Douze avions 100% électriques capables de transporter plus d'une tonne de marchandises seront bientôt utilisés par le transporteur DHL. Une bascule qui va aider l'entreprise à réduire les émissions carbone de son transport aérien. Est-ce le signe que les avions vont bientôt devenir écolos ? Pas si simple.

Les avions que le transporteur DHL vient de commander sont aux couleurs habituelles de ses véhicules : rouge et jaune. Ces douze nouveaux engins sortent cependant de l’ordinaire : ils sont 100 % électriques. Afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, DHL a en effet annoncé, le 3 août, avoir commandé à l’avionneur Eviation plusieurs de ses modèles d’avions électriques Alice.

Ces modèles qui seront livrés en 2024 peuvent transporter 1,2 tonne de marchandises et effectuer plus de 800 km de trajet entre deux recharges. Les batteries des avions Alice ne prennent que 30 minutes à être chargées. L’opération pourra donc s’effectuer « pendant le chargement ou le déchargement de la cargaison de l’avion », précise le communiqué de l’entreprise.

Les batteries de l’avion électrique Alice peuvent être rechargées en 30 minutes. // Source : DHL / Eviation

Les avions ont un bilan carbone très lourd

La stratégie de DHL est intéressante dans le contexte actuel. Hors production d’électricité, les transports sont en effet le secteur qui génère le plus de gaz à effet de serre. Amener ses émissions à un niveau très proche de zéro est donc indispensable pour atteindre l’objectif zéro carbone en 2050 — qui doit lui-même permettre de maintenir le réchauffement climatique sous un seuil au-delà duquel il pourrait devenir totalement incontrôlable. Dans les transports (de personnes ou de marchandises), cela passera principalement par l’électrification des engins. Poussés par les annonces de changements réglementaires imminents, les constructeurs automobiles sont ainsi de plus en plus nombreux à avoir annoncé une bascule vers le 100 % électrique, autrement dit une date à partir de laquelle ils ne fabriqueront plus aucune voiture thermique.

Le virage écologique sera malheureusement bien plus complexe pour le secteur aérien. Même si les avionneurs sont désormais capables de fabriquer certains modèles d’avion électriques tels que l’Alice commandée par DHL, nous ne sommes pas prêts d’avoir des vols charters sur des avions 100 % électriques.

Un A320 aurait besoin de 300 tonnes de batteries électriques

Le problème qui se pose est celui de la densité énergétique des batteries, très largement inférieure à celle du carburant. Un avion de type A320 qui utilise 30 tonnes de kérosène aurait par exemple besoin de 300 tonnes de batteries électriques pour décoller, alors qu’il ne peut pas en transporter plus de 70. La piste doit bien sûr continuer d’être creusée, tout comme les autres innovations actuellement étudiées par le secteur aérien : engins à propulsion hybride, formes d’avions plus aérodynamiques, etc.  Les biocarburants de 2e génération, récemment vantés avec énergie par le ministre des Transports, sont également une piste à étudier, mais ils sont loin d’être une solution miracle. Vu l’urgence de la crise climatique et les technologies dont nous disposons à l’heure actuelle pour réduire le lourd bilan carbone de l’aérien, il parait cependant indispensable de réduire le nombre de déplacements en avion ainsi que de renouveler les flottes d’engins. Cette dernière solution a un coût élevé, mais elle permet de basculer sur des modèles qui émettent moins d’émissions de gaz à effet de serre.

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