Le ministre en charge du numérique en Ukraine fait savoir que les premiers kits de connexion par satellite Starlink sont arrivés.

La livraison a été extrêmement rapide compte tenu de la situation sécuritaire sur le terrain. Deux jours après son appel à l’aide passé sur Twitter, Mykhailo Fedorov a fait savoir dans la soirée du 28 février que les premières livraisons de kits de connexion à Starlink ont bien été réceptionnées par les Ukrainiens, et qu’elles pourront très bientôt être déployées dans le pays.

Une photo partagée par le vice-premier ministre et ministre de la Transformation numérique de l’Ukraine montre un camion chargé de boîtes, chacune contenant un kit de connexion Starlink. Ces appareils sont vendus d’ordinaire 500 euros l’unité, un prix qui n’inclut pas les frais d’envoi et de service (59 euros) et l’abonnement, qui est annoncé à 99 euros par mois.

Le tweet du vice-ministre ukrainien ne précise pas combien de kits ont été livrés le 28 février, même si on peut deviner que le camion en compte au moins quelques dizaines. Il n’est pas non plus indiqué combien de camions il a fallu pour livrer toutes les boîtes, ni s’il y aura d’autres arrivages dans les jours et dans les semaines qui viennent.

Un kit de connexion Starlink comprend une parabole satellitaire, un routeur Wi-Fi, un bloc d’alimentation, un trépied et des câbles.

Les conditions dans lesquelles ces appareils ont été transmis à l’Ukraine ne sont pas données.

Des stations au sol permettent à Starlink de fournir un accès Internet en Ukraine si besoin

L’hypothèse la plus probable est qu’il s’agit d’un don de SpaceX (l’opérateur qui gère le service Starlink) ou bien d’Elon Musk. Depuis le début de l’invasion, de nombreuses entreprises ont consenti à des gestes en faveur de l’Ukraine : la SNCF a ainsi annoncé la gratuité des transports pour les réfugiés et les opérateurs français qui ont réduit ou supprimé les frais d’appel.

Starlink parabole antenne
Une parabole Starlink sur un toit. // Source : Starlink

Les kits livrés pourraient sembler insuffisants en cas de déconnexion massive du pays, résultant d’une cyberattaque ou bien d’un effondrement du réseau causé par le conflit, mais ils peuvent apporter une solution ponctuelle dans certains quartiers pour rétablir les communications, en permettant en outre à plusieurs personnes de se connecter en même temps sur le même réseau Wi-Fi.

Cela permettrait aussi de contrer d’éventuels actes de censure. D’une certaine façon, cela peut rappeler le mouvement Telecomix en faveur d’un accès à Internet dans des pays comme la Palestine ou l’Égypte. Les hacktivistes s’étaient notamment illustrés lors du Printemps arabe en s’efforçant de mettre à disposition des internautes des solutions pour se connecter.

Le 26 février, Elon Musk a annoncé l’ouverture de Starlink en Ukraine. Cela étant, le service a beau exploiter des milliers de satellites pour apporter Internet par l’espace, il a quand même besoin d’infrastructures au sol pour envoyer justement les données aux satellites, et ceux-ci vont ensuite les renvoyer vers les internautes. Le chemin inverse est emprunté pour renvoyer des données.

Le fait qu’il n’en existe aucune en Ukraine, mais il en existe cinq en Europe qui sont assez près pour couvrir globalement tout le pays : on trouve une station en Turquie près d’Istanbul, une autre en Pologne, à plusieurs dizaines de kilomètres de Varsovie et une autre en Lituanie, près de la commune de Kaunas. Les deux autres sont à Sofia, en Bulgarie.