Telegram vient de porter plainte contre Apple auprès de la Commission européenne. La messagerie instantanée accuse l'entreprise américaine de pratiques anticoncurrentielles.

Dans sa bataille contre Apple, Spotify a un nouvel allié : Telegram. En effet, l’application de messagerie instantanée vient d’ouvrir un front judiciaire contre l’entreprise américaine en déposant une plainte auprès de la Commission européenne. Le Financial Times, dans son édition du 30 juillet, rapporte que ce sont les restrictions dans l’App Store ainsi que la part qu’Apple s’octroie sur chaque paiement qui sont en cause.

Telegram s’agace de la commission que prélève Apple sur chaque achat de service ou de contenu numérique dans iOS, qui est de 30 % la première année, puis 15 % les années suivantes. Son fondateur, Pavel Durov, a pris la plume le 27 juillet pour dénoncer les « mythes » conçus par l’entreprise américaine pour faire passer la pilule, qu’il s’agisse du coût d’entretien de l’App Store ou du réinvestissement dans l’iPhone.

Apple Store
Telegram affirme avoir été empêché par Apple de lancer une plateforme de jeux vidéo. // Source : Zhang Kaiyv

« Le fonctionnement d’un App Store ne coûte qu’une fraction de ce qu’Apple prend aux développeurs d’applications. Chaque trimestre, Apple reçoit des milliards de dollars d’applications tierces. Dans le même temps, les dépenses nécessaires pour héberger et réviser ces applications se chiffrent en dizaines de millions, et non en milliards de dollars », argue par exemple Pavel Durov.

Selon les documents consultés par le Financial Times, Telegram caressait l’idée un temps de lancer une plateforme de jeux vidéo dans son application, en 2016. Mais la compagnie en a été empêchée par Apple, au motif que cela enfreignait les règles de l’App Store. Elle ajoute qu’elle aurait pu être éjectée de l’App Store si elle avait poursuivi dans cette voie, qu’elle a donc dû abandonner à contrecœur.

Des enquêtes ouvertes en Europe

Les critiques adressées par Telegram sont du même ordre que celles que Spotify a émises l’an dernier contre la firme de Cupertino lors de son propre dépôt de plainte à Bruxelles. Ici, le service suédois d’écoute de musique en ligne accuse le groupe américain de recourir à divers stratagèmes pour favoriser Apple Music, sa solution maison en matière musicale. Et, bien sûr, les frais de 30 % sont aussi pointés du doigt.

Face aux plaintes visant l’App Store, la Commission a annoncé mi-juin le lancement de plusieurs enquêtes sur les règles qu’impose la société américaine aux tiers au sujet de la distribution d’applications via l’App Store. Le dossier est piloté par Margrethe Vestager, la puissante commissaire responsable de la concurrence, qui s’est illustrée par le passé par d’importantes amendes infligées aux grands groupes américains.

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