La maison-mère de l'application TikTok, ByteDance, dit avoir sollicité la justice parce qu'elle n'a plus eu de nouvelles des autorités américaines depuis quelques temps. Or, des discussions étaient en cours avec elles pour trouver une porte de sortie à un éventuel bannissement du logiciel aux USA à partir du 12 novembre.

L’administration Trump, toute entière concentrée à contester les résultats de l’élection présidentielle américaine, a-t-elle oublié sa croisade contre TikTok ? En principe, une échéance doit expirer le 12 novembre, avec à la clé des sanctions encore plus sévères contre la célèbre application mobile. Mais d’après sa société mère, ByteDance, elle n’a plus de nouvelles de Washington depuis un moment.

Sur le papier, il était prévu de contraindre l’entreprise chinoise ByteDance de céder ses actifs internationaux (à savoir, TikTok, puisque l’équivalent de cette application pour le marché chinois s’appelle Douyin) pour des raisons de sécurité nationale. Faute d’accord satisfaisant trouvé d’ici le 12 novembre, il est prévu que les États-Unis bannissent TikTok du territoire américain, avec un blocage complet.

TikTok
L’enjeu est de taille pour TikTok : le CFIUS pourrait entraîner le bannissement complet de l’application mobile aux USA. // Source : Solen Feyissa

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

Or dans un communiqué adressé à The Verge le 10, ByteDance affirme ne plus avoir eu de nouvelles du comité pour l’investissement étranger aux États-Unis (CFIUS), un organe interministériel rattaché à l’administration américaine dont la mission est de surveiller les acquisitions de sociétés américaines par des investissements étrangers. Selon ByteDance, le CFIUS est muet depuis des semaines.

C’est cette instance qui a fixé la date du 12 novembre. Dans son ordonnance, il était prévu la possibilité de repousser de trente jours cette date butoir. ByteDance dit avoir déposé une requête en ce sens, mais n’a eu aucun retour du CFIUS depuis. D’où sa décision de saisir la justice pour lui demander de se pencher sur ce blocage et, potentiellement, de se prémunir d’un bannissement surprise.

Donald Trump drapeau USA
C’est Donald Trump qui a enclenché les hostilités en août, mais ces dernières semaines le président américain s’est visiblement détourné du dossier pour ne penser qu’à sa réélection. // Source : Tia Dufour

« Pendant un an, TikTok s’est engagée activement et de bonne foi avec le CFIUS pour répondre à ses préoccupations de sécurité nationale, même si nous ne sommes pas d’accord avec son évaluation  », rappelle ByteDance. « Nous avons proposé des solutions détaillées […], mais nous n’avons reçu aucun retour substantiel sur notre vaste cadre de protection de la sécurité et de la confidentialité des données ».

L’incertitude autour de l’avenir américain de TikTok  est d’autant plus grande que les USA sont entrés depuis le 7 novembre dans une séquence étrange, où l’administration Trump est en principe tenue à se limiter aux affaires courantes jusqu’au 20 janvier 2021, afin de préparer la transition vers l’administration Biden. Or, l’exécutif en place ne reconnaît pas l’issue du scrutin et parait décidé à continuer à gouverner.

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