Volkswagen utilise des salles d’escape game pour former les employés à mieux appréhender la transition vers les véhicules électriques. L’idée semble un peu étrange, mais cela semble fonctionner.

Quand on pense « formation », on imagine souvent des personnes assises derrière un bureau à écouter un professeur dérouler son texte devant des élèves. Cette image de la formation ennuyeuse, qui perdure, semble faire partie du passé chez Volkswagen. Relayé par Bloomberg le 21 février, on découvre que le constructeur allemand a décidé de former ses employés en utilisant des méthodes beaucoup plus ludiques et immersives, comme… un escape game.

L’usine de Wolfsburg s’est ainsi équipée de salles de jeu d’évasion pour réaliser la formation de pas moins de 22 000 employés du site de production. Ces « eMotionRoom » ont été développées pour accompagner la reconversion des employés de l’usine. C’est une manière d’aider, de manière divertissante, à tourner la page du moteur thermique pour passer à la mobilité 100 % électrique.

Un escape game sur-mesure qui amène les employés du 19e siècle au futur de la mobilité

Comme n’importe quelle salle de jeu d’évasion pour le grand public, les employés doivent résoudre divers problèmes et énigmes en 20 minutes. Les employés sont associés par groupe de 4 personnes. Ils ont trois univers différents à parcourir pour achever cette partie de leur formation. 

Une partie de l'énigme de l'eMotionRoom  // Source : Volkswagen
Une partie de l’énigme de l’eMotionRoom // Source : Volkswagen

Le jeu va les entrainer dans un voyage dans le temps.

  • La première salle d’énigme va plonger les salariés dans l’ambiance du 19e siècle, avec les tout premiers moteurs électriques.
  • La deuxième salle reprendre des énigmes autour de l’histoire de l’usine de Wolfsburg avec sa production actuelle de véhicules à moteurs thermiques.
  • Enfin, la troisième et dernière salle les projettera sur l’avenir de la conduite.

Comme dans un vrai escape game, deux animateurs seront présents pour guider les équipes les moins à l’aise avec les épreuves. Il n’est cependant pas précisé ce qu’il se passe avec les employés qui n’ont pas résolu les mystères des différentes salles dans le délai imparti.

À travers ces différentes salles, Volkswagen veut rassurer les employés de production sur leur avenir. La dimension psychologique et l’acceptation du changement est nécessaire pour passer à l’étape d’après. « Ces concepts sont notre clé pour une transformation réussie. Plus notre monde devient numérique, plus les compétences de notre équipe deviennent cruciales pour notre compétitivité », a déclaré Gunnar Kilian, membre du conseil d’administration pour les ressources humaines,

Inauguration de l'escape game Volkswagen à Wolfsburg // Source : Volkswagen
Inauguration de l’escape game Volkswagen à Wolfsburg // Source : Volkswagen

« L’idée s’est avérée extrêmement populaire »

Volkswagen n’en est pas à son coup d’essai. L’usine de Zwickau, qui a été une des premières à accueillir la production des véhicules 100 % électriques du groupe, et celle d’Emden, ont déjà expérimenté la même méthode. Les scénarios ont été un peu modifiés, notamment pour la deuxième salle du jeu, pour s’adapter à l’histoire de Wolfsburg, mais le principe reste identique.

Gerardo Scarpino, vice-président du comité général d’entreprise, a commenté : « Le principe de l’eMotionRoom a déjà rencontré un écho très positif auprès de nos employés à Zwickau. L’idée s’est avérée extrêmement populaire – c’est pourquoi nous l’avons également incluse pour Wolfsburg. La transition vers l’e-mobilité ne peut se faire qu’avec nos collègues. Les faire participer, les inspirer et les former est absolument crucial pour notre réussite collective. C’est parce que nous ne pouvons maîtriser la transformation qu’ensemble — et la eMotionRoom est une pièce essentielle du puzzle. »

L’usine de Wolfsburg va continuer à assembler des véhicules thermiques. Dans un premier temps, seuls 1 200 salariés vont être basculés sur les chaînes de production de la nouvelle ID.3. Tous les employés sont quand même formés pour mieux appréhender l’avenir. L’inquiétude de fermeture d’usines, amplifié par les décisions de Ford de fermer une usine en Allemagne, rend nécessaire cet accompagnement.


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