SpaceX a obtenu le feu vert du régulateur des télécommunications aux USA pour développer sa constellation de satellites pour apporter Internet depuis l'espace.

Comme plusieurs autres entreprises américaines, à l’image de Google ou Facebook, SpaceX poursuit le rêve d’apporter Internet par le ciel. Plus exactement, par l’espace. Or ce projet, évoqué depuis plus de trois ans, vient de connaître une avancée notable en cette fin d’année 2018. Le régulateur des télécommunications aux États-Unis a approuvé une nouvelle requête de la firme d’Elon Musk.

Concrètement, l’approbation de la Commission fédérale des communications (FCC) survenue le 15 novembre se fait à deux niveaux :

D’abord, elle autorise l’entreprise spécialisée dans les activités aérospatiales à construire, déployer et opérer dans les années à venir une nouvelle flotte de satellites sur une orbite terrestre très basse (moins de 2 000 kilomètres d’altitude). Cette constellation doit compter plus de 7 000 satellites utilisant la bande V dans le spectre électromagnétique (de 40 à 75 GHz).

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Trois membres de la FCC. // Source : FCC

Ensuite, elle accepte que SpaceX ajoute les fréquences situées dans les bandes 37,5 à 42 GHz et 47,2 à 50,2 GHz dans la liste de celles que pourra utiliser son autre future constellation, qui a été précédemment validée par la FCC. Cette constellation se trouvera aussi sur une orbite non-géostationnaire (l’orbite géostationnaire désignant les objets gravitant à environ 36 000 km d’altitude).

En novembre 2016, une requête de SpaceX auprès de la FCC indiquait une évolution sur orbite entre 1 110 et 1 324 km d’altitude, avec une répartition sur les 83 différents niveaux. Il était aussi indiqué que les liaisons passeront par les bandes Ku (12 à 18 GHz) et Ka (26,5 à 40 GHz), des fréquences faisant partie du spectre des micro-ondes. La zone couverte aurait une surface de 1 060 km de diamètre.

Plus de 11 000 satellites prévus

Avec ce feu vert, SpaceX se retrouvera avec plus de 11 000 satellites autour du globe pour fournir un accès à Internet. Ce printemps, la FCC avait validé une demande de SpaceX pour envoyer prochainement 4 425 satellites. En théorie, SpaceX doit mettre sur orbite 1 600 microsatellites au cours des six ans à venir et proposer un début de service à travers 800 à 900 satellites actifs.

Pour tenir ce délai, il est prévu de procéder aux premières mises en orbite en 2019. Il y a toutefois eu des lancements de satellites expérimentaux (Microsat-2a et Microsat-2b) au mois de février pour tester le fonctionnement des liaisons à haut et à très haut débit que promet l’entreprise américaine. Cette connexion sera « semblable à de la fibre », selon une cadre dirigeante de SpaceX.

SpaceX
Les installations de SpaceX. // Source : SpaceX

Si SpaceX a des ambitions mondiales avec ce projet — appelé Starlink –, puisqu’il est question de « fournir un service Internet global omniprésent », il est prévu de mettre d’abord l’accent sur le territoire américain au moment de son lancement initial, c’est-à-dire les États-Unis, Porto Rico, Hawaï, l’Alaska et les Îles Vierges dans les Petites Antilles. Le reste du monde attendra.

L’initiative de SpaceX, si elle est défendue par des arguments tout à fait audibles (apporter Internet dans des zones géographiques mal ou pas du tout desservies), fait aussi l’objet de certaines critiques. La publication MIT Technology Review interroge ainsi la pertinence de cette initiative, en faisant remarquer que cela va multiplier par 4 le nombre de satellites déjà en l’air et accentuer le problème de la pollution spatiale.

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