Alors que des supporters de Donald Trump ont envahi le Capitole américain, Twitter a déployé un nouvel avertissement sous les tweets du président sortant. Mais refuse toujours de suspendre ou supprimer son compte.

Mise à jour : Twitter a semble-t-il décidé de changer d’approche. Comme on peut le constater sur le fil de Donald Trump, trois messages ont été supprimés par le réseau social (deux notifications peuvent être vues dans la capture ajoutée ci-dessous). Il s’agit bien d’une modération de la part du site, puisqu’un message que Donald Trump aurait effacé lui-même n’aurait pas laissé une trace.

Twitter a tenté de réagir ce 6 janvier 2020, alors que des milliers de supporters pro-Trump, dont certains sont armés, ont envahi le Capitole américain. Quelques heures plus tôt, le président sortant a encouragé, dans un discours, leur rassemblement devant le siège du Congrès américain.

Sous trois récents gazouillis de Donald Trump, on peut lire un nouveau message d’avertissement : « Ces accusations de fraude électorale sont contestées, et il est impossible de répondre, liker ou retweeter ce tweet, à cause d’un risque de violence. » Il reste toutefois possible de citer le tweet en question pour le partager.

Ce n’est pas la première fois que Twitter bride des tweets de Donald Trump, mais c’est la première fois que la notion de «  risque de violence » est utilisée.

L’un des tweets concernait son vice-président Mike Pence, qui a récemment décidé d’accepter sa défaite à l’élection présidentielle de novembre, le deuxième étant une vidéo surréaliste d’une minute dans laquelle il s’adresse, à 22h17 (heure française) aux personnes qui ont envahi le siège du Congrès américain. Il les enjoint à «  rentrez chez eux », mais continue de s’indigner d’une prétendue fraude électorale.

«  Nous avions une élection qui nous a été volée », peut-on l’entendre dire, avant de répéter : « Rentrez chez vous, nous vous aimons, vous êtes très spéciaux », s’adressant à ses supporters en train de mener ce que le futur président Joe Biden a qualifié « d’insurrection », un terme désormais également repris par des médias comme CNN.

Capture d’écran sur Twitter le 6 janvier 2020

Le troisième tweet a été publié aux alentours de minuit (heure française) : il y maintient son affection pour ses partisans responsables de l’insurrection, expliquant leur geste en affirmant que « ce sont les choses et événements qui arrivent lorsqu’une victoire lors d’une élection sacrée est retirée si vicieusement des mains de magnifiques patriotes qui ont été mal traités depuis si longtemps. » Ce tweet était également toujours en ligne à minuit.

Twitter doit-il suspendre le compte de Donald Trump ?

Plusieurs observateurs, activistes et journalistes ont demandé à Twitter de réagir bien plus fermement en supprimant tout bonnement le compte du président sortant qui a directement incité ses partisans à « se rendre au Capitole », et refusé de condamner leurs actions.

S’adressant au PDG Jack Dorsey, la journaliste Kara Swisher, très respectée dans le monde de la tech, a asséné : « Si vous ne suspendez pas le compte Twitter de Donald Trump au moins jusqu’à demain, vous serez également responsable de l’attaque de cette foule contre le Congrès. Je suis désolée, mais il a nourri cette incitation à la violence depuis des jours, en utilisant en grande partie vos outils, et vous devez agir maintenant. »

Chris Sacca, un ancien investisseur de Twitter, est allé beaucoup plus loin, affirmant que Jack Dorsey et Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, auraient du « sang sur les mains », pour avoir « rationalisé cette terreur pendant quatre ans ».

Will Oremus, un autre journaliste, a quant a lui partagé une réponse qu’il a obtenue de Twitter, qui l’a prévenu que ses équipes «  essaient de protéger le discours public qui a lieu en ce moment sur sa plateforme » et « prendront des actions contre toutes les violations de ses règles ». « Soyons bien clairs, les menaces et appels à la violence n’ont pas leur place sur Twitter », peut-on lire dans le communiqué de Twitter.

Pourtant, la vidéo du discours de Donald Trump, qu’il a publiée trois heures plus tôt, est toujours accessible.

D’après une journaliste du site Protocol, YouTube aurait pris une décision différente de Twitter en supprimant complètement le récent communiqué-vidéo de sa plateforme, à cause des accusations fallacieuses de fraude électorale.

Facebook a quant à lui changé d’avis : après avoir gardé en ligne la vidéo de Donald Trump, affublée d’un avertissement, celle-ci a finalement été retirée. «  Il s’agit d’une situation d’urgence, et nous prenons les mesures d’urgences appropriées », a expliqué Guy Rosen, responsable de « l’intégrité » chez Facebook.

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