La survie et le succès d'une startup dépendent de sa capacité à s'intégrer dans un écosystème. Slack a choisi, pour continuer sa croissance, de créer son fonds d'investissement pour s'assurer que d'autres sociétés vont créer des services complémentaires au sien.

L’écosystème est un élément vital pour toute entreprise. C’est le terreau qui lui sert à grandir car c’est là qu’elle va puiser ses clients et ses partenaires commerciaux. Les startups sont dans une situation de dépendance encore plus forte, Slack y compris. Cette société propose un service de chat interne à une entreprise, avec une simplicité qui fait son succès. Mais pour éviter qu’un concurrent ne vienne contester sa pertinence, elle se doit de proposer fréquemment des nouveautés pour maintenir l’intérêt des utilisateurs jusqu’à devenir incontournable. Des nouveautés qu’elle ne peut créer elle-même car les applications d’entreprise sont trop spécifiques à chaque organisation.

Slack veut concurrencer Salesforce en devenant le portail de services des entreprises nouvelle génération

Pour inciter d’autres entreprises à créer des services compatibles ou intégrés dans la messagerie Slack, deux étapes sont nécessaires. D’abord la voie classique : ouvrir une API (interface de communication entre logiciels) pour que les développeurs puissent créer de manière autonome de nouvelles applications. Ensuite il faut faire vivre et grandir cette communauté de développeurs, raison pour laquelle Slack lance son fond d’investissement et son App Store. Twitter est un exemple de réussite de création d’écosystème autour de son service. Mais aussi d’échec en ayant décidé de s’en passer par la suite (ce que Jack Dorsey a reconnu).

slack_exemple

En effet, le réseau social a grandi pour devenir le succès que nous connaissons tous grâce à d’autres startups. Celles-ci ont créé à la fois les services manquants et complémentaires de ce réseau social. La lune de miel s’est arrêtée quand la porte s’est brusquement refermée, du fait de Twitter. Suite au rachat de plusieurs services clé (moteur de recherche, tableau de statistiques, outil de collaboration entre autres), le réseau social a décidé de commercialiser l’accès à son API. Un choix effectué pour protéger sa base installée d’utilisateurs et lancer son modèle économique basé sur les publicités.

Twitter a tué la poule aux oeufs d’or en fermant la porte à son écosystème

En agissant de la sorte, la startup a fermé le robinet d’innovation que représentait sa communauté de développeurs. Ce qui n’était pas un problème dans un premier temps en est devenu un par la suite : moins de nouveautés et plus de publicités associés sont devenus un frein à la croissance. Situation qui a fini par éclater au grand jour avec une cotation à la bourse en berne pour Twitter, et un mea culpa de Jack Dorsey qui expliquait cette année qu’il allait ouvrir à nouveau un programme pour les développeurs.

Slack veut devenir le Apple App Store du monde des entreprises

Cette expérience semble avoir été bien analysée par les équipes de Slack pour éviter cette déconvenue. Car avec une valorisation de 2,8 milliards d’euros, il n’est pas question pour les investisseurs de cette startup de prendre des risques. Le fond d’investissement de 80 millions de dollars en est la preuve. Cette initiative démontre son souhait d’attirer encore plus de startups et de transformer le service de messagerie en un portail de services pour les entreprises à la manière du Google Playstore ou de iTunes Store de Apple.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés