Il ne fait aucun doute que le Tesla Cybercab n’a pas vocation à se cantonner à l’Amérique du Nord. De là à l’imaginer en production dans la Gigafactory de Berlin dans un avenir proche, il y a quand même plusieurs obstacles de taille à franchir avant. Cela n’empêche pas le constructeur d’avancer sur le sujet et de publier une annonce qui peut difficilement concerner autre chose que ce véhicule, comme l’a signalé le média Electric Vehicles le 4 mars 2026.
Entre cette annonce, certaines déclarations d’Elon Musk et l’évolution du contexte industriel autour de l’usine allemande, un faisceau d’indices semble confirmer les projets de Cybercab pour l’Europe. Pour l’instant, Tesla n’a rien confirmé officiellement.
Robotaxi ou Cybercab : qu’y a-t-il dans cette offre d’emploi de Tesla ?
Un léger doute subsiste. Le titre de l’annonce de recrutement mentionne : « Véhicules autonomes Robotaxi », et non directement Cybercab. Il existe une certaine distinction (aux frontières floues) entre le service de Robotaxi actuellement exploité par Tesla, généralement sur la base de Tesla Model Y, et son futur modèle dédié nommé Cybercab, dont la production vient de débuter au Texas.
La force de Tesla avec ses premiers tests de robotaxis aux États-Unis, c’est qu’il ne s’agit pas de véhicules modifiés spécialement pour cette activité. La marque joue justement sur le fait qu’il s’agit des mêmes véhicules que les clients peuvent acheter auprès de la marque, avec la technologie de conduite autonome Full Self-Driving (FSD) supervisé. Il serait donc étrange qu’un tel recrutement concerne un modèle qui n’est pas censé être modifié spécifiquement. Voilà qui laisse donc supposer que ce premier recrutement concerne bien le futur Cybercab.

Le constructeur recherche donc pour son site de Berlin un ingénieur expérimenté en conception électrique spécialisé dans les véhicules autonomes, chargé notamment de développer des cartes électroniques. Ce poste est rattaché à l’équipe « Low Voltage Hardware » (matériel basse tension), responsable des circuits qui pilotent de nombreux systèmes du véhicule : capteurs, actionneurs, direction, éclairage ou encore climatisation.
Tesla ne recrute pas seulement pour développer du logiciel. L’entreprise semble travailler sur l’architecture matérielle d’un véhicule autonome destiné au marché européen. Et dans l’univers Tesla, lorsqu’un recrutement très spécifique apparaît sur un site industriel, cela précède souvent une nouvelle ligne de production.
Elon Musk a déjà évoqué le Cybercab à Berlin, mais à une condition
Lors d’une interview interne à propos de la Gigafactory de Berlin, Elon Musk a évoqué l’idée d’y produire plusieurs nouveaux produits. En plus de l’assemblage de batteries 4680, l’usine pourrait accueillir la production du camion Semi, du robot humanoïde Optimus, mais aussi du Cybercab.
L’expansion de l’activité de l’usine était quand même conditionnée. Elle dépendait des résultats du bras de fer entre Tesla et le syndicat allemand IG Metall. La menace était à peine voilée, pour influencer le vote des employés de l’usine. Si IG Metall remportait l’élection du comité d’entreprise, ces projets pourraient ne pas voir le jour. Apparemment, le message a été bien reçu, puisque IG Metall n’a pas remporté l’élection, la liste du syndicat étant arrivée en deuxième place. Ce qui permet à Tesla d’être beaucoup moins freiné dans ses projets.
Un autre obstacle de taille : la réglementation
Le principal obstacle n’est ni syndical, ni industriel, mais réglementaire. Le Cybercab repose entièrement sur la technologie de conduite autonome de Tesla, sans volant ni pédales. Or, cette technologie n’est toujours pas autorisée en Europe dans sa forme la plus avancée.

Tesla espère obtenir prochainement une première validation réglementaire pour son système Full Self-Driving supervisé, notamment via les autorités néerlandaises. Et malgré les annonces d’Elon Musk se voyant déjà gagner cette bataille, rien n’est fait. Cela l’est d’autant moins pour le Cybercab. Même si l’entreprise obtient l’autorisation pour la technologie FSD, qui ne repose que sur les caméras et l’IA du véhicule, cela n’autorisera pas automatiquement l’arrivée du Cybercab. En l’absence de volant et de pédales, c’est encore une autre déclinaison de la réglementation à laquelle Tesla n’a pas vraiment cherché à se conformer, cela pourrait donc bloquer.
En bref, Tesla prépare peut-être déjà le terrain industriel pour l’arrivée du Cybercab et son adaptation à l’Europe. Mais tant que la réglementation européenne n’évolue pas, produire son Cybercab autonome sur le continent resterait surtout un pari sur un avenir très incertain.
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