L’agence spatiale américaine se préoccupe de savoir si son effectif d’astronautes est suffisant. Avec le maintien de sa présence dans l’ISS et les futures missions vers la Lune et Mars, le nombre actuel parait faible.

Y a-t-il suffisamment d’astronautes à la Nasa ? L’agence spatiale s’inquiète de la situation, comme le montre un rapport daté du 11 janvier 2022, intitulé « La gestion par la Nasa de son corps d’astronautes » (« Nasa’s management of its astronaut corps »), repéré par Digital Trends le 16 janvier.

« L’un des plus petits effectifs d’astronautes de ces 20 dernières années »

« Alors que la Nasa entre dans une nouvelle ère du vol spatial humain, y compris le retour sur la Lune et éventuellement l’atterrissage d’humains sur Mars, une gestion efficace de son corps d’astronautes […] est essentielle pour la réussite de l’agence », peut-on lire en guise d’introduction. Or, explique l’agence spatiale, son groupe d’astronautes a atteint un pic en 2000, avec 150 membres. Depuis, « la taille du corps [d’astronautes] a diminué avec la fin des missions de la navette spatiale en 2011 et est désormais au nombre de 44, l’un des plus petits effectifs d’astronautes au cours de ces 20 dernières années », précise le document.

Dans le même temps, la Nasa a beaucoup d’ambitions pour ses astronautes : non seulement elle souhaite maintenir sa présence en orbite terrestre (à bord de la Station spatiale internationale), mais elle vise aussi plus loin dans l’espace, notamment avec son programme Artémis et la planète Mars.

Raja Chari, Kayla Barron, Thomas Marshburn, Matthias Maurer
Les astronautes de l’expédition 66 : Raja Chari, Kayla Barron, Thomas Marshburn (Nasa), Matthias Maurer (ESA). // Source : Nasa Johnson via Flickr (photo recadrée)

Actuellement, la Nasa estime que sa manière de former, d’entraîner et d’assigner des astronautes à des missions est surtout adaptée à ses besoins dans l’ISS. L’agence s’est organisée pour avoir suffisamment d’astronautes pour ses vols, avec des équipes de 3 à 4 astronautes envoyés dans la station, pour les 5 prochaines années. Néanmoins, le document rappelle que pour les années 2022 et 2023, la Nasa courrait le risque de manquer de recrues, selon une analyse menée plusieurs années auparavant. C’est d’ailleurs pour cela que 10 nouveaux candidats et candidates ont été sélectionnés fin 2021.

Des vols supplémentaires, en plus de ceux des équipages de l’ISS, seront à prévoir ces prochaines années — et il faut aussi songer aux imprévus, qui peuvent nécessiter de remplacer des astronautes sur certaines missions. Alors que la Nasa anticipe que les vols spatiaux seront certainement en hausse avec son programme Artémis, elle pourrait être en difficulté si son corps d’astronautes n’est pas plus important à l’avenir. Les réorganisations d’équipage pourraient provoquer des retards de mission qui ne sont évidemment pas jugés souhaitables.

Le rapport s’achève sur plusieurs recommandations pour que la Nasa change la situation. Il est notamment proposé de réévaluer si la marge de sécurité utilisée actuellement, qui représente 15 % de l’effectif minimal d’astronautes, doit être revue à la hausse.