Dans une publication sur Telegram, Pavel Durov a chargé Apple et ses pratiques avec l’App Store. Des critiques récurrentes, qui rejoignent d’autres reproches formulés contre la manière dont est géré le store.

Le temps passe et le ressentiment de Pavel Durov à l’égard d’Apple ne se dissipe pas. Le fondateur de Telegram a fait part le 10 août sur son compte de nouvelles difficultés qu’il rencontre avec une mise à jour de l’application. Difficultés qu’il impute à la firme de Cupertino et plus particulièrement aux règles qui régissent l’App Store, la boutique des applis pour iOS.

« Notre prochaine mise à jour est bloquée au stade ‘d’examen’ chez Apple depuis deux semaines, sans explication ni aucun commentaire de la part d’Apple », écrit Pavel Durov sur Telegram. Cela alors même que cette mise est à jour « est sur le point de révolutionner la façon dont les gens s’expriment sur les messageries », clame-t-il, sans craindre les superlatifs.

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Pavel Durov // Source : TechCrunch

Le patron de la messagerie instantanée, qui revendique 700 millions de membres, n’a pas précisé les contours de cette mise à jour si extraordinaire d’après lui. La dernière grande évolution de l’application a consisté à introduire une formule payante, Telegram Premium, pour offrir des avantages additionnels à celles et ceux qui souhaitent davantage du logiciel.

« Si Telegram, l’une des dix applications les plus populaires au monde, subit ce traitement, on ne peut qu’imaginer les difficultés rencontrées par les petits développeurs d’applications. Ce n’est pas seulement démoralisant : cela entraîne des pertes financières directes pour des centaines de milliers d’applications mobiles dans le monde », poursuit-il.

Critiques croissantes contre les règles des stores

Ses critiques rejoignent celles que formule la Coalition for App Fairness, un lobby dont ne fait pas partie Telegram. Ce groupe d’intérêts, qui rassemble entre autres Deezer, Epic Games, Tinder, ProtonMail, Qobuz, Spotify, s’oppose à certaines pratiques des boutiques App Store et Google Play, en particulier le prélèvement d’une commission à chaque transaction.

Ce prélèvement est d’ailleurs mentionné dans l’intervention écrite de Pavel Durov — il cite 30 %, ce qui est un taux partiellement exact : Google et Apple, sentant le vent tourner justement, ont commencé à appliquer des taux moindres (15 %) pour les petits développeurs (sachant que celui-ci baissait également après la première année), mais aussi à assouplir certaines règles.

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Source : Nino Barbey pour Numerama

Cette taxe « est censée financer les ressources nécessaires à l’examen des applications. Les régulateurs de l’Union européenne et d’ailleurs commencent lentement à se pencher sur ces pratiques abusives. Mais les dommages économiques qu’Apple a déjà infligés à l’industrie technologique ne seront pas effacés », conclut-il.

L’agacement de Pavel Durov s’inscrit dans le prolongement de soucis que lui et son application ont déjà eu par le passé avec l’App Store d’Apple. En 2018, son appli a ainsi été retirée provisoirement de la boutique. La même année, le patron de l’appli a reproché à Apple d’entraver les mises à jour. Et en 2020, une plainte a même été déposée devant la Commission européenne.

Les griefs de Telegram sont donc anciens. Aujourd’hui, ces problématiques font d’ailleurs l’objet d’enquêtes en Europe et ailleurs, notamment sur l’App Store, Apple Pay, Apple Music et Apple Books, sur fond de pratiques anticoncurrentielles. Des investigations qui pourraient potentiellement déboucher sur de fortes amendes et des règles mises à jour. Des perspectives qui ne déplairaient pas à Pavel Durov.