Si Blue Origin se focalise sur son tout premier vol spatial habité, organisé le 20 juillet 2021, l'entreprise américaine a plusieurs fers au feu. Tour d'horizon de ses principaux chantiers.

C’est le grand jour : après des années de préparation, Blue Origin organise ce mardi 20 juillet son tout premier vol spatial habité, à des fins touristiques : en effet, il ne s’agit pas de rejoindre la Station spatiale internationale, mais de permettre à quatre individus, dont le fondateur d’Amazon Jeff Bezos et de l’ancienne aviatrice Wally Funk, de goûter à quelques minutes de micropesanteur.

Il n’y a aucune raison que ça se passe mal : après tout, Blue Origin a mené depuis 2015 une campagne d’essais comprenant quinze tirs expérimentaux, tous inhabités, dont le dernier a eu lieu ce printemps. À part un raté partiel lors du premier essai (la fusée s’est écrasée, mais pas la capsule, qui était intacte), tous les essais, qui ont eu lieu à diverses altitudes, ont été concluants.

Les projets à venir de Blue Origin

Si tout se passe bien, quelles suites peut-on attendre de Blue Origin ?

Des vols touristiques réguliers

On sait d’ores et déjà que d’autres vols à des fins touristiques sont prévus. Par exemple, l’enchérisseur qui a dépensé 28 millions de dollars pour obtenir un siège dans le premier vol partira avec une future mission, car un conflit d’agenda l’a empêché d’être présent le jour J. C’est d’ailleurs pour cela qu’un autre voyageur, Oliver Daemen, 18 ans, a été annoncé à toute dernière minute.

Ce que l’on ne sait pas pour le moment, c’est le prix classique d’un siège à bord de New Shepard. Il est clair qu’il ne sera pas à 28 millions de dollars, puisqu’il s’agissait d’une mise aux enchères particulière. Il faudra néanmoins probablement débourser plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de milliers de dollars. Face à Blue Origin, il y aura Virgin Galactic, qui entend aussi occuper ce créneau du tourisme spatial.

Une vue qui doit être certainement imprenable. // Source : Blue Origin

Construction de la super fusée New Glenn

Blue Origin a aujourd’hui une fusée opérationnelle, New Shepard, mais dont les ambitions et les caractéristiques sont modestes : il ne s’agit que de permettre à de riches touristes de faire un petit tour dans l’espace et de revenir. Il s’avère que l’entreprise a en tête un projet bien plus spectaculaire : New Glenn. Il s’agit d’une super fusée, dont la présentation a eu lieu en 2016.

Alors que New Shepard se contente de vols suborbitaux (c’est-à-dire à une vitesse et une trajectoire ne lui permettant pas de se maintenir en orbite autour de la Terre), New Glenn doit pouvoir mener des missions orbitales, comme l’envoi de satellites. Ses dimensions sont proches de Saturn V, qui est l’une des fusées les plus grosses jamais construites. Un vol inaugural est espéré en 2022.

Blue Origin New Glenn
Vue d’artiste de la New Glenn. // Source : Blue Origin

Contribuer à la colonisation de la Lune

Blue Origin ne construit pas que des fusées : elle a aussi le projet d’un atterrisseur lunaire, baptisé Blue Moon. Il a été annoncé en mai 2019 et a été sélectionné en novembre de la même année par l’agence spatiale américaine, aux côtés de SpaceX et d’autres sociétés du secteur aérospatial (Ceres Robotics, Sierra Nevada Corporation et Tyvak Nano-Satellite Systems Inc).

Sur le plan technique, Blue Origin doit permettre de transporter du matériel (il n’y a pas de transport d’équipage au programme), jusqu’à 3,6 tonnes de charge utile à la surface de la Lune. Il s’avère toutefois que le processus de sélection de la Nasa fait polémique depuis ce printemps. L’agence n’a en effet choisi qu’un seul lauréat, SpaceX. Depuis, le projet a été mis sur pause.

Blue Moon
La capsule Blue Moon. Un Jeff Bezos à côté pour l’échelle. // Source : Blue Origin

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