Tesla est le premier constructeur à annoncer que sa production de l’usine de Berlin va être suspendue à cause des tensions en Mer Rouge. Mais cela ne restera peut-être pas le seul constructeur concerné par des problèmes d’approvisionnement.

L’industrie automobile commençait probablement à imaginer la fin des pénuries de composants. Même si tous les feux ne sont pas encore au vert dans toutes les usines, le gros des difficultés semblait faire partie du passé. Enfin, jusqu’à ce qu’un nouveau conflit perturbe le transport maritime entre l’Asie et l’Europe, ce qui pourrait rapidement avoir des conséquences sur la production des voitures.

Batteries, semi-conducteurs ou autres équipements et matériaux proviennent encore massivement d’Asie pour alimenter les usines européennes d’une bonne partie des constructeurs. L’expérience de la pandémie nous a appris à quel point le moindre grain de sable peut rapidement avoir pour conséquence un arrêt de la production. C’est notamment ce que Tesla vient d’annoncer à Reuters ce 12 janvier.

Des cargos attaqués qui doivent éviter la zone

Les attaques violentes de cargos en mer Rouge par des militants houthis, soutenus par l’Iran, ont poussé les armateurs à fuir la zone et à changer de route maritime. Les cargos sont invités à éviter le canal de Suez pour privilégier un contournement du continent africain par le Cap de Bonne-Espérance. Un détour qui rallonge la durée de transport d’une dizaine de jours et fait gonfler la facture de carburant.

Cargo porte-containers // Source : Viola - Pixabay
Des trajets à rallonge pour les cargos porte-containers // Source : Viola – Pixabay

Ce délai supplémentaire n’est pas forcément neutre pour la production automobile. Les constructeurs fonctionnent beaucoup sur des approvisionnements en « just in time » – ce qui signifie qu’il n’y a pas ou peu de stock tampon – le moindre contretemps peut entrainer des blocages ou ralentissement de la production faute de pièces.

15 jours d’arrêt pour la Gigafactory Tesla de Berlin

L’usine Tesla de Berlin va suspendre sa production de Model Y du 29 janvier au 11 février 2024. Tesla a fait une déclaration indiquant que c’est la conséquence du conflit dans la Mer Rouge et précisant à Reuters ce 12 janvier que : « Les temps de transport considérablement plus longs créent un décalage dans les chaînes d’approvisionnement. »

Gigacast de Model Y  // Source : Tesla
Gigacast de Model Y // Source : Tesla

Est-ce la seule raison de cet arrêt de la production allemande de Tesla ? Il est toujours possible de douter des déclarations d’une marque. L’impact sur le trafic maritime du conflit en mer Rouge pourrait aussi masquer le manque de pièces en provenance de l’usine suédoise Hydro qui produit des équipements pour les Model Y et qui sont en grève solidaire avec les employés Tesla de Suède.

Des perturbations à prévoir ailleurs ?

Interrogé par Bloomberg, un porte-parole de BMW a indiqué au média que l’entreprise n’avait actuellement pas de problèmes d’approvisionnement et que la production se déroulait normalement. Cette déclaration valable pour l’instant T ne signifie pas que le constructeur allemand ne sera pas touché ultérieurement, notamment si le conflit en Mer Rouge venait à perdurer. La situation sera particulièrement à observer chez Volkswagen, Stellantis, Renault, qui ont des volumes de production supérieurs à BMW.

Tesla pourrait être en tout cas le premier constructeur à alerter d’un problème à venir pour l’ensemble des constructeurs implantés en Europe. Ce ne serait pas la première fois que la marque américaine alerteraient l’industrie et les médias des difficultés à venir.

La gestion des pénuries fait partie intégrante du quotidien des constructeurs automobiles. Pour ne rien manquer sur ces sujets de société liés à la mobilité électrique, abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire Watt Else.


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