Les études scientifiques montrent que lors d'une vaccination pendant la grossesse les effets secondaires sont les mêmes qu'en population générale : temporaires et bénins dans l'écrasante majorité des cas. En revanche, les personnes enceintes sont davantage à risque de formes graves lorsqu'elles sont infectées au covid.

L’efficacité et la sûreté des vaccins contre le coronavirus sont prouvées par les essais cliniques et les données de terrain, à l’échelle de dizaines de millions de personnes déjà vaccinées. Qu’en est-il des personnes enceintes ? Peuvent-elles se faire vacciner ?

La question est d’autant plus importante que les personnes enceintes présentent un risque accru de contracter des formes graves de la maladie. C’est ce que confirment diverses études depuis 2020. Il est en revanche très rare que des nouveau-nés aient le covid après une grossesse pendant laquelle la mère aurait contracté le virus (et dans ces rares cas, le nourrisson s’en remet). Pour les mères, cependant, le risque est bien là. En novembre 2020, une étude montrait que sur un panel de 600 femmes enceintes, 13 % de celles qui étaient malades au moment de l’accouchement ont présenté des complications post-partum, contre 4,5 % dans le groupe non malade. Être malade à l’approche de l’accouchement présente aussi des risques supplémentaires d’accouchement prématuré.

Une personne enceinte. // Source : Pexels

C’est en raison de ce statut de groupe à risque que la plupart des pays ont encouragé les personnes enceintes à se faire vacciner contre le coronavirus. En France, elles sont même prioritaires dès le deuxième trimestre depuis le printemps. « L’administration des vaccins contre la Covid-19 chez la femme enceinte n’est pas contre-indiquée ; elle doit être envisagée si les bénéfices potentiels l’emportent sur les risques pour la mère et le fœtus », écrivait la Haute Autorité de Santé (HAS) dans un avis d’avril 2021. Cela concernait en particulier les femmes de plus de 35 ans ou présentant des comorbidités, ou un risque de contact avec des personnes infectées.

Bien qu’elles aient mis du temps à venir, les données issues de ces vaccinations, en France et dans le monde, sont largement positives à l’heure.

Les études sur les personnes enceintes

Aujourd’hui, les données scientifiques indiquent qu’être enceinte ne représente pas un risque dans le cadre d’une vaccination. Une étude américaine publiée en avril 2021, basée sur les remontées de 35 000 personnes enceintes vaccinées (23 % au premier trimestre, 43 % au second, 15 % au troisième) avec un vaccin à ARN messager, en arrivait à la conclusion qu’il n’y a aucun signal inquiétant dans les effets secondaires.

Une étude israélienne, publiée en juillet 2021, s’avère également intéressante. Ces travaux incluaient un groupe de 7 530 personnes enceintes, et 7530 non vaccinées. Elles étaient au second et troisième semestre. Dans le groupe vacciné, «  les effets secondaires liés au vaccin ont été rapportés par 68 patientes ; aucun n’était sévère ». Il s’agissait, qui plus est, des effets courants et temporaires que l’on retrouve en population générale, comme une migraine, une petite douleur au bras sur le site d’injection, un sentiment de fatigue. Cela signifie qu’être enceinte n’a pas d’impact significatif sur la réaction au vaccin.

Cette étude montre par ailleurs que ces personnes ont vécu une grossesse « normale ». Les taux de complications (naissance prématurée, anomalies congénitales, enfant petit par rapport à son âge gestationnel…) sont les mêmes que d’habitude, dans des populations non vaccinées contre le covid. Rappelons à ce propos que les effets secondaires d’un vaccin se mesurent à court terme après l’injection — il n’y en a pas à long terme.

Enfin, l’étude israélienne montre que, comme en population générale, «  il y a un risque significativement abaissé d’être infecté au SARS-CoV-2 » dans le groupe vacciné.

Quid du premier trimestre ?

Pendant plusieurs mois, la vaccination n’était pas particulièrement conseillée pour le premier trimestre de grossesse. C’est dorénavant différent : la vaccination est recommandée dès le premier trimestre. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran, se basant sur le dernier avis du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV).

Cet avis repose notamment sur les études scientifiques précédemment citées. «  Il n’y a aucun argument pour considérer qu’une vaccination plus précoce présenterait un danger pour l’embryon/fœtus », explique le COSV, ajoutant que « de fait, des femmes ont été vaccinées sans savoir qu’elles étaient enceintes et la recommandation dans ce cas est de poursuivre le schéma vaccinal ». Le conseil propose en conclusion « que la vaccination pour les femmes enceintes qui le souhaiteraient soit possible au cours du premier trimestre de la grossesse ».

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