Le déploiement des réseaux 4G en France par Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile suit son cours. Chaque mois, un point d'étape a lieu pour mesurer les efforts accomplis. L'objectif à terme est de couvrir correctement la totalité du territoire en 4G.

L’année 2019 s’est achevée, mais pas le déploiement des réseaux 4G. Si les opérateurs peuvent depuis le 31 décembre candidater pour obtenir des fréquences dans exploiter la prochaine génération de la téléphonie mobile, ils n’en oublient pas pour autant d’étendre leurs infrastructures actuelles. C’est ce que montre le dernier bilan de l’Agence nationale des fréquences pour le mois de décembre.

Car 2020 est une année clé. Début 2018, Orange, Free Mobile, SFR et Bouygues Telecom s’engageaient, sous l’égide du gouvernement et du régulateur des télécoms, à  apporter la 4G dans toutes les zones blanches habitées d’ici 2020 — c’est-à-dire les zones qui n’ont pas ou presque pas de services mobiles, en général les zones les moins accessibles ou les moins peuplées. L’accord est contraignant.

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Les quatre grands opérateurs construisent chacun leur propre réseau 4G. // Source : FrAndroid

Aujourd’hui, l’essentiel de la population a accès à la 4G. Mais il n’est pas aisé de savoir avec exactitude où en sont les quatre opérateurs dans ce travail de déploiement. Aussi, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) publie chaque mois un rapport rendant compte des efforts fournis par Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile dans le très haut débit mobile.

Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas ici de juger de la qualité des réseaux (il faut se tourner sur les bilans annuels du gendarme des télécoms pour le savoir) mais de faire un point sur leur développement, sur la base des statistiques mensuelles fournies par les opérateurs. Il y a en particulier un focus sur l’installation et l’activation des supports qui servent à acheminer les communications.

Combien de sites 4G actifs en France ?

En date du 1er janvier 2020, 50 266 supports 4G ont été autorisés pour la totalité des opérateurs. Ces installations, qui sont des pylônes disséminés un peu partout, sont situées en majorité sur le territoire métropolitain, là où vit l’essentiel de la population française. La très grande majorité de ces supports — 44 563 — sont fonctionnels, soit plus de 88,6 % de l’ensemble des infrastructures.

À ce propos, il est à noter l’existence d’une série de cartes représentant le déploiement de la 4G sur le territoire métropolitain, par fréquence et par opérateur. La carte proposée par Arnaud_R fait le bilan de l’année écoulée et donne une idée des choix d’Orange, SFR, Free Mobile et Bouygues Telecom, tant sur les bandes utilisées que sur zones sur lesquelles elles sont mises à contribution.

Répartition par fréquence et opérateur au 31 décembre 2019. // Source : Arnaud R

Orange est l’opérateur qui revendique le réseau le plus vaste, avec 20 938 sites en service. Derrière, avec des statistiques proches, se trouvent SFR (18 342) et Bouygues Telecom (17 896). Free Mobile ferme la marche avec 14 825 sites. Cependant, Free affiche la plus forte dynamique en décembre, avec un record de 620 nouvelles installations actives, très loin devant Orange et ses 292 nouveaux sites. Quant à SFR et Bouygues, ils en ont ouvert 124 et 167, respectivement.

Du côté des fréquences 4G

Les demandes d’autorisation de sites 4G enregistrées en décembre sont en petite progression, avec une hausse de 1,6 % par rapport au mois dernier. C’est aussi le cas des mises en service 4G, avec une hausse à 1,4 % sur les 30 derniers jours. Présentées sous la forme de statistiques, ces progressions semblent faibles, mais elles impliquent en fait des dizaines d’antennes-relais.

Pour ce qui est de la France métropolitaine, l’ANFR annonce une hausse des autorisations de 0,9 % dans la bande 2,6 GHz, 1,9 % sur la bande 800 MHz, 1 % sur la bande 1 800 MHz, 7,1 % dans celle à 700 MHz et 1,9  % pour la bande 2,1 GHz. Ces cinq bandes sont celles qui sont utilisées pour acheminer des communications en 4G. La 5G en utilisera d’autres, à commencer par la bande 3,5 GHz.

L’utilisation du spectre électromagnétique est découpée en segments, afin de répartir les usages. La 2G, 3G et 4G sont sur les segments bleus. // Source : ANFR

Il est à noter que trois bandes de fréquences sont très utilisées en métropole : celles des 800 et 1 800 MHz (on dénombre 34 320 sites en service pour la première et 34 940 sites pour la seconde), ainsi que celle des 2,6 GHz (27 707). Les deux autres sont un peu moins courantes, mais jouissent d’une forte dynamique : on compte 15 394 sites pour la bande 2,1 GHz et 13 881 sites pour celle des 700 MHz.

Quant à la France d’outre-mer, les chiffres sont plus modestes, du fait d’un décalage dans le déploiement, mais aussi parce que la surface à couvrir est plus petite. L’ANFR liste 1 931 sites actifs dans la bande des 800 MHz, 1 739 dans celle des 1 800 MHz, 1 063 pour celle des 2,6 GHz et à peine 49 sites pour la bande 2,1 GHz. Aucun site n’est opérationnel pour la bande 700 MHz.

(mise à jour avec les données début janvier)

Article publié initialement le 3 août 2018

Crédit photo de la une : ARCEP

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