La célèbre messagerie chiffrée n’attend pas l’arrivée des ordinateurs quantiques pour agir. Proton Mail intègre dès aujourd’hui un nouveau standard de chiffrement pour contrer les hackers qui interceptent vos messages maintenant en vue de les déchiffrer dans quelques années.

Une épée de Damoclès plane sur l’industrie technologique : l’avènement de l’informatique quantique. Si les protocoles de sécurité actuels tiennent bon face aux cyberattaques classiques, la nouvelle ère qui se profile à l’horizon promet un grand bouleversement. Et, en bout de course, faire voler en éclats les standards de cryptographie.

Pour anticiper ce séisme numérique, Proton Mail a annoncé le 5 mai 2026 l’arrivée du chiffrement post-quantique (Post Quantum Cryptography, PQC). Cette nouveauté, proposée sous forme d’une option accessible à tout le monde (y compris sur les offres gratuites), s’inscrit dans une tendance de la tech pour se préparer à cette nouvelle donne.

Car Proton Mail n’est pas le seul à sauter le pas. Voilà maintenant quelques mois que l’on voit fleurir des annonces analogues, à l’image du gestionnaire de mots de passe Keeper, de la messagerie instantanée Signal ou bien du géant de la tech Apple, pour son application iMessage.

Anticiper un piège déjà en place, mais qui ne se déclenchera que dans quelques années

Mais pourquoi s’activer dès à présent contre un saut technologique dont la date d’arrivée exacte — le fameux Q-Day — reste incertaine, voire contestée ? La réponse tient en une phrase : « Harvest now, decrypt later » (récolter aujourd’hui, déchiffrer plus tard).

Qu'est ce que le Q-Day ? // Source : Montage Numerama
Le redouté Q-Day. // Source : Montage Numerama

Le principe : les attaquants siphonnent et stockent des communications qui sont chiffrées. S’ils sont totalement incapables de les lire aujourd’hui, ils font le pari que l’avènement de l’ordinateur quantique leur permettra de casser les verrous mathématiques qui sécurisent ces échanges. Quitte, si besoin, à patienter quelques années.

Voilà pourquoi l’informatique quantique est un danger pour les messageries et plus généralement pour toute la tech qui repose sur les principes actuels de cryptographie. Et c’est aussi la raison pour laquelle on assiste à une bascule vers le chiffrement post-quantique dès maintenant, afin de couper l’herbe sous le pied des acteurs malveillants.

Une ligne de défense tournée vers l’avenir

Un point important à noter : l’activation de cette protection permet à Proton Mail de générer des clés compatibles PQC, mais qui ne s’appliqueront que sur les nouveaux e-mails chiffrés. En clair, les anciens courriels déjà écrits ne seront pas rétroactivement re-chiffrés. Dès lors, cela a du sens d’activer au plus tôt ce paramètre, pour limiter l’exposition à un éventuel Q-Day.

Il est à noter que la formulation de l’annonce de Proton Mail laisse entendre qu’une prochaine mise à jour de la cryptographie post-quantique à travers son infrastructure pourrait inclure une sécurisation rétroactive.

Sur le plan technique, Proton Mail précise que ce changement repose sur le déploiement d’OpenPGP v6, un framework moderne taillé pour supporter ces nouveaux algorithmes cryptographiques.

Enfin, parce que les internautes inscrits sur Proton Mail ne s’adressent pas qu’à des interlocuteurs utilisant ce service, il faut aussi penser à l’enjeu de l’interopérabilité entre les webmails. C’est justement un travail sur lequel la société suisse est aussi engagée, notamment à travers l’écosystème open source et avec des partenaires tels que Thunderbird.

Car c’est très bien que Proton Mail se transforme en véritable forteresse post-quantique. Mais il faut que les mails demeurent parfaitement sécurisés et lisibles dans un monde post-quantique, y compris lorsqu’ils voyagent d’un prestataire à un autre. Et cela concernera aussi des géants comme Google (Gmail) ou Microsoft (Outlook).

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