La nouvelle Model S et le nouveau Model X de Tesla sont équipés d'un demi-volant futuriste, privé de comodos. Sera-t-il homologué en France ? On peut en douter.

Tesla a complètement modifié l’habitable de la Model S et du Model X. Outre l’écran désormais disposé au format paysage, on découvre un volant 100 % inédit — inspiré de celui du futur Roadster. Il est baptisé Yoke et arbore un design étrange, dépourvu des habituels leviers (pour actionner le clignotant, par exemple). Il ne ressemble pas à un cercle, mais à un rectangle qui rappelle un volant de course (comme celui d’une Formule 1). Selon les détails obtenus par Electrek le 27 janvier, il rassemble plusieurs innovations intéressantes.

Ce volant qui ne ressemble à aucun autre sera-t-il homologué en France ? Rien n’est moins sûr, puisque la réglementation est plus stricte qu’aux États-Unis. « Toutes les spécifications sont indiquées pour les modèles américains, les spécifications des modèles européens seront disponibles à l’approche des premières livraisons  », indique d’ailleurs Tesla dans son communiqué. C’est une preuve qu’il y a un flou à ce sujet et que le dispositif est susceptible d’être adapté à notre marché. Le problème se pose aussi pour le pickup Cybertruck, à la silhouette très atypique.

Le nouvel intérieur de la Model S // Source : Tesla

Le nouveau volant révolutionnaire de Tesla

« Attention ultime sur la conduite : pas de levier, pas de changement de vitesse  », vante Tesla à propos de son nouveau volant, pensé pour supprimer les comodos. Cela permet d’épurer encore plus l’habitacle. Toutes les actions possibles — feux, clignotants, essuie-glace, assistant vocal — sont possibles grâce à des zones tactiles avec retour haptique. Est par ailleurs évoquée l’intégration d’une intelligence artificielle qui permettrait de faciliter la vie à celle ou celui qui conduit.

En regardant ce volant, on imagine déjà que certaines manœuvres seront moins aisées (exemple : un demi-tour, qui nécessite de tourner le volant en lâchant les mains). D’ailleurs, selon les textes européens, le volant « doit garantir un contrôle simple et sécurisé du véhicule jusqu’à sa vitesse maximum  ». Le volant de la Model S et du Model X risque en prime de bousculer les habitudes, puisque l’on apprend à conduire avec un volant circulaire. Celui des futures Tesla va imposer une nouvelle gymnastique au niveau du placement des mains. Cela peut devenir dangereux, le temps de s’acclimater et dans certaines situations. 

Le nouveau volant de la Model S // Source : Tesla

Tesla entend s’appuyer sur l’Autopilot et une intelligence artificielle pour, par exemple, sélectionner automatiquement le bon mode de conduite. Un document interne obtenu par Electrek stipule : « La voiture utilise les capteurs de l’Autopilot pour déterminer automatiquement le bon mode de conduite et le sélectionner. Par exemple, si l’avant du véhicule fait face à un mur, elle va le détecter et automatiquement passer en marche arrière une fois que le conducteur aura appuyé sur la pédale de frein. Cela élimine une étape de plus pour les propriétaires des voitures de production les plus intelligentes du monde. » Pour ne pas bousculer trop vite les habitudes des gens, Tesla a intégré un sélecteur de modes de conduite au niveau de la console centrale, sous les stations de recharge par induction. 

Ces évolutions apportées par Tesla correspondent à cette volonté de tendre de plus en plus vers la conduite autonome, ou tout du moins plus automatisée (volant puis demi-volant puis plus de volant du tout). Néanmoins, on a vu l’Europe prendre la décision de rendre l’Autopilot moins efficace par rapport à tout ce qu’il peut faire aux États-Unis. Dès lors, on ne voit pas comment ce demi-volant futuriste pourrait être autorisé.

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