Une étude montre que les vaccins réduisent non seulement les risques d'infection, mais aussi la gravité des symptômes. Qui plus est, c'est la première fois que des données montrent de manière aussi significative combien les vaccins réduisent les risques de « covid long ».

«  Il s’agit vraiment, je pense, de la première étude montrant que le Covid long est réduit par la double vaccination, et ce de manière significative », affirme dans le New York Times la docteure Claire Steves, du King’s College de Londres, et qui est à l’origine d’une étude publiée ce 1er septembre 2021.

Ce travail de recherche montre qu’en plus de freiner les infections symptomatiques, et d’autant plus les cas graves et les hospitalisations, un schéma vaccinal complet freine également grandement les risques d’un « covid long ». Ces formes de la maladie Covid-19 sont particulièrement handicapantes, car certains symptômes peuvent durer plusieurs mois. Par exemple, la perte du goût et de l’odorat peut s’étendre jusqu’à 4 à 6 mois. Le symptôme le plus fréquent d’un covid long reste une fatigue chronique qui perdure, ce qui peut affecter la vie professionnelle et sociale. Cela concerne parfois aussi les symptômes respiratoires, digestifs ou génito-urinaires.

Dans cette étude, l’équipe de recherche s’est penchée sur les données issues de 1,2 million de personnes ayant renseigné leurs symptômes, résultats de dépistage et schémas de vaccination au sein de l’app Covid Symptom Study. L’analyse a été menée entre le 8 décembre 2020 et le 4 juillet 2021.

Les vaccins réduisent la gravité de la maladie même en cas d’infection

Dans l’application, utilisée par 4 millions de personnes, 1,2 million d’entre elles a déclaré une première ou une deuxième dose de vaccin. Sur ces 1,2 million, 6 030 personnes (soit 0-5 %) se sont déclarées positives au covid après la première dose ; et 2 370 personnes (0-2 %) ont déclaré être positives après la deuxième dose. L’analyse des facteurs de risque montre que les personnes positives après la première ou la deuxième injection sont essentiellement des adultes plus âgés (plus de 60 ans), et celles vivant dans des zones très défavorisées.

C’est la vaccination complète, à deux doses, qui est la plus efficace. // Source : Unplash/Spencer Davis (photo recadrée)

La première conclusion de l’étude confirme, par des données massives, ce que l’on savait déjà par de nombreux autres travaux : le vaccin protège efficacement, car si les « breakthrough infections » (des infections malgré une ou deux doses de vaccin) existent bel et bien, elles restent extrêmement minoritaires et concernent des publics plus fragiles, plus exposés. On constate aussi dans les chiffres qu’il y a un décalage significatif entre la première et la deuxième dose. Autre confirmation : en comparant à un groupe de contrôle non vacciné, les auteurs ont à nouveau constaté que les personnes vaccinées sont moins susceptibles d’être infectées, et déclarent plus souvent une infection sans symptômes majeurs. La maladie est donc amoindrie.

Ce qui nous amène à la deuxième conclusion, assez importante, de cette étude massive : le vaccin a un impact sur l’importance et la durée des symptômes, réduisant les risques de contracter un covid long. Environ 5,2 % des personnes totalement vaccinées (avec les deux doses) et malgré tout infectées ont déclaré avoir des symptômes au-delà de 28 jours… contre 11,4 % dans le groupe de contrôle non vacciné.

Statistiquement, après vaccination complète, il y a donc deux fois moins de risque de contracter un covid long, lorsqu’une infection se produit. Cela vient s’ajouter aux avantages des vaccins contre le danger posé par le covid, qui réduisent déjà «  8 à 10 fois le risque d’apparition de symptômes ». C’est un résultat important, puisque le variant Delta peut plus facilement générer des « breakthrough infection ». Les vaccins restent une arme plus qu’essentielle pour endiguer la pandémie, malgré ce variant.

« En ce qui concerne le poids du COVID long, nos recherches ont montré que la double vaccination réduit considérablement le risque d’attraper le virus et, le cas échéant, de développer des symptômes durables », écrivent les chercheurs, concluant que « les vaccins changent réellement la forme de la maladie, et pour le mieux ».

Ceci étant, ils tiennent aussi à alerter sur les publics fragiles pour lesquels une dose de rappel doit être prioritaire selon eux (tout comme la deuxième dose, au préalable) : « Cependant, parmi les personnes âgées et fragiles et celles vivant dans des zones défavorisées, le risque reste important et il est urgent de leur accorder la priorité pour une deuxième vaccination ou une vaccination de rappel. »

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