelles, porte en elle des conséquences potentiellement dangereuses pour la stabilité et la sécurité du système d'adressage de l'Internet et va miner la politique étrangère américaine en matière de liberté d'expression sur Internet et à travers le monde".

Publié par Julien L., le 16 Novembre 2011 à 12h19
 
 
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Commentaires à propos de «Piratage : l'examen de la loi américaine débute sous un déluge de critiques»
 

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Aux Etats Unis, la loi est foi.
Quand Protect IP sera mûre, la tentation de l'associer au Patriote Act via des passerelles informatique sera très tentante;
A moins que ce ne soit déjà prévue...
Et cette loi sera votée, car aux USA, liberté et constitution ne sont RIEN face à la corruption de l'argent (et En France aussi d'ailleurs, où l'on a bien vu avec Hadopi, DADVSI et LOPPSIs que l'assemblée, les partis, les gouvernements et la constitution ne sont que de la merde quand les intérêts d'inutiles et corruptrices majors sont en jeu).

Les USA ont souvent été dirigées par des terroristes (comme les Bush), et ont déjà voté des lois inadmissibles pour les droits de l'Homme et leur constitution (comme le Patriot Act). Ce ne serait pas la première fois que les USA chient sur les valeurs dont ils se vantent sans cesse...
Au fait, sinon, l'article ne dit pas le plus important :

De QUI, de QUELS ABRUTIS viennent cette proposition ?

EMI TIME WARNER, UNIVERSAL, SONY BMG, et quelques politiciens corrompus (comme en France quoi) ?

Mis peut-on avoir leurs noms svp ? Ce serait utile pour lancer des malédictions...
Une loi assez dramatique en effet mais en face ... meme pas 25 000 signatures ?

N'importe quelle connerie sur youtube ou Facebook reveille la planete entière et pour les libertés fondamentales il n'y a pas 25000 américains qui se lèvent ?


Des fois on se dit que les majors auraient tort de se priver. Les idiots ne demandent qu'à se faire plumer.
http://www.01net.com...re-reseau-wi-fi

je sais c'est pas le sujet cliquez sur ce lien en haut pour securiser son wifi? :Hein:
dronarg, le 16/11/2011 - 13:35
Une loi assez dramatique en effet mais en face ... meme pas 25 000 signatures ?

N'importe quelle connerie sur youtube ou Facebook reveille la planete entière et pour les libertés fondamentales il n'y a pas 25000 américains qui se lèvent ?


Des fois on se dit que les majors auraient tort de se priver. Les idiots ne demandent qu'à se faire plumer.

pas faux.
Quand ils avaient décidé de renflouer les banques, ils ont reçu plusieurs milliers de courriers, Emails etc leur suppliant de ne pas le faire, mais ils l'ont fait qd même.

Effectivement, que peut l'opinion publique face aux milliards des ayant-droit?

La seule chose qui me rassure un peu , c'est l'opposition des entreprises.
Google and co ne sont pas des nains, si ils ont fait du bon lobying ca devrait pas mal aider.
dronarg, le 16/11/2011 - 13:35
Une loi assez dramatique en effet mais en face ... meme pas 25 000 signatures ?

N'importe quelle connerie sur youtube ou Facebook reveille la planete entière et pour les libertés fondamentales il n'y a pas 25000 américains qui se lèvent ?


Des fois on se dit que les majors auraient tort de se priver. Les idiots ne demandent qu'à se faire plumer.
La pétition a "seulement" deux semaines d'existence. Et il reste deux semaines avant la fin de l'échéance.

https://wwws.whiteho...te-act/SWBYXX55

"Created: Oct 31, 2011"

Ceci dit je vais faire tourner le lien chez mes amis américains.
Il ne sert a rien de discuter avec les parasites.
Ils chercheront encore et encore a tirer profit et vivre au depends d'autrui.

OUI, l'unique solution et l'elimination des parasites, il faut les supprimer, les détruire.

Detruisons tout les parasites, il ne faudra pas en laisser un seul en vie.
Khalev, le 16/11/2011 - 15:09
...
https://wwws.whiteho...te-act/SWBYXX55

Ceci dit je vais faire tourner le lien chez mes amis américains.

whitehouse.gov, et vérification de l'adresse e-mail ! Je me demande combien de gens n'ont juste pas envie d'alimenter directement les bases de données qui vont bien. Mais moi aussi je vais faire tourner.
Waouh quand même! Mozilla a signé ce torchon avec Google et les grands de ce monde pour dire que "fournir des outils supplémentaires pour lutter contre les sites Internet étrangers voyous voués à la contrefaçon ou à la violation de la propriété intellectuelle" c'est une bonne chose! C'est quand même grandiose ça. àa a beau être une opposition qui peut faire poids, moi je trouve que c'est pas glorieux! Après c'est peut-être une position stratégique, mais de là aller se proposer pour bosser avec le congrès pour arrêter les voyoux ça pousse un peu mémé dans les orties je trouve!

Quand à Google qui vient dire ça alors qu'ils ont eu aucun problème à numériser les bouquins à tour de bras, en total mépris de leur sacro-sainte propriété intellectuelle... Je rigole!
Dyonis, le 16/11/2011 - 14:38

Effectivement, que peut l'opinion publique face aux milliards des ayant-droit?

Une seule chose, le BOYCOTT, simple, facile mais diablement efficace.
th67, le 16/11/2011 - 16:11

whitehouse.gov, et vérification de l'adresse e-mail ! Je me demande combien de gens n'ont juste pas envie d'alimenter directement les bases de données qui vont bien. Mais moi aussi je vais faire tourner.

Rien n'empèche de donner une fausse adresse mail.

Et 2000 signatures de plus depuis tout à l'heure.

àa devrait le faire.
##fl##, le 16/11/2011 - 16:15
Waouh quand même! Mozilla a signé ce torchon avec Google et les grands de ce monde pour dire que "fournir des outils supplémentaires pour lutter contre les sites Internet étrangers voyous voués à la contrefaçon ou à la violation de la propriété intellectuelle" c'est une bonne chose! C'est quand même grandiose ça. àa a beau être une opposition qui peut faire poids, moi je trouve que c'est pas glorieux! Après c'est peut-être une position stratégique, mais de là aller se proposer pour bosser avec le congrès pour arrêter les voyoux ça pousse un peu mémé dans les orties je trouve!

Quand à Google qui vient dire ça alors qu'ils ont eu aucun problème à numériser les bouquins à tour de bras, en total mépris de leur sacro-sainte propriété intellectuelle... Je rigole!

Le principe d'Unix appliqué au militantisme. Une revendication à la fois, et le faire bien. Ne pas s'éparpiller et noyer le message principal.

Je pense que si déjà ils arrivent à faire capoter ce projet, ça sera déjà une bonne victoire. Le PI viendra ensuite, mais là c'est (beaucoup) plus important.
Le principe d'Unix appliqué au militantisme. Une revendication à la fois, et le faire bien. Ne pas s'éparpiller et noyer le message principal.
Ou alors on pourrait appliquer des principes militants au monde Unix genre "la fin ne justifie pas les moyens".

Je suis pour une position pragmatique mais pas d'accord pour marcher sur un principe pour en atteindre un autre... Il est n'était pas forcément indispensable de s'aligner sur Google ni soutenir de telles positions...
Une pétition est en cours intitulée "sauvons l'internet mondial"

Extrait: "Le Congrès des États-Unis débat en ce moment d'une loi qui lui donnerait le pouvoir de censurer l'Internet mondial en instaurant une liste noire qui pourrait inclure YouTube, WikiLeaks et même Avaaz!

Si cette nouvelle loi entrait en vigueur, Les États-Unis pourraient obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer tout site suspecté de violer la législation sur le droit d'auteur ou sur les marques, ou de ne pas suffisamment contrôler l'activité de ses utilisateurs. Comme une très grande partie des serveurs et installations de l'Internet mondial est située aux États-Unis, leur liste noire s'attaquerait à l'Internet libre pour nous tous.

Le vote est attendu d'un jour à l'autre, mais nous pouvons contribuer à arrêter cette attaque. Des membres du Congrès font tout pour défendre la liberté d'expression et nous indiquent qu'un tollé mondial pourrait renforcer leur position. Faisons résonner nos voix des quatre coins du monde et lançons de toute urgence une pétition mondiale sans précédent appelant les décideurs aux États-Unis à rejeter le texte et à stopper la censure d'Internet. Cliquez ci-dessous pour signer la pétition, puis diffusez-la aussi largement que possible, notre message sera remis en mains propres à des membres clés du Congrès des États-Unis avant le vote décisif."

http://www.avaaz.org...internet_fr/?vl
La petition m'affiche 35 000 signatures, mais meme avec ça, elle va surement servir de papier wc...
Hey00, le 17/11/2011 - 07:52
La petition m'affiche 35 000 signatures, mais meme avec ça, elle va surement servir de papier wc...

Pas sûr, ils seront quand même obliger d'en tenir compte. Ce sera pas la première fois qu'une loi a été supprimé sous pression populaire. On peut encore espérer que ça marche.
Lol.
Un "Déluge de critiques"...... mais seulement 18000 signatures, pour un pays de 600 000 000 d'habitants.
Ce projet de loi est le truc le plus grave depuis ACTA.

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