Pour la première fois, un son a été enregistré sur Mars, à l’aide d’un des microphones du rover Perseverance. En 2019, l’atterrisseur InSight avait pourtant capté le bruit d’un séisme sur la planète rouge. Qu’est-ce qui différencie ces deux enregistrements ?

Le robot Perseverance a obtenu le premier son jamais enregistré avec un microphone sur Mars. Lors d’un événement très attendu, la Nasa a présenté le soir du 22 février 2021 la vidéo vertigineuse de la descente du rover sur Mars, ainsi que cet enregistrement sonore historique.

Ce son n’a pas été obtenu lors de l’atterrissage de l’astromobile, mais après, lorsque le robot était posé. Dans cet extrait, mis en ligne par l’agence spatiale, on entend le bruit du vent sur la planète rouge. Une version intégrant le bruit du rover est également accessible.

Ces sons martiens sont véritablement inédits. Rappelons-le, la vidéo de Mars avec du son partagée peu après l’atterrissage du rover (survenu le 18 février) sur les réseaux sociaux ne venait pas de Perseverance. Il s’agissait d’une animation créée avec un panorama obtenu par l’autre rover martien actif de la Nasa, Curiosity, avec l’ajout d’un son censé venir de Mars. Or, ce robot n’est équipé d’aucun micro, contrairement à Perseverance qui en embarque deux :

  • Un microphone scientifique, situé sur l’instrument SuperCam (en haut du mât du rover),
  • Et un microphone de descente, positionné sur le côté du rover, qui n’a malheureusement pas obtenu de donnée exploitable au cours de l’atterrissage. À condition qu’il continue de fonctionner après l’arrivée du rover sur Mars, la Nasa avait prévu de continuer à l’utiliser comme deuxième « oreille ». C’est lui qui a obtenu le son présenté par la Nasa ce 22 février.

Quelle différence entre les sons sur Mars captés par Perseverance et InSight ?

Emplacement des deux microphones de Perseverance.

Source : Nasa (image modifiée et annotée)

InSight n’a pas de microphone

Qu’en est-il des « sons » enregistrés sur Mars par InSight ? En avril 2019, la Nasa a diffusé le bruit d’un séisme martien, le tout premier détecté par son atterrisseur. Si ces données sont importantes, il faut rappeler qu’InSight ne dispose d’aucun microphone à son bord. Ce que l’atterrisseur a capté n’est pas directement du son qui serait perceptible par l’humain, mais des infrasons, c’est-à-dire des vibrations dont la fréquence est trop faible pour que l’oreille humaine puisse les percevoir.

Pour devenir perceptibles, ces enregistrements ont au préalable subi une modification (ce qui n’est pas le cas de l’enregistrement obtenu avec Perseverance).

Le site officiel du sismomètre SEIS, le principal instrument d’InSight, résume bien : « Étant donné leurs fréquences, les signaux enregistrés par SEIS sont naturellement inaudibles par l’oreille humaine. De plus, les secousses sont bien trop subtiles pour pouvoir être ressenties en l’état. Néanmoins, en amplifiant les données et en les accélérant, il devient possible de les écouter. Il ne s’agit certes pas de véritables sons, comme ceux que pourrait par exemple transmettre un microphone, mais le résultat est néanmoins intéressant et intrigant ». Pour donner « un aspect plus engageant et convivial » à ces signaux, on utilise la technique de la sonification, « moyennant quelques petits compromis avec la réalité ».

Perseverance n’est pas le premier robot avec lequel la Nasa a tenté d’envoyer un microphone fonctionnel sur Mars. L’agence spatiale avait équipé Mars Polar Lander, un atterrisseur envoyé en 1998, d’un micro, mais la mission s’est soldée par un échec : tout contact a été perdu avec la sonde, qui s’est très probablement écrasée sur Mars. La sonde spatiale Phoenix, qui s’est posée sur la planète en 2008, possédait un microphone sur sa caméra de descente, mais cet instrument ne s’est jamais allumé.