La présentation de l'iPad l'avait laissé entendre : le nouveau gadget d'Apple, une tablette tactile, ne supportera pas davantage la technologie Flash. Or, au regard des caractéristiques de l'appareil, les anciennes justifications ne tiennent plus : si Apple refuse d'intégrer le format d'Adobe, c'est une pour une raison stratégique.

La technologie Flash d’Adobe finira-t-elle par voir le jour sur les produits nomades d’Apple ? Rien est moins sûr. La tablette iPad, récemment annoncée par la firme de Cupertino, ne semble pas déroger à la règle instituée depuis quelques années maintenant : pas de Flash sur les appareils mobiles de la société californienne. Preuve en est, ni l’iPhone ni l’iPod Touch ne supportent actuellement ce format, malgré les appels du pied d’Adobe.

En 2008, Apple avait justifié l’absence de support Flash en invoquant des raisons techniques et pratiques : cette technologie était non seulement très gourmande en ressources, mais en plus son intérêt était limité à la navigation sur Internet. Or à l’époque, la firme américaine considérait que l’autonomie de la batterie, les spécificités techniques de l’appareil et la taille réduite de l’écran en limitaient l’intérêt.

Deux ans plus tard, les dernières versions des produits Apple ont cependant fait des progrès, tant au niveau des performances générales que de l’autonomie de la batterie. Quant à la taille de l’écran, la question ne se pose même pas avec l’iPad : la tablette est taillée pour le surf sur Internet, d’autant que certains modèles supportent le Wi-Fi et la 3G. Dès lors, les limitations du passé n’ont plus lieu d’être.

Chez Adobe, on commence donc à être relativement agacé. « Il semble qu’Apple continue d’imposer des restrictions techniques sur ses appareils qui limitent à la fois les éditeurs de contenus et les consommateurs. Contrairement à la plupart des lecteurs de livres électroniques qui s’appuient sur le format ePub, les internautes ne pourront pas accéder à ce type de contenu à cause des mesures techniques de protection instaurées par Apple » a réagi l’un des responsables d’Adobe.

« Sans le support du Flash, les utilisateurs d’iPad ne pourront pas accéder à l’ensemble du contenu web« , notamment les jeux et les vidéos, deux activités particulièrement recherchées par les internautes. Même constat si un utilisateur veut se connecter à un service spécifique, comme « Disney, Hulu, Miniclip, Farmville, ESPN, Kongregate ou JibJab » note Adrian Ludwig.

Mais au-delà des prétextes techniques ou sécuritaires, c’est surtout pour éviter la concurrence qu’Apple bloque la technologie Flash sur son appareil. Si l’iPhone, l’iPod Touch et l’iPad pouvaient accéder à des millions de contenus jeux et vidéos en Flash sur le web, nul doute que l’AppStore d’Apple serait tout de suite moins attractif… et incontournable. Et par conséquence, moins rentable.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés