Google a officialisé ses nouveaux smartphones maison. Les Pixel 6 et 6 Pro embarquent une fiche technique haut de gamme et une puce mobile développée en interne par Google. Une petite révolution qui ouvre de nombreuses possibilités.

Alors qu’on les attendait pour la rentrée, Google a dévoilé le 2 aout 2021 ses tout derniers téléphones faits maison. Dans un fil Twitter, l’entreprise a donné de nombreuses informations sur les Pixel 6 et Pixel 6 Pro, des téléphones résolument haut de gamme qui sont censés embarquer ce que Google sait faire de mieux.

Fiche technique

Dans un entretien accordé au site The Verge, Rick Osterloh, le responsable produit de chez Google avoue d’emblée que si les années précédentes Google « n’avait pas ce qu’il fallait pour s’inscrire sur le marché haut de gamme […] cette année ce sera différent. »

À la lecture de la fiche technique, difficile de douter de ces affirmations.

Pixel 6  Pixel 6 Pro
Écran OLED 6,4 pouces Full HD+ Écran OLED 6,7 pouces QHD+
Taux de rafraichissement 90 Hz Taux de rafraichissement 120 Hz
Deux modules photos : Grand angle + Ultra grand angle Trois modules photo : Grand angle + Ultra grand-angle + Zoom 4x
Puce Google Tensor Puce Google Tensor

Le reste de la fiche technique est encore un mystère que Google dévoilera sans doute en septembre ou octobre prochain, avec le prix (élevée) des deux appareils. Ce que l’entreprise a vraiment voulu mettre en avant c’est sa toute nouvelle puce Tensor qui pourrait bien donner un avantage certain à ses deux smartphones.

C’est quoi un SoC ? Pourquoi c’est important ?

Dans le monde mobile, la puce (ou SoC pour System on a Chip), est le cerveau de l’appareil. En plus d’embarquer le processeur qui va fournir la puissance brute de l’appareil, le SoC va aussi s’occuper du traitement photo, des connexions réseau, de la partie graphique… bref c’est une pièce critique dans le développement d’un smartphone. Et pour la première fois, Google vient de développer sa propre solution.

Jusque là, l’entreprise achetait ce composant chez Qualcomm qui développe la fameuse plateforme Snapdragon.  Les Pixels 6 marquent donc un changement de taille pour Google puisque le Tensor était « en construction depuis 4 ans » selon le PDG de Google. En intégrant une puce maison dans un smartphone maison, Google se rapproche du modèle Apple.

Le SoC Made in Google // Source : Sundar Pichai — Twitter

Le constructeur d’iPhone embarque des puces maison dans ses téléphones depuis longtemps. C’est une des pierres angulaires de la stratégie « d’intégration verticale » qui veut que le logiciel et le matériel soient tous développés par la même entreprise. On a récemment vu ce que cette approche pouvait donner avec l’excellente puce Apple Silicon M1.

Google se retrouve donc dans la même situation puisque l’entreprise s’occupe à la fois du système d’exploitation (Android) et du matériel.

Qu’est-ce que cela va changer ?

Maitriser la construction d’un élément aussi vital que le SoC offre de nombreux avantages. Premièrement cela permet d’optimiser le système d’exploitation pour qu’il tire parfaitement parti de toute la puissance offerte par le composant. Cela permet d’avoir un volet logiciel et matériel qui fonctionnent de concert pour offrir une expérience plus fluide et plus efficace.

Deuxièmement, cela permet à Google d’avoir plus de contrôle sur l’avenir de son téléphone. Si un téléphone est équipé d’une puce Snapdragon que Qualcomm ne maintient plus à jour, alors il ne peut plus passer aux versions supérieures d’Android. En gardant la main sur ce composant, Google pourrait offrir un meilleur suivi logiciel pour ses Pixels. Et c’est tant mieux puisque l’entreprise est dépassée sur ce point-là.

Enfin, l’intégration de cette puce Tensor pourrait améliorer les capacités photos des Pixels qui excellent déjà dans cette catégorie. En ayant la main sur le circuit, Google peut optimiser toutes les étapes du traitement photo et offrir des fonctionnalités jusqu’ici plus difficiles à implémenter. Dans un test auquel The Verge a pu assister, le Pixel 6 a appliqué un traitement HDR à chaque image d’une vidéo (4K à 30 images secondes) pour un résultat plus réussi que sur les anciens Pixels qui étaient désormais dépassés en vidéo. Ce procédé est facilité par la maitrise que Google a sur sa puce.

L’IA évidemment

Enfin, puisqu’il n’est plus possible de sortir un smartphone sans parler d’intelligence artificielle aujourd’hui, les Pixels et leur puce Tensor vont améliorer ce point-là aussi. D’après Rick Osterloh, la puce des appareils permet « d’appliquer des modèles d’apprentissage machine professionnel sur le téléphone ». Les commandes vocales, la traduction à la volée, le sous-titrage, tous ces aspects devraient être plus efficaces puisque traités en local sur la mémoire du téléphone.

Avec la puce Tensor, Google a enfin la main sur tous les composants critiques de ses téléphones et peut enfin venir concurrencer Apple à armes égales.

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