Alors que les éditeurs français sont suspectés d'entente sur le prix des livres électroniques, une plainte a été déposée devant un tribunal américain. Les deux plaignants poursuivent Apple et cinq maisons d'édition pour avoir déterminé artificiellement le prix des e-books, afin de tuer la politique commerciale d'Amazon.

Hachette, HarperCollins, MacMillan, Penguin et Simon & Schuster se sont-ils mis d’accord avec Apple pour fixer le prix des livres électroniques vendus aux États-Unis ? Deux particuliers en sont convaincus et ont déposé plainte (.pdf) auprès d’un tribunal californien. Ils accusent les cinq maisons d’édition de chercher à casser la stratégie commerciale d’Amazon, qui est un concurrent redoutable pour Apple dans le secteur des livres électroniques.

« Les éditeurs et Apple s’associent pour augmenter les prix sur les e-books les plus populaires afin d’accroître leurs bénéfices et obligent Amazon à abandonner sa politique pro-consommateur de cassage des prix » explique un communiqué de presse du cabinet d’avocats, cité par Actualitté. L’an dernier, Amazon avait en effet cherché à se démarquer de la concurrence en réduisant drastiquement le prix de vente des livres électroniques.

Le site de commerce en ligne avait mis en place une politique visant à reverser 70 % du prix de vente aux auteurs, en échange de quoi le prix de vente des e-books ne devait pas dépasser 10 dollars (entre 2,99 et 9,99 dollars). Amazon avait également demandé à ce que le prix affiché sur la plate-forme soit inférieur ou égal aux tarifs pratiqués par la concurrence, afin d’être toujours le plus compétitif.

Le dispositif mis en place par Amazon n’a évidemment pas plu aux maisons d’édition, qui se seraient inquiétés du recul de leurs marges. Idem du côté d’Apple, qui avait déjà à l’époque le projet de se lancer dans la vente de livres électroniques. Apple aurait ainsi laissé les éditeurs fixer les prix de vente. En échange, les maisons d’édition refusaient de vendre leurs livres à d’autres plates-formes à un prix inférieur à celui proposé par Apple.

Les suspicions d’entente au niveau des prix des e-books ne se limitent pas aux seuls Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, la Commission européenne suspecte les éditeurs de ne pas entrer en concurrence et de s’accorder sur les prix. Au printemps dernier, les services de la concurrence de Bruxelles ont ainsi effectué plusieurs perquisitions aux sièges de maisons d’éditeurs français.

Albin Michel, Hachette, Flammarion, et Gallimard font partie des éditeurs visés par l’enquête qui porte sur une possible entente sur le prix de vente. Là encore, le responsable de cette situation – aux yeux des éditeurs – est Amazon. « Cette opération est téléguidée par Amazon. […] Ils voudraient pouvoir vendre les livres à n’importe quel prix comme ils le font aux Etats-Unis, en proposant des best-sellers à 9,90 dollars« .

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