Le ministre de l'Economie numérique s'est fait le relais de toutes les préoccupations actuelles des opérateurs télécoms, sans le moindre commentaire ou prise de distance, même lorsque ça semblait aller contre les choix du gouvernement. Une attitude surprenante...

Décidément, Bercy n’a aucun complexe à afficher publiquement la bienveillance avec laquelle il écoute les différents lobbys industriels qui font la vie du commerce électronique et des télécommunications en France. C’est en effet un communiqué très surprenant que celui publié lundi sur le site du ministère de l’économie. Eric Besson, membre du gouvernement en charge de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, signe un texte commun avec la Fédération Française des Télécoms (FFT), qui vient de fusionner avec l’Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM).

Comme s’il s’agissait d’une organisation publique, alors qu’il s’agit d’un lobby privé, le ministre annonce conjointement avec le président de la Fédération des télécoms « la création au sein de la FFT d’un collège réunissant spécifiquement les opérateurs de téléphonie mobile, parallèlement aux autres groupes de travail thématiques de la FFT« . On ne voit pas très bien pourquoi le ministre aurait à faire une telle annonce, qui ne regarde que les industriels.

Mais plus étrange encore, Eric Besson énumère ce qui ressemble à une longue liste des sujets sur lesquels la FFT exerce actuellement son lobbying institutionnel, et la reprend à son compte : « les opérateurs doivent faire face non seulement au ralentissement de leurs revenus, mais aussi au relèvement de la TVA sur les offres d’accès à Internet incluant la télévision, à la contribution au compte de soutien à l’industrie des programmes (COSIP), à l’extension du champ de la rémunération pour copie privée aux box équipées de disques durs et aux tablettes multimédia, à la contribution au financement de l’audiovisuel public, aux charges liées à la mise en œuvre des décisions de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (HADOPI), aux engagements en faveur du consommateur souscrits auprès du Gouvernement le 23 septembre 2010, ainsi qu’aux nouveaux investissements liés au déploiement de la 4G mobile et de la fibre optique.« 

Il n’y a pas l’once d’une prise de distance du ministre sur cette liste de courses, qui critique même le poids financier pris par l’Hadopi, alors que pour le moment le gouvernement refuse de rembourser les opérateurs

Au contraire, le ministre dit souhaiter que la FFT « participe activement au Conseil National du Numérique » (CCN) annoncé par Nicolas Sarkozy, alors que la liste des participants n’est pas encore décidée.

Si Nathalie Kosciusko-Morizet ne pouvait paraître trop proche des lobbys du numérique sans que sa proximité naturelle avec son frère Pierre soit très vite évoquée, Eric Besson n’a pas à s’embarrasser de ce type de calcul. Et visiblement, il ne s’embarrasse pas.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés