En un an, cette intrigante voiture sans permis a attiré environ 6 500 clients en France. Mais la Citroën AMI séduit désormais hors de nos frontières. Après la Belgique, l'Espagne et le Portugal, ce sont maintenant l'Allemagne et le Royaume-Uni qui veulent la faire venir sur leur sol.

La Citroën AMI a fait lever les sourcils à son lancement. Avec son look très particulier et ses matériaux plastiques, il est vrai qu’elle ressemble par certains aspects à un jouet. Cette voiture sans permis 100 % électrique est cependant en train de réussir son pari.

En France, le modèle a été acheté par 6 500 clients en une année. L’Italie a réalisé 2 000 commandes. Depuis peu, l’AMI est accessible également en Belgique, en Espagne et au Portugal. Et la liste s’apprête à s’allonger. Après l’annonce récente d’un lancement en Allemagne (sous la marque Opel), Citroën a révélé, le 22 septembre, que l’Ami serait aussi lancée au Royaume-Uni.

Conduite à gauche même au Royaume-Uni

Plus de 12 000 clients ont manifesté leur intérêt pour Citroën AMI outre-Manche. Pourtant, à la différence de la France, le modèle nécessite là-bas un permis de conduire (permis qui est accessible dès 17 ans).

Il faut désormais voir si toutes les inscrites et inscrits maintiennent leur demande. L’Ami présentera en effet, là-bas, un défaut loin d’être négligeable : elle sera toujours livrée avec le volant à gauche, alors qu’au Royaume-Uni, il est habituellement situé à droite. Depuis le 22 septembre, les Britanniques peuvent en tout cas confirmer leur intérêt pour l’engin en procédant à la réservation, avec un dépôt (remboursable) de £250. Les tarifs définitifs n’ont pas encore été communiqués par Citroën UK.

Citroën Ami personnalisé aux couleurs anglaises // Source : Citroën UK

Il est difficile de dire si nos voisins sont attirés par le côté excentrique du véhicule ou par son tarif modéré. Rouler en AMI attire les regards et la curiosité — nous avons pu le constater lors de notre essai, dans les rues de Paris. À moins que les Britanniques soient plus pragmatiques, et que leur intérêt soit lié aux exonérations de taxes de congestion et de péages urbains, pour accéder à la zone à très faibles émissions de Londres qui s’étend.

Si le Royaume-Uni verra circuler ses premières Citroën AMI dès 2022, l’Allemagne ne sera pas en reste, sauf qu’à la différence des autres marchés, l’engin y sera commercialisé sous la marque Opel.

Une version allemande qui nous rend jaloux

Il y a un mois, Opel annonçait à son tour le lancement de son Opel Rocks-e, un modèle accessible dès l’âge de 15 ans en Allemagne. Et si Rocks-e ressemble à s’y méprendre à Citroën AMI, ce n’est pas un hasard : la base technique est identique.

Opel Rocks-e // Source : Opel Deutschland

Opel a toutefois pu apporter sa touche stylistique, notamment au niveau des coloris. Le résultat final différencie cette Rocks-e de l’AMI, tout en conservant le style atypique de celle-ci — et un peu de l’ADN Opel aussi.

Intérieur de l’Opel Rocks-e // Source : Opel Deutschland

Dans cette finition, l’Opel Rocks-e semble un peu moins enfantine que la version française, et ce choix stylistique n’est pas pour nous déplaire.

Citroën est présent sur le marché allemand et aurait pu y commercialiser l’AMI. Cependant, le groupe Stellantis a décidé de s’appuyer sur la marque du groupe la mieux implantée sur le marché germanophone, pour poursuivre sa conquête d’une nouvelle clientèle sur ce produit. Un choix assez rationnel, qui devrait contribuer à faire tourner l’usine de Kenitra au Maroc, où sont produites l’AMI et la Rocks-e.

Des résultats déjà proches des objectifs fixés par Citroën

Comparées au volume des ventes des voitures personnelles, les 9 000 ventes d’AMI peuvent sembler anecdotiques. Sauf que l’AMI n’est pas une voiture électrique, mais un quadricycle léger à moteur, l’engin rentre donc dans la catégorie des voitures sans permis (VSP). Ce qui permet en France de le conduire dès l’âge de 14 ans.

En 2020, le marché des VSP représentait 15 429 immatriculations pour la France (selon les données du cabinet AAA Data), un chiffre plutôt stable par rapport à 2019. Avec ses 6 500 immatriculations réparties sur 2020 et 2021, les résultats de l’AMI sur notre territoire national constituent un bon démarrage. Le plus important sera de voir si la tendance continue de grimper, ou si l’effet de mode retombe comme un soufflé, comme cela a pu être le cas pour le Renault Twizy.

Au lancement de l’AMI, Citroën espérait un volume de production de 10 000 unités par an, un objectif presque atteint après cette première année. Il sera probablement vite dépassé, si les Anglais confirment leur intérêt pour ce modèle.

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