Après avoir banni les liens vers Mastodon sans aucune raison valable, Twitter a annoncé qu’il était désormais interdit de promouvoir Facebook, Instagram, Truth et d’autres réseaux sociaux, au risque d’être banni. Une censure qui a contraint Elon Musk à s’excuser.

Mise à jour 12h30 :

Le sondage d’Elon Musk est terminé et les résultats ne vont pas de son sens. 17 502 391 de participants se sont exprimés, 57,5 % demandent à Elon Musk de partir. Le fera-t-il ou trouvera-t-il une excuse pour, a minima, décaler la sentence ? Nous mettrons à jour cet article quand Elon Musk se sera exprimé.

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Article original, publié à 9h :

En pleine tempête après avoir suspendu les comptes des journalistes qui le critiquaient, fermé des comptes qui partageaient les itinéraires de son jet privé et banni Mastodon, le rival open-source de Twitter, Elon Musk est-il en train de comprendre qu’il va trop loin ?

Dimanche 19 décembre, alors qu’il assistait à la finale de la Coupe du monde à Doha, Elon Musk a annoncé un changement de politique étonnant pour Twitter : l’interdiction formelle de partager un lien vers Facebook, Instagram, Mastodon, Truth Social (le réseau de Trump), Tribel, Post et Nostr. Les agrégateurs dédiés au partage de ses différents profils, comme linktr.ee, ont également été interdits. Évidemment, cela a créé une immense polémique.

Le règlement de Twitter, depuis interdit.  // Source : Capture Twitter
Le règlement de Twitter, depuis interdit. // Source : Capture Twitter

Où est la liberté d’expression ?

Peut-on vraiment interdire de parler de Facebook sur Twitter, particulièrement quand on prétend être le roi de la liberté d’expression ?

Au vu des réactions suscitées par ces nouvelles règles, la réponse est, évidemment, non (il s’agissait d’ailleurs d’une infraction au DSA, la future loi européenne). Malheureusement, Elon Musk a eu le temps de causer des dégâts. Notamment lorsque Twitter a fermé le compte de Paul Graham, un programmateur connu, juste parce qu’il a tweeté qu’il était temps de passer à Mastodon, sans publier de lien. Cette censure a alerté Edward Snowden, qui ne s’est pas gêné pour critiquer la gestion d’Elon Musk.

Assez rapidement, Twitter est revenu en arrière en supprimant ses tweets et la nouvelle règle de son site. Elon Musk s’est excusé en promettant que ça n’arrivera plus jamais, tout en indiquant qu’il fera voter tous les changements désormais. Rappelons qu’un vote de ses fans n’a pas beaucoup de valeur, puisqu’il ne représente que les personnes qui le suivent (et généralement qui l’adorent ou le détestent). D’autant plus qu’Elon Musk ne s’est jamais gêné pour supprimer les sondages qui ne lui plaisaient pas ou accuser les bots d’avoir triché.

Elon Musk propose de démissionner… mais prévient que ça va être compliqué

Après s’être excusé, Elon Musk a procédé à un nouveau vote : « Dois-je quitter mon poste de chef de Twitter ? ». Au vu de 15 millions de premiers votes, le « Oui » pourrait l’emporter. Reste à savoir si Elon Musk respectera la mesure, car il semble surtout faire ce sondage de manière consultative.

En réponse à certains de ses fans, il a suggéré que personne « ne pourrait maintenir Twitter en vie » à part lui, ne laissant que très peu de doute sur l’issue de cette affaire. Même si le « Oui » gagne majoritairement, Elon Musk ne va probablement pas juste dire au-revoir et bonne continuation à son réseau social à 44 milliards de dollars.

Toujours est-il que les polémiques sont toujours là, qu’Elon Musk ne semble pas du tout assagi et que la recherche d’un successeur pourrait progressivement débuter. Ne nous leurrons pas, toutefois : même si Musk place quelqu’un à la tête de Twitter, il restera le propriétaire à 100 % du réseau social, et pourra continuer de décider de tout ce qu’il veut.


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