Londres inaugure une « ULEZ », une zone où les véhicules jugés polluants ne pourront entrer qu'en payant. La mesure doit permettre de lutter contre la pollution de l'air. La capitale britannique n'est pas la première à sauter le pas.

14 euros et 50 centimes : voilà le montant dont devront s’acquitter les conducteurs de véhicules polluants pour entrer dans le centre de Londres. Le 8 avril 2019, la capitale britannique entame une opération baptisée Ultra Low Emission Zone (ULEZ), c’est-à-dire une « zone à très faibles émissions ».

Cette mesure anti-pollution est présentée comme un moyen d’améliorer la qualité de l’air à Londres. Elle est entrée en vigueur dans la même zone que le « London congestion charge », le péage urbain de la ville instauré en 2003. Les restrictions de l’ULEZ sont valables tous les jours — contrairement à l’autre péage qui n’est en vigueur que du lundi au vendredi.

Le péage urbain de Londres. // Source : Transport for London

Quels sont les véhicules concernés ? La ville de Londres exigera le paiement d’un péage quotidien auprès de voitures, de vans, de minibus, de motos ou de camions. La mesure inclut les camions de pompier ou les bus qui circulent avec un contrat établi avec Transport for London (l’organisme responsable des transports en commun dans la ville).

À quelles normes se réfère Londres ?

Pour décider quels véhicules roulants devront s’acquitter de ce péage, Londres se réfère aux normes européennes d’émission (les normes Euro), qui fixent les limites maximales des émissions polluantes. Les voitures fonctionnant à l’essence devront ainsi être, au minimum, conformes à la norme Euro 4 : elle correspond aux véhicules mis en circulation à partir de 2006. Pour les voitures diesel, l’ULEZ dispense de péage les véhicules au minimum conformes à la norme Euro 6 (qui circulent depuis 2015).

Les véhicules aux normes antérieures devront payer le péage, d’un montant de 12 livres et 50 centimes. Cette somme peut monter à 100 livres pour les gros véhicules, comme les camions de plus de 3,5 tonnes et les bus de plus de 5 tonnes. En 2021, « les frontières de l’ULEZ seront étendues pour créer une seule grande zone bordée par les axes circulaires nord et sud », annonce Transport for London. À nouveau, une taxe sera appliquée aux véhicules non conformes aux normes choisies.

L’Allemagne bannit déjà des véhicules pollants

Londres n’est pas la première ville à adopter un tel système. En mai 2018, la ville d’Hambourg en Allemagne a décidé de bannir 214 000 véhicules diesel afin d’améliorer la qualité de l’air. La ville de Francfort est également concernée : en septembre, une décision de justice a conclu que la ville devait bannir certains véhicules (diesel eux aussi). L’interdiction est entrée en vigueur le 1er février 2019.

Le badge apposé sur les fécules en Allemagne. // Source : Wikimedia/CC/Mattes (photo recadrée)

En Allemagne, les zones à faible émission n’ont pas toutes les mêmes limitations. À Berlin, les véhicules diesel doivent actuellement être conformes à la norme Euro 4, comme à Londres. Cependant, la ville prévoie de passer à la norme Euro 6 en juin 2019. À Stuttgart, les véhicules diesel doivent être conformes à la norme Euro 5 depuis le 1er janvier 2019. Dans les deux villes citées, la norme sur les véhicules essence est moins stricte (Euro 1). Plusieurs villes requièrent la présence d’un « badge environnemental » de niveau 4 sur les véhicules, qui renseigne sur le niveau d’émissions (le vert étant attribué aux véhicules les moins polluants).

Pour Londres, cette nouvelle mesure est aussi une manière de réagir face à un enjeu de santé publique. Le 5 avril, l’Imperial College London et le King’s College London ont publié les résultats d’une étude sur la pollution de l’air dans la capitale du Royaume-Uni. Environ 4 personnes, dont un enfant, sont hospitalisés chaque jour à Londres pour cause d’asthme (la maladie étant elle-même entraînée ou favorisée par la pollution).

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