Lors de notre essai du Volvo XC40 Recharge, nous avons été conquis par son interface développée avec Google. Elle donne un aperçu de ce que pourraient être les voitures de demain.

Trop souvent, quand on monte dans une voiture, on se rend compte à quel point les constructeurs ne sont pas toujours à la page en matière de logiciel. Peut-on vraiment leur en vouloir ? Oui et non. Déjà, parce qu’ils n’ont pas le savoir-faire adéquat. Ensuite parce qu’ils se prennent de plein fouet l’évolution numérique, très rapide pour les produits de grande consommation. Aujourd’hui, il y a parfois un gouffre entre l’interface de notre smartphone et celle de notre voiture, en termes d’ergonomie et de confort d’usage.

C’est sans doute ce manque d’expérience dans la tech — software — qui a poussé Volvo à frapper à la porte de Google pour concevoir le système d’exploitation animant son XC40 Recharge — le premier SUV 100 % électrique du catalogue. Ce rapprochement fait sens : le constructeur automobile suédois sous-traite à un expert ce qu’il maîtrise moins pour se concentrer sur ce qu’il sait faire. Et, après un week-end avec le XC40 Recharge, on peut affirmer que l’idée est loin d’être mauvaise.

Les acteurs automobiles ont raison de se rapprocher de ceux de la tech’

L’infodivertissement du XC40 Recharge se base sur Android. On retrouve dès lors une expérience proche d’un smartphone, avec une page d’accueil moderne composée de tuiles, un portail d’applications, un volet de notifications et un accès à un store (Google Play Store, en l’occurence). On peut organiser l’écran à sa guise et supprimer des applications en un glissement de doigt (comme sur un smartphone). L’écran tactile, qui prend la forme d’une tablette de 9 pouces disposée au format portrait, est réactif à défaut d’offrir une qualité d’affichage irréprochable (certains logos sont pixelisés). Les paramètres plus techniques de la voiture — puissance du frein régénératif par exemple — demeurent rangés dans un onglet copieux. Mais il est difficile de faire autrement sur ce point (et on y va peu, finalement).

L’expérience à bord du XC40 Recharge est pensée pour être pilotée à la voix. Encore une fois, Volvo a bien fait de se tourner vers Google, dont l’Assistant fait figure de référence sur le marché et sera toujours plus pertinent qu’une solution maison (exemple : l’assistant vocal de Mercedes). Une fois confortablement installé derrière le volant, il vous suffira de prononcer ‘Ok Google, aller à Paris’ pour que Google Maps se lance avec le bon itinéraire.

Vous n’avez pas assez d’autonomie pour arriver à destination ? La navigation intègre un planificateur intelligent, qui propose des arrêts à des bornes en cas de besoin (priez juste pour que les bornes soient opérationnelles). Quand elles fonctionnent, les commandes vocales apportent un surplus de sécurité évident : plus besoin de quitter les yeux de la route, il suffit de parler.

Source : Louise Audry pour Numerama

L’accès à Google Play Store permet de télécharger des applications que l’on utilise déjà sur un smartphone ou une tablette. Toutefois, il y a encore des absents (on n’a pas trouvé Waze ou Apple Music). N’espérez pas installer Netflix ou YouTube, puisque les plateformes vidéo ne sont clairement pas conseillées quand on conduit. On imagine que des mises à jour permettront d’améliorer/ajouter des applications, ce qui permettra de personnaliser un peu plus l’infodivertissement. En tout cas, Volvo a déjà promis des mises à jour distance (l’une d’elles apportera Apple CarPlay).

Il y a fort à parier que de plus en plus de constructeurs se tourneront vers les géants de la tech’ pour animer l’intérieur de leurs voitures. On peut par exemple envisager une interface iOS adaptée à la voiture (le fameux Project Titan ?). C’est le sens de l’histoire : quand les véhicules deviendront 100 % autonomes, il faudra que les expériences à bord soient réussies. En faisant confiance à des entreprises qui savent déjà comment divertir leurs utilisateurs, les acteurs automobiles s’enlèvent un sacré poids. En parallèle, on peut déjà constater que certaines multinationales font un appel du pied pour s’immiscer sur le marché des voitures. En témoignent Sony et son prototype servant de vitrine pour ses technologies. « Nous réfléchissons à comment mieux utiliser notre temps de trajet  », prétend l’entreprise japonaise. En s’alliant déjà à Google, Volvo prend donc un peu d’avance.

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