En août 2016, Spotify était accusé de produire et promouvoir dans ses playlists de « faux » artistes, c'est-à-dire des créateurs sous pseudonyme n'ayant aucune autre présence sur le web. Ces accusations refont surface depuis début juillet, au point d'avoir amené le service de streaming à réagir.

Difficile de nier l’impact du streaming sur l’industrie musicale tout entière, aussi bien sur la rémunération des artistes que sur les habitudes de consommation des auditeurs, qui se tournent aujourd’hui vers des services comme Apple Music, Spotify ou même YouTube.

Si la question du nombre d’abonnés réels à ces plateformes prête parfois à débattre, d’autres problématiques se posent, comme celle soulevée par Vulture autour de faux musiciens dont les morceaux seraient glissés dans des playlists.

L’article reprend notamment les révélations du site Music Business Worldwide (MBW), qui avait signalé en août dernier que le suédois Spotify — qui compte aujourd’hui plus de 140 millions d’utilisateurs — faisait produire ses propres titres, avec des directives spécifiques, pour les mettre en ligne sous des noms de faux artistes. Ces morceaux étaient ensuite ajoutés aux playlists d’ambiance proposées aux utilisateurs.

Cette manipulation permettrait au service de streaming de canaliser un important nombre d’écoutes sur les playlists, et de bénéficier directement des profits générés, sans que ceux-ci aillent dans la poche des artistes recrutés par les producteurs. Si ces accusations avaient fait très peu de bruit à l’époque, elles sont aujourd’hui suffisamment reprises pour inciter Spotify a réagir.

Capture d’écran des playlists Spotify réalisée par Music Business Worldwide.

« Nous n’avons pas et n’avons jamais crée de ‘faux’ artistes »

D’autant que Vulture a pu, depuis, constater que des artistes, comme Deep Watch par exemple, enregistrent des millions de vues sur Spotify, sans qu’on puisse trouver la moindre trace de leur existence en dehors de ce service.

Un porte-parole de l’entreprise suédoise a réagi assez fermement auprès de Billboard : « Nous n’avons pas et n’avons jamais crée de « faux » artistes pour les mettre dans les playlists Spotify. C’est catégoriquement faux, arrêtons ça. Nous payons les redevances pour tous les morceaux et pour tout ce que nous ajoutons aux playlists.  »

Il poursuit : « Nous ne possédons pas les droits, nous ne sommes pas un label, toute notre musique est détenue par des ayants-droit et nous les payons tous — nous ne nous payons pas nous-mêmes. »

Les faux artistes cumuleraient près de 520 millions d’écoute

Afin de prouver la véracité de ses accusations, MBW a réagi ce week-end en dévoilant une liste détaillée de 50 artistes considérés comme « faux », des soupçons renforcéés par le fait qu’ils n’apparaissent sur aucun autre service.

Ces « fake » cumuleraient dans l’ensemble, grâce à leur placement stratégique dans les playlists, près de 520 millions d’écoutes, pour un revenu estimé à 3 millions de dollars.

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