Samuel Orson est un artiste auto-produit, qui propose à son public des mélodies simples et relaxantes interprétées avec sa guitare. Combien gagne-t-il grâce à son travail sur le web ? Pas grand chose.

Ce mercredi, dans la section /Music/ de Reddit, un jeune musicien indépendant a décidé de révéler ce qu’il gagne sur chacune des plateformes où il est présent. De Spotify à Bandcamp en passant par Apple Music, le musicien a souhaité détailler sa situation pour donner aux internautes une idée plus claire de l’état actuel de l’industrie musicale. Et surtout permettre de voir comment un musicien indépendant comme lui peut continuer à exercer son art de nos jours.

Il s’appelle Samuel Orson, et nous n’allons pas spécialement parler de sa musique qui n’est pas le sujet, mais bien de ses revenus puisqu’il a décidé de lever tout le mystère sur les pratiques des plateformes de streaming.

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Son témoignage est particulièrement intéressant dans un marché où tous les concurrents pratiquent un tarif quasi similaire (9,99 $), sans pour autant recourir aux mêmes pratiques en matière de redistribution des gains aux artistes.

Comme l’explique Samuel Orson, le système peut s’avère particulièrement opaque pour un indépendant. Certaines plateformes ne communiquent même pas avec lui le nombre d’écoutes qu’il a reçu, ce qui rend particulièrement difficile la tâche de mesurer ses royalties dans le domaine.

En effet, elles recourent à DistroKid pour publier ses œuvres à travers le web et si le service calcule ses recettes, il ne lui permet pas — sauf pour iTunes et Spotify — de connaître les statistiques de consultation ses titres.

iTunes et Bandcamp, les plus honnêtes à ses yeux

Pour commencer, le guitariste explique que ses plus importantes recettes proviennent des ventes iTunes. Sur celles-ci, il conserve 77 % du prix payé par l’internaute, soit 0,77 $, ce qui semble plutôt juste aux yeux d’Orson.

Le musicien, qui propose également ses albums à un prix libre sur la plateforme Bandcamp explique que celle-ci touche un pourcentage est de 15 %, mais en y ajoutant les frais pour Paypal, la recette perçue est proche d’iTunes avec plus ou moins 78 % du prix reversé à l’artiste. Ce pourcentage va ensuite augmenter en fonction de la somme que l’internaute a choisi de payer.

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Dans le détail, pour ses deux albums publiés sur Bandcamp, l’artiste comptabilise 619 téléchargements gratuits de son oeuvre, contre 160 qui ont souhaité payer, pour un total de 1 025 $ remportés, soit 1,31 $ par album. Cela peut sembler très peu mais c’est finalement plus rentable que YouTube.

Le terrible monde du streaming

Ce sont justement les données concernant le streaming qui s’avèrent les plus inquiétantes. Sur Spotify, l’artiste a engrangé 176 448 écoutes pour un total perçu de 706,02 $, soit 0.004 $ par écoute. Même avec un million d’écoutes, Samuel Orson ne remporterait donc que 4 000 $.

Sur YouTube, les chiffres sont encore plus décevants : le musicien a été écouté 356 064 fois et a reçu 145,55 $ grâce à cette activité, soit 0,0004 $ par écoute en ayant activé toutes les options publicitaires. Un million d’écoutes ne rapporterait cette fois au guitariste que 400 $.

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Enfin, voici les résultats compilés par Samuel Orson sur chacune des plateformes qui se refusent à partager son nombre d’écoutes et compliquent donc l’évaluation de leur rentabilité.

  • iTunes Match : 0,29 $
  • Apple Music : 36,44 $
  • Pandora : 0,33 $
  • Deezer : 0,86 $
  • Tidal : 5,49 $
  • YouTube music : 1,00 $
  • [Microsoft] Groove Streaming : 0,09 $
  • [Microsoft] Groove Téléchargements  : 0,70 $
  • Google Play Music Téléchargements : 8,04 $
  • Google Play Music Streaming : 14,03 $
  • Amazon Téléchargements : 28.26 $

Son cas n’est bien sûr pas représentatif de tous les artistes, d’autant que sa situation est singulière puisqu’il n’a pas de label.

S’il en avait un, il devrait partager chacun des revenus précédents avec son major et voir ainsi ses gains encore réduits, en contrepartie des avantages propres au label : promotion, soutien et avance de paiement. Un choix cornélien qui attend chaque artiste souhaitant se lancer dans le monde difficile du streaming.

À lire sur Numerama : Deezer, Spotify, Apple Music, Google Play Music…  : notre comparatif

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