Une note de la DREES publiée le 30 juillet montre la proportion de personnes vaccinées et non vaccinées parmi les hospitalisations, les soins critiques et les décès dus au Covid-19.

On sait que les vaccins sont efficaces pour freiner l’épidémie liée au coronavirus SARS-CoV-2, y compris face au variant Delta qui s’avère plus contagieux. Cette efficacité est tout particulièrement vraie pour empêcher les formes graves, dont celles qui conduisent à une hospitalisation.

En revanche, pour préciser davantage l’impact concret des vaccins face à la vague actuelle, il est nécessaire d’avoir des données sur les infections, les entrées hospitalières, les soins critiques et les décès en fonction du statut vaccinal. Des éléments qui sont souvent trop parcellaires, comme le signalait récemment l’analyste Guillaume Rozier.

Patient se faisant vacciner contre la maladie Covid-19. // Source : Pexels/Nataliya Vaitkevich (photo recadrée)

Ce 30 juillet, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du Ministère de la Santé vient de publier une note destinée à éclairer la répartition des entrées hospitalières (admissions, soins critiques, décès) selon le statut vaccinal sur une période courant jusqu’au 11 juillet 2021. « La remontée récente des entrées hospitalières est portée par les personnes non-vaccinées », conclut le rapport.

Une majorité de personnes non vaccinées hospitalisées

Le rapport apporte quelques éléments chiffrés, qui montrent que les personnes non vaccinées sont effectivement majoritaires parmi les entrées en hospitalisation conventionnelle ou en soins critiques (c’est-à-dire en réanimation). Effectivement, 85 % de ces hospitalisations concernent des personnes non vaccinées. Ce chiffre de 85 % est d’ailleurs cohérent avec «  la part de personnes non vaccinées parmi les tests RT-PCR positifs sur la période », relève la DREES. Parmi les personnes en hospitalisation conventionnelle, seuls 7 % sont complètement vaccinés, 7 % avaient reçu une première dose et 2 % une première dose très récente. La DREES donne l’exemple du 7 juillet : ce jour-là, parmi les patients testés positivement, « 50 entrées quotidiennes de non-vaccinés étaient constatées contre 6 pour les complètement vaccinés ».

Il en va de même pour les décès, dont 78 % sont des personnes non vaccinées. La présence de 11 % de décès parmi des personnes entièrement vaccinées n’est pas surprenante étant donné qu’une forte proportion des personnes vaccinées sont âgées ou atteintes de comorbidités, or les vaccins ne sont pas efficaces à 100 %, le risque zéro n’existant pas.

Pour récapituler : 

Hospitalisations Soins critiques Décès
Non vaccinés 84 % 85 % 78 %
Première dose récente 2 % 6 % 0 %
Première dose  7 % 7 % 11 %
Vaccination complète 7 % 7 % 11 %
Total 100 100 100

La DREES ajoute que pour toutes les classes d’âge, «  la part de patients vaccinés entrant à l’hôpital est nettement inférieure à celle qu’ils représentent dans l’ensemble de la population ». Cela signifie que dans toutes les classes d’âge confondues, la proportion de personnes non vaccinées admises à l’hôpital est supérieure à celle de personnes vaccinées.

Le tableau de la DREES ci-dessous permet de visualiser à la fois cette répartition de vaccinés et non vaccinés par classe d’âge (vaccination complète en jaune, première dose récente en orange, première dose espacée en gris, non vacciné en bleu).

Ce tableau permet de visualiser la proportion des hospitalisations en fonction de statut vaccinal (vaccination complète, première dose, première dose récente, non vacciné). De gauche à droite, ce sont les classes d’âge. // Source : DREES

Le rapport contient également un versant dédié à l’évaluation du variant Delta, mais ce versant est réalisé sur un faible effectif, ce qui n’apporte pas encore de conclusions définitives. La DREES précise malgré tout que la part de patients présentant la mutation L452R (liée à ce variant) semble plus élevée parmi les admissions en soins critiques (20 %) que parmi les entrées en hospitalisation conventionnelle (15 %), ce qui suggère que « le variant Delta génère une proportion un peu plus élevée de cas graves ».

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