Christophe Castaner a affirmé qu'il y avait trois raisons pour lesquelles les attestations sur smartphone ont été interdites : les risques pour vos données personnelles, les risques hygiéniques pour les forces de l'ordre et le fait que cela faciliterait un peu trop les sorties des Français. Il n'y aura pas d'application spécifique non plus de développée par le gouvernement.

Mise à jour du 2 avril 2020 : Le gouvernement a annoncé qu’il y aurait finalement la possibilité d’utiliser une attestation sur smartphone, disponible dès lundi 6 avril sur le site du ministère de l’Intérieur. Il s’agira d’un formulaire à remplir sur le site qui génèrera un QR code qui pourra être scanné par les forces de l’ordre.

Article du 19 mars 2020 :

Il n’y aura pas de « laisser-passer » que l’on pourrait télécharger facilement sur un téléphone portable, a confirmé Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, au cours d’une interview à TF1 le mercredi 18 mars au soir.

Le gouvernement a connu quelques couacs depuis la mise en place du confinement obligatoire des Français, lundi 16 mars à midi. En cause : des informations contradictoires sur la possibilité d’utiliser uniquement son smartphone pour remplir son attestation de sortie du domicile, téléchargeable en PDF sur le site du ministère.

Allocution du 18 mars 2020 // Source : Twitter/CCastaner

Le gouvernement invoque 3 raisons pour l’interdiction des attestations sur smartphone

Alors que plusieurs sources officielles (le ministère lui-même, la gendarmerie, plusieurs sites officiels du gouvernement) avaient d’abord validé la possibilité pour les Français d’utiliser uniquement leur smartphone pour l’attestation, le gouvernement est ensuite revenu sur sa position. Désormais, seule une attestation papier (imprimée ou réécrite sur une feuille libre) est valable pour sortir.

Jusqu’ici, à part quelques rumeurs de ci, de là, aucune raison n’avait été avancée officiellement pour justifier ce revirement, jusqu’aux précisions de Christophe Castaner ce mercredi 18 mars.

Il a donné trois raisons qui auraient motivé la décision du gouvernement de revenir en arrière et de n’autoriser qu’une attestation sur papier :

  • L’utilisation de l’attestation numérique faciliterait les risques de phishing des données pour des citoyens : « Les sociétés qui ont proposé d’éditer ces formulaires sont très souvent des sociétés qui veulent piller vos données », a-t-il lancé.
  • Brandir son smartphone pourrait augmenter les risques de contamination d’un agent des forces de l’ordre : « Le téléphone peut être porteur du virus et il convient d’éviter de le manipuler. S’il y avait un contrôle policier, je ne peux pas exposer les policiers ou les gendarmes à ça. »
  • L’attestation faciliterait un peu trop les sorties des citoyens : « Je vais vous dire le fond de notre philosophie et de ma pensée : il ne s’agit pas de faciliter la vie des Français qui veulent sortir le plus librement possible  », a-t-il asséné.

« Nous resterons sur ces supports papiers car ils sont plus protecteurs pour les données et pour la santé des personnes qui manipulent ces papiers et aussi parce qu’ils sont plus contraignants », a finalement résumé le ministre.

Pas d’application sur smartphone

Christophe Castaner a aussi balayé la possibilité de développer une application sur smartphone, pour toutes ces raisons, expliquant qu’il s’agissait d’une décision similaire à l’Italie — il convient toutefois de se demander pourquoi, ayant l’exemple italien sous les yeux, une décision contraire avait pourtant été prise 24 heures plus tôt. Il a aussi envisagé une situation (quelque peu saugrenue) de «  quelqu’un qui serait un peu geek et qui pourrait prendre son téléphone voyant le policier et vite télécharger l’application et faire une déclaration rapide » et ainsi contourner les règles mises en place.

Les risques pour les données personnelles, vraiment ?

Concernant la première raison invoquée par le ministre, la sécurité des données personnelles des Français, il est vrai que des risques existent, comme l’avait souligné la CNIL dans un tweet : « De nombreux sites non officiels proposent l’attestation de déplacement dérogatoire mais en profitent pour collecter vos données personnelles. »

Nous vous conseillons en effet de télécharger l’attestation depuis un site officiel et de ne pas utiliser les générateurs créés par des citoyens — même s’ils ont été probablement créés avec beaucoup de bonnes intentions, pour la plupart d’entre eux — qui faciliteraient le remplissage du formulaire.

Il convient toutefois de nuancer cette raison invoquée par le ministre pour interdire les interdictions sur smartphone, car l’attestation doit être de toute manière téléchargée en ligne, qu’elle soit ensuite montrée sur papier ou mobile. De même, elle peut ensuite être remplie en modifiant directement le PDF sur ordinateur avant d’être imprimée, ce qui est également un risque décorrélé du smartphone. Pour finir, les risques les plus importants actuellement concernent les générateurs de formulaires, non officiels ni vérifiés, et ceux-ci peuvent également être utilisés sur ordinateur avant d’imprimer l’attestation, et non sur smartphone.

Article mis à jour le 2 avril 2020

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